Crise identitaire : C'est quoi être français ?

Confronté aux éclats twittesques de la fachosphère, un Twenty en vient à se demander s'il est vraiment français, entre flou identitaire et racines réelles... Le melting pot, mythe ou réalité ?
03/03/2017

 

Après une journée passée à tenter de comprendre ce que je faisais en fac de droit et un périple interminable dans le métro, je me suis retrouvé tranquillement assis sur mon canapé, le nez rivé à mon écran, naviguant sur le réseau social du petit oiseau bleu. J'ai constaté l'émergence de personnes ayant pour pseudo "PatrioteFR" ou encore "SissiLaPatriote". Leur patriotisme exacerbé m'a d'abord épaté, patriotisme qui je trouve, s'est perdu et est devenu plutôt péjoratif avec le temps. Ce qui m'épatait moins cependant c’était leur fâcheuse tendance à reléguer les français à peaux sombres ou ceux qui ont "l'Hégire pour repère", au rang de citoyen de seconde zone ou tout simplement nié leur "droit" à être français. Une vague de xénophobie frappe la France, est-ce un vague sentiment ou une réalité ? L'avis d'un petit nombre ou celui de la multitude ?

 

Après plusieurs "cyber-clashs" avec ces personnes qui mettaient en question ma réelle appartenance à ce pays, j'ai commencé à me questionner : qui suis-je ? Mon passeport indique que je suis français, mais certains aimeraient me voir retirer ce droit parce que trop sombre. Suis-je alors "français d'origine africaine", mes parents étant nés au Congo, ou suis-je simplement africain, congolais, bien que je ne parle pas la langue du pays, que je n'y suis pas né et que, même là-bas, on me considère comme un français ? J'étais dans un entre-deux, un flou identitaire… Me disant que si je tombais dans les eaux à Venise, on me laisserait mourir, considéré comme un migrant, ou encore que certains trouveront normal qu'un policier insère une matraque dans mon anus en qualifiant cela "d'accident".

 

Moi qui ai grandi en proche banlieue, né de parents chrétiens, fréquentant des personnes d'ethnies diverses, de confessions diverses, que ce soit musulmans, juifs ou athées, après ce flot de questionnements je me suis demandé si la France aimait tant la multiethnicité qui est l'héritage de son histoire, et si cette France "black blanc beur" existait réellement.        

 

 

 

Par Taman Bembelly, 18 ans, étudiant.   

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