Comment bien choisir son film d’horreur ?

Eileen est incollable sur les films d'horreur... Elle les a tous vu, pour satisfaire sa quête insatiable de frissons ! Pour Twenty, elle nous a concocté un petit guide des différents genres et sous-genres de l'horreur, pour nous initier à sa passion...
30/06/2017

 

 

 

Se faire peur est un art. Certains adorent jouer avec leurs peurs les plus profondes et recherchent à ressentir cette tension dans leurs muscles, aiment que leur rythme cardiaque accélère, que leur ventre se noue et leur gorge se serre. D’autres n’y voient aucun intérêt et s’en fichent de tester les limites de leurs peurs. J’appartiens à la première catégorie de personnes, et même parfois un peu flippette, toute sensation de terreur est la bienvenue, en film ou dans la vie réelle. On regarde rarement un film d’horreur pour rire, et lorsqu’on se met à rechercher un de ces films, c’est pour avoir peur. Pour avoir peur, il faut se connaître un peu, identifier ce qui, dans votre imaginaire ou dans la vie réelle, est en mesure de vous terroriser. Lorsque vous l’aurez identifié, cherchez son pendant, dans les différents sous-genres du cinéma d’horreur (il en existe une dizaine). Un coulrophobe ira voir Ça pour frissonner, tandis qu’un parano des intrusions de voleurs et autres serials killer chez lui se tournera vers un Slasher, etc etc. Mais finalement, si je puis me permettre un petit conseil, c’est en regardant des genres divers qu’on cerne ce qui nous fait peur et ce qui nous laisse de marbre.  

 

Voici donc un petit manuel horrifique pour des nuits sombres en solo ou à plusieurs.

 

Le film fantastique, pour ceux qui veulent retomber en enfance (ou presque)

 

Ces films ont en général une base réelle et basculent petit à petit dans le surnaturel, dans un autre monde, dans une atmosphère plus noire. Regroupant plusieurs types d’histoires : fantômes, malédictions, sorcières, vampires etc…  on pourrait diviser ces films en plusieurs sous-catégories.

 

L’un des genres les plus anciens se base sur des histoires de vampires. Nosferatu le vampire (1922), Dracula (l’on retiendra l’adaptation de Francis Ford Coppola de 1992, le célèbre vampire de Bram Stocker ayant été décliné un nombre incalculable de fois), le Bal des vampires (Roman Polanski 1993). Plus méconnu l’on retrouve le récent Morse, film suédois qui a fait l’objet d’un remake américain avec Laisse-moi entrer (on peut clairement parler d’un copié collé en fait). Le vampire est un classique qui n’est pas des plus effrayant tant on connait maintenant le fascinant personnage. Ces films font sursauter par le biais de quelques jumpscare, mais rien de bien terrorisant (en tout cas pour moi).

 

 

Le genre de l’horreur aime bien aussi s’inspirer de nos terreurs d’enfance. Les clowns amusent, mais ils peuvent également hanter vos rêves. Stephen King en a joué avec Ça, qui a eu le droit à son adaptation, sous forme de téléfilm dans les années 90. Une nouvelle version est attendue dans les salles obscures pour septembre. Stephen King a déclaré sur son Twitter « Le remake de Ça d'Andy Muschietti réussit à aller au-delà de mes attentes. » En espérant que le maître de l’horreur n’ait pas menti. Autre personnage récurrent : le croquemitaine aussi appelé Babadook ou Mr Boogie. Il est connu pour vivre dans les chambres d’enfants se cachant dans les placards ou sous les lits avec des intentions peu bienveillantes. Présent dans le classique Les Griffes de la Nuit (ou le reboot Freddy les griffes de la Nuit), c’est dans Sinister et Mister Babadook qu’il m’a personnellement le plus terrifiée. J’ai gardé pendant plusieurs nuits des visions de sa tête après avoir vu Sinister (probablement à cause de quelques images subliminales bien fondues dans le montage).

