D'Elvis à Frank Ocean : Plongez dans la pop culture !

Alexandre a décidé de redonner ses lettres de noblesse à la fameuse "culture populaire". Du coup, plus besoin de se cacher pour écouter un petit Cloclo !
21/02/2017

 

 

Nous avons tous entendu au moins une fois une personne nous reprocher la trop forte présence de la « pop culture » dans nos goûts, qu’ils soient musicaux, cinématographiques, voire même littéraires. Dans ce sens, ces mêmes personnes essaient de nous dire qu’elles ne seraient pas bercées par cette fameuse « culture pop ». A les entendre, la culture populaire serait un diable pervertissant la sphère artistique. Que nenni, l’entrée d’un genre ou d’un artiste au sein de la culture populaire est une aubaine. 

 

Mais la culture populaire, c’est quoi ?

 

La culture populaire est tout ce qui découle du peuple, tout ce qui n’est pas validé par des académies ou des institutions. Elle est le fruit d’un engouement populaire, libre de toutes cloisons créé par les industries. Pacôme Thiellement m’expliquait que la culture populaire pouvait être étendue jusqu’à Rabelais ou Shakespeare qui, durant leur temps et même après, ont conquis le peuple tout en subissant les critiques des élites. Dans le même principe, Les Beatles ou les Rolling Stones par exemple, baignent dans la culture populaire de par leur impact sur plusieurs générations. Ils sont réellement entrés dans la légende grâce à la reconnaissance de tous. Un artiste, un groupe ou un réalisateur entre dans la culture populaire à partir du moment où son travail transcende une ou plusieurs générations. Il devient alors intemporel car son travail reste dans le cœur de ses contemporains qui le transmettrons aux générations suivantes.

 

 

En m’expliquant tout cela, Pacôme Thiellement, auteur de l’excellent ouvrage Pop Yoga, m’éclairait sur l’aspect crucial de la culture populaire dans nos vies et donc à quel point nous ne pouvons pas nous en séparer tant elle est nécessaire au développement culturel de chacun. Etre plongé dans la culture populaire n’a donc rien de honteux. Même si chacun d’entre nous souhaite posséder le don de l’originalité, c’est-à-dire plus simplement, de connaître certains artistes que d’autres ne connaissent pas, c’est le partage de ces connaissances qui permet l’éclosion de ces artistes et des genres musicaux, cinématographiques ou autres.

La culture populaire n’a rien de mauvais lorsqu’elle est à sa forme naturelle décrite précédemment. Lorsqu’elle est créée et affectionnée par le peuple, elle ne peut être que considérée comme une source de création nouvelle. Le mythe de « l’underground », c’est-à-dire de tout ce qui ne possède pas un succès massif n’est qu’une illusion lorsqu’on observe le destin de toutes les cultures « underground ». Le punk, le rap des années 80, le rock new-yorkais des années 50-60. Vous remarquerez que chacun de ces styles baigne aujourd'hui dans la pop culture.

 

 

"L'underground est mort" est une phrase pleine de rage que l'on a tous entendu au moins une fois. En effet, peut-être que les multiples genres underground ont été détournés et intégrés à une culture atteignant un plus large public. C'est ici que la tristesse de ceux qui énoncent cette phrase n'a pas grand sens à mes yeux. Bien sûr, ces genres ont pu être détournés mais cette mise en lumière n'a fait qu'agrandir le public de ces genres.

C'est une réflexion d'André Bazin dans le recueil Qu'est-ce que le Cinéma qui m'a amené à cette idée. Il y expliquait que l'adaptation du théâtre classique au cinéma a peut-être dénaturé sa forme originale, seulement cette adaptation a permis, grâce à son large public, d'attirer beaucoup plus d'intérêt aux œuvres originelles. Le même procédé peut être appliqué au vieux rock ou au vieux rap. Bien sûr, le rock actuel n'a presque plus rien à voir avec celui du Velvet Underground par exemple, mais c'est la popularisation du genre qui a permis que l'on se retourne vers les merveilles de ces pionniers. Sans cette mise en lumière, le rock serait mort dans les rues de New York ou le rap ne serait jamais sorti de Harlem.

 

 

Il n'est donc pas question ici de tâcher la culture populaire, celle-ci permet de faire vivre les grands genres musicaux. Ecouter le Velvet ou Public Enemy de nos jours n’est qu’une heureuse conséquence des bienfaits de la popularisation de leurs genres.

 

 

Comme Pacôme Thiellement me l’expliquait, la culture populaire remonte à très loin (Rabelais, Shakespeare, etc… ). Cependant, pour rester dans l’air du temps, la figure récente la plus représentative est Elvis Presley. Il est la première superstar ayant transcendé plusieurs générations de cette manière. Depuis, de nombreux genres et artistes ont marqué, et continuent encore aujourd’hui. Le propre de la culture populaire est de ne pas avoir de limites temporelles. Bob Marley, 2Pac, John Lennon ou encore Biggie, ont été des icônes non seulement pour leurs contemporains mais ces-derniers ont aussi su faire perdurer leur légende. Ces figures emblématiques restent toujours adorées même par la jeunesse qui ne les a pas connues durant les premières expositions de leurs œuvres.

De ce fait, nos artistes contemporains méritants auront droit à ce traitement. Ils ne sont pas encore des légendes mais ils le deviendront lorsque leur impact se ressentira sur plusieurs générations d’amoureux de leurs œuvres.

Profitons donc de la chance que l’on a de pouvoir assister à l’éclosion de ces perles de la culture populaire que nous aurons choisi de transmettre aux prochaines générations. Ces artistes existent, il suffit de jeter un coup d’œil au talent d’un rappeur comme Kendrick Lamar, d’un chanteur comme Frank Ocean ou d’un musicien comme Ibrahim Maalouf longtemps rejeté par les élites de son milieu pour son ingéniosité.  

 

 

 

Par Alexandre Tandina, lycéen et rédacteur amateur pour Bleu Blanc Bec.

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