La chronique cinécul de Justine, épisode #1

Et si chaque semaine, nous nous penchions sur les différentes représentations du sexe au cinéma ? Pour ce premier épisode, Justine s'attaque à la nourriture et au sexe, dans le 7e art. Bon appétit bien sûr !
18/02/2017

 

Cette semaine, la nourriture sera au coeur de mon papier. Qui vous a dit que nourriture et plaisir sexuel n’allaient pas ensemble ? 

 

 

9 semaines et demi, bien évidemment. Pour les amoureux de Kim Basinger, la nourriture a assouvi vos fantasmes les plus fous depuis la scène du frigo où le sexy Mickey Rourke joue avec toute sorte d’aliments. Elisabeth a cette façon sexuelle de croquer les fraises, le miel s’étale sur ses cuisses, ils ne s’embrassent pas, ils se dévorent. Olive, cerise, champagne, il y en a pour tous les goûts. Mais la plus émoustillante reste quand même la séquence où John joue avec un glaçon sur le corps de la splendide Elisabeth. Elle a les yeux bandés, la musique en fond est atrocement douce, les instruments s’enchainent, puis le bruit des glaçons dans un verre nous rend fou. Le réalisateur joue avec nos sens. La scène est remplie de tension, d’envie, et notre corps tout entier frissonne. 

 

Mais pourquoi la nourriture et le sexe font la paire ? En psychologie, l’absence de satisfaction sexuelle conduirait à la boulimie ou à l’anorexie. Bon, ça va un peu loin pour nous tout ça. Mais surtout pourquoi les films des années 60/70 représentent-ils avec brio ce fantasme ? A l’époque, soit la première génération à ne pas connaitre les tourments des restrictions alimentaires forcées, gaspiller la nourriture était un acte hautement transgressif qui signait notre entrée dans une ère libertaire un poil décadente. Il y avait quelque chose de profane dans l’idée d’utiliser de la nourriture pour son propre plaisir sexuel. Pourtant elle est bien mêlée au plaisir. 

 

 

Tampopo par exemple. La scène avec les oeufs ne peut pas nous échapper, pendant environ 1 minute 30, un couple s’embrasse en glissant un jaune d’oeuf dans la bouche de l’autre et réciproquement, jusqu’à ce que celui-ci explose dans la gorge de la jeune femme et coule sur ses lèvres (vous avez compris l'analogie). Dans le film Mapas de los senidos de Tokyo, ou encore Sushi Girl une des scènes montre une femme nue, allongée sur une table en bois recouverte de sushi. On appelle cela « le nyotaimori » ou « corps sushi ». Au Japon, cette pratique est considérée comme un jeu sexuel. Imaginez les filles, nos sushis étalés sur le corps d’un homme ? Double plaisir. 
 

Parlons maintenant du langage, on dit d’une femme qu’elle est « appétissante », on parle de « food porn » quand la nourriture est plus que plaisante. Aujourd'hui, ce mélange se fait surtout à travers une pulsion scopique (plaisir de regarder) et l'on ne mélange plus l'humain et la nourriture. La nourriture seule est devenue érotique.

 

 

Pour les adultes restés ado, Sausage Party vous parlera plus. Sur fond de Dirty Dancing, une saucisse et une brioche font l’amour dans toutes les positions. La saucisse lance "je vais te fourrer", ce à quoi va lui répondre la brioche "je suis toute serrée". On ne sait plus vraiment où se mettre, contrairement à beaucoup d'autres films, il peut légèrement nous dégoûter. Il en est de même dans La Grande Bouffe, une orgie de sexe et de bouffe qui constitue le clou du spectacle. Comment se cuisiner innocemment un hot dog après ça ? 

 

 

 

A vos tartines de beurre devant Un Dernier Tango à Paris 

 

« Les grands plaisirs de la vie sont immoraux ou illégaux, ou bien ils font grossir »

Oscar Wilde

 

 

Quelques films à regarder : 

 

L'Empire des sens (pour la scène de l'oeuf dans le vagin)

 

Les amours imaginaires (pour la scène des marshmallows)

 

La Saveur de la pastèque 

 

Seijun Suzuki

 

Como agua para chocolate

 

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Par Justine Courtot, 20 ans, étudiante en Info-Com.  
 

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