 

 

Et pour terminer, il y a tout ce qui touche aux malédictions et autres mondes parallèles. Dans le genre, les leaders sont, à mon humble avis, The Ring pour les malédictions et Silent Hill pour le côté univers parallèle. Le premier est à l’origine un film japonais d’Hideo Nakata réalisé en 1997 et s’est vu américanisé en 2003 par Gore Verbinski mais n’en reste pas moins très bon. Silent Hill est lui une adaptation cinématographique du célèbre jeu vidéo plaçant une mère et sa fille atteinte de crise de somnambulisme aigue dans un village fantôme noyé dans le brouillard, peuplé d'étranges créatures, hantées par des ténèbres vivantes qui dévorent littéralement tout ce qu'elles touchent.

 

 

Le fantastique est néanmoins bien plus étendu et certains films ci-dessous pourraient également appartenir à cette vaste catégorie.

 

La Science-Fiction, pour ceux que l’inconnu effraye

 

Les films de Science-Fiction se passent généralement dans le futur, ou alors évoquent un présent dont les avancées souvent scientifiques sont nettement supérieures à celles notre époque. On y croise souvent des animaux ou des bêtes venues d’ailleurs. On ne peut pas ne pas parler de la première trilogie Alien, et plus particulièrement d’Alien, le huitième passager, film devenu culte. En soit, on pourrait s’arrêter là pour ce sous-genre de film d’horreur, puisque la science-fiction n’est pas particulièrement connotée terreur. La force d’Alien (surtout le premier) tient avant tout au jeu de cache-cache sous haute tension du xénomorphe, le spectateur n’en sachant pas plus que les membres de l’équipage. Mais je tenais à rajouter The Thing, film québecois de 1982 réalisé par John Carpenter mettant en scène une équipe de chercheurs en plein Antarctique face à une chose métamorphe. En prime, un final plutôt surprenant amenant à de nombreuses théories.

 

 

Le slasher, pour ceux qui ont peur des intrusions

 

Ce film, avec un tueur en série increvable, connait un essoufflement ces dernières années, mais reste sans aucun doute un des sous genre les plus connu. Généralement, on ne sait rien de ce fameux tueur, qui s’attaque bien souvent à une bande d’amis. Très souvent masqué, on en apprend plus sur lui lors de l’affrontement final avec le héros. Ce type de film est propice à des séries, les suites étant plus ou moins bonnes. Le premier film du genre, c’est bien sûr Massacre à la tronçonneuse (1974) de Tobe Hooper. Inspiré d’une histoire vraie, le tueur appelé Leatherface, s’en prend à une bande de jeunes, perdus au fin fond du Texas. Malsain (la scène du repas reste culte), violent (pour l’époque, on est d’accord), le film a profondément choqué, il est resté censuré et interdit dans de nombreux pays durant plusieurs années. C’est pourquoi beaucoup pensent à Halloween de John Carpenter lorsque l’on évoque ce genre, Mickaël Myers étant maintenant l’un des serial killers les plus célèbres. Attention tout de même, beaucoup de mauvais films se cachent parmi ces quelques chefs d’œuvre.

 

 

Deux ans après Halloween, un nouveau classique apparaît : Vendredi 13, réalisé en 1980 par Sean S. Cunningham, cela devient la plus grande franchise de cinéma d’horreur avec pas moins de 11 films. Wes Craven fera revivre le genre qui avait lassé le public avec Scream (1996). Le réalisateur bouscule le genre en se moquant des films déjà réalisés. Le slasher n’est à mon avis pas le genre le plus intéressant. Plutôt réaliste, il nous fait nous méfier d’autrui et nous met mal à l’aise, mais à force d’en regarder, on finit par se lasser de ce style qui rapidement se mord la queue. Les redites et effets prévisibles lassant un spectateur averti.

 

Le « diabolique », pour les flippés de tout ce qui touche à l’Enfer

 

C’est le genre qui ne semble jamais s’essouffler (enfin plus ou moins) : Diable (dans toutes les confessions possibles), religions en tout genre, mythes païens, possessions, exorcismes spectaculaires, esprits frappeurs, démons … tout y passe. Il suffit au réalisateur de rechercher dans les annales de l’exorcisme, dans les vieux dossiers Warren, dans d’anciennes légendes de civilisations disparues, dans les mythes de la sorcellerie, etc. pour écrire un scénario. Ces films mettent généralement en scène des personnages en proie aux forces du mal, et on fait très souvent appel à un exorciste (bien souvent raté) pour faire fuir le démon. Les deux classiques dans le genre resteront L’exorciste et Rosemary’s baby. Pas de première jeunesse, certes, un peu carton-pâte dans les décors et effets spéciaux, mais qu,i si l’on joue le jeu, restent bien flippants et un peu dégueulasses. On ne peut pas oublier Regan (L’exorciste) qui descend l’escalier de manière totalement désarticulée ou qui vomi une substance des plus étranges.

 

 

On peut aussi relever, dans le même genre, Evil Dead, dans sa version de 1983 (ou même le remake de 2013 qui reste fidèle à l’horreur du premier), tout en enlevant ces effets carton-pâte qui aujourd’hui nous font rire plus qu’ils ne nous impressionnent. Cependant dans cette catégorie si je devais vous conseiller deux films ce serait les Conjurings. James Wan m’a scotchée à mon siège, du début du film à la fin du générique (oui les génériques sont eux aussi terrifiants), et depuis le cas Enfield j’ai peur des nonnes (mais j’irai quand même voir the Nun en 2018 quitte à être maso autant y aller). Le fait que les dossiers Warren soient des dossiers réels met le spectateur déjà dans une position inconfortable, mais là où il est fort, c’est dans la suggestion par l’image et le son. Le son est un élément des plus important dans un film d’horreur et d’autan plus dans les genres touchant au paranormal.

 

 

Coupez le son du film, et tout de suite, la tension baisse. Ce genre de film joue sur un jeu de suggestion sonore et visuel. C’est ce qui vous tient en haleine, qui vous fait faire des bonds sur votre siège et tend vos muscles. Ces films sont bourrés d’images subliminales (qui restent parfois très longtemps après le film) qui augmentent encore plus l’effet de suggestion. En bref, du très bon mais à ne pas voir en 144p sur tablette si vous souhaitez frissonner.

 

Le Survival, pour ceux qui ont l’âme guerrière

 

Là aussi, on peut définir plusieurs sous catégories, mais le scénario reste tout de même plutôt similaire. Il y a tout d’abord les foundfootage, tournés au « je » ces faux documentaires confèrent un hyperréalisme au film. Dans cette catégorie, on trouve la saga REC, mais surtout, The Blair Witch Project, qui tourne autour d’un reportage sur la sorcellerie et la disparition des trois cinéastes en charge du projet. Ce film est assez génial dans le genre puisque l’on ne voit en fait … Rien du tout. L’immersion dans la peau du personnage et sa peur permet de faire monter l’adrénaline. Un genre donc intéressant et peu répandu, pourvu qu’il soit réalisé avec brio. Deux autres styles de films se distinguent également dans cette catégorie. Ils se définissent comme des films où les personnages se retrouvent dans une situation extrême, qui les poussent généralement à tuer, ou à se dépasser.

 

 

Le final girl est, comme son nom l’indique, un film où l’héroïne est une fille. Chose assez rare finalement, puisque la femme, dans le cinéma d’horreur, est soit  la mère d’un enfant possédé, soit la petite amie du héros, qui finit morte un coup de hache (simple exemple) dans le crâne 30 minutes avant la fin. Elles ne sont pas nombreuses les final girl mais l’on peut noter Ellen Ripley dans Alien, Lila Crane dans Psycho ou encore Sarah dans The Descent (un des seuls films où il n’y a que des personnages féminins d’ailleurs). Et pour finir le Rape and Revenge. Dans le cinéma d’horreur, ce genre repose sur un ou plusieurs viol(s), suivi de la vengeance de la victime ou de ses proches (auto-justice). Un des premiers films du genre est La dernière maison sur la gauche de Wes Craven. Le film raconte l’histoire de deux jeunes filles qui se font kidnapper par une bande de malfrats et qui endurent sévices sur sévices. Après les avoir tuées, ils se rendent dans une maison et ne se doutent pas que les parents de l’une d’elles y habitent. Comprenant que leur fille a été tuée, ils font à leur tour subir un véritable calvaire aux meurtriers des jeune filles. On pourrait aussi parler de La colline a des yeux (toujours de Wes Craven). Le film s’inspire de l'histoire controversée de Sawney Bean et de sa famille, un clan sauvage qui errait dans la région montagneuse de l'Est de l'Écosse au début des années 1600. L’intelligence du réalisateur est de replacer les faits dans un contexte moderne, en parlant d’une famille qui, après avoir été les victimes de personnes ayant subi des rayons radioactifs, cherche à se venger.

 

Le Torture Porn, pour ceux qui veulent être dégoutés

 

Alors là, on rentre dans un genre complètement différent du reste. La peur et la tension sont bien présentes ; mais c’est le dégoût qui prime sur tout. Le genre désigne des films dont les personnages sont pris au piège par un ou des sadique(s), généralement riches. Le spectateur assiste donc aux tortures. Il y a parfois un peu de sexe mélangé à tout cela, mais le terme « porn » est plus lié de mon point de vue, au plaisir sexuel que peut ressentir le bourreau. Les pionniers dans le genre est le Salo ou les 120 jours de Sodome de Pier Paolo Pasolini (1976), une libre adaptation du marquis de Sade, décrivant la façon dont 4 aristocrates torturent environ 70 hommes et femmes.

 

 

Les saga Saw ou encore Hostel sont des classiques du genre. La série des films Saw est caractérisée par plusieurs éléments : une violence extrême suggérée par un montage épileptique et des scènes de tortures sanglantes à l'aide de pièges et de mécanismes particulièrement meurtriers, des flash-back qui permettent de rapporter des faits antérieurs, du suspense, ou encore la révélation finale. Plus extrême l’on trouve Human Centipede de Tom Six. Ces films demandent d’avoir l’estomac bien accroché, mais paraissent ultra soft comparé au genre suivant.

 

Le snuff movie (le pire pour la fin), pour personne

 

Un (vrai) snuff movie est un film dont l’objet est le tournage d’un viol et d’un meurtre qui arrive réellement et qui est filmé par un amateur (soit le tueur lui-même, soit un complice). La légende dit que ce genre de film existe vraiment, tourné pour des riches. Si certains pensent que ce n’est qu’une légende urbaine, le genre existe (malheureusement) bien et les premiers films voient le jour dans les années 1990. Bien qu’assez rares, les autorités possèdent peu de moyens de les faire disparaître et certains assassinats vieux de dix ans sont toujours disponibles sur le Web. L’un des plus célèbre ces dernières années est le snuff movie réalisé par Luka Rocco Magnotta aussi appelé le « le dépeceur canadien ». En 2012, il avait filmé et diffusé sur le site Best Gore (entre autres) l’assassinat à coups de pic à glace d’un étudiant chinois, avant de dépecer le corps devant la caméra. En tout cas, les cinéastes se sont emparé du genre et on en fait un sujet à part entière. La plupart des snuff movies sont donc des « imitations », des films disponibles sur le dark net. Le plus célèbre (et pourtant méconnu) d’entre eux est certainement A Serbian film.

 

 

 

Réalisé par Srđan Spasojević en 2010, le film décroche la palme du film le plus violent, malsain, traumatisant, horrible en tout point que j’ai pu voir (je suis littéralement allée vomir à la fin à avoir poussé ma curiosité bien trop loin). Le pitch ? Milos, une ex star du porno au bord du gouffre financier est contacté par un ex collègue qui lui présente Vukmir, un cinéaste aussi mystérieux que charismatique, qui lui propose un rôle qui le mettra à l'abri du besoin. La condition ? Milos ne saura rien de ce qu’il devra faire… A partir de là, c’est l’enfer, aussi bien pour le personnage que pour nous. Des images scandaleuses et choquantes où s’enchainent viols, tortures, sadisme, émasculation, sauvagerie, acte de pédophilie, abus de nouveaux nés, on en passe et des meilleures. De l’horreur dans un sens complètement différent du reste mais probablement là pire de toutes. En bref, si je vous en parle c’est pour que jamais vous ne vous aventuriez à regarder ce film. JAMAIS.

 

PS : Evidemment la liste des films évoqués est non exhaustive d’autres très bons films tel que Shining, Amityville ou encore Insidious n’ont pas été évoqués.

 

Par Eileen Dautry, 18 ans, fear-addict

 

 

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