Millennials : ces chômeurs sur-diplômés !

Aujourd'hui, nous assistons à un phénomène nouveau : une recrudescence de jeunes chômeurs bac+4 ou bac+5.... Les études ne sont-elles plus la garantie d'obtenir un travail à la fin ? Twenty s'est penché sur le phénomène.
07/04/2017

 

Alors que François Hollande nous promettait qu’on vivrait mieux en 2017 qu’en 2012, nous constatons que sa promesse n’a pas forcément était tenue. Il suffit de prendre l'exemple du monde du travail. Encore en 2017, selon un rapport de la Dares, service de statistiques du ministère du Travail, nous sommes victimes d’un surchômage, le taux des moins de 25 ans sans emploi cherchant un travail atteint 24% selon un rapport dâté de janvier.  C’est 3,5 fois plus qu’il y a 40ans.

 

Autre chiffre un peu gênant : 40% des jeunes possédant un bac+5 se retrouvent au chômage un an après la sortie de leurs études

Ces chiffres proviennent d’une étude de l’Apec (Association pour l'emploi des cadres) réalisée en 2015 sur les jeunes de diplômés en 2014. Pourquoi ce chiffre ? Toujours pour les mêmes raisons un peu insensées : les entreprises préfèrent recruter les profils les plus expérimentés. Un problème sans issue. En effet, comment un jeune fraichement diplômé pourrait-il avoir fait plusieurs années d’études tout en ayant acquis de l’expérience professionnel ? C'est le serpent qui se mord la queue.

 

Pour en savoir plus sur cette situation, nous avons demandé aux principaux concernés, les différents acteurs du marché de l’emploi.

 

Dan a 25 ans, et les diplômes, ça le connait. Il est l'heureux détenteur d'une licence d’histoire à la Sorbonne et d'un double Master Communication/Marketing de l’ECS (European communication School). Pourtant, depuis Septembre 2016, il cherche un emploi. « J’effectue mes recherches via mon réseau, bien sûr, mais principalement sur des sites spécialisés dans la recherche d’emplois (Indeed, Irmawork, Linkedin…). Selon moi, je ne trouve d’emploi car les gens recrutent de moins en moins. Ils veulent surtout des stagiaires. De plus, les exigences sont élevées. Parfois, je vois des offres pour des postes junior où il est demandé 2 à 3 ans d'expérience. What the fuck !!? »

 

Selon Dan, les jeunes ne sont pas forcément au courant de la réalité du marché durant leurs études « On nous voile la vraie face du marché de l'emploi. C'est très compliqué aujourd'hui. Certes, on peut être aidés, notamment par des accompagnateurs de Pole Emploi, mais c'est dur. Heureusement, j'ai des parents qui m'aident, des proches qui me soutiennent. Et, heureusement aussi, il y a, par exemple, Twenty qui me permet de maintenir une activité, ainsi qu'Hotel Radio Paris, où je taffe aussi. C'est cool, je rencontre plein de gens, je me fais un super réseau mais  à un moment donné ce qui compte c'est quand même de gagner sa vie. »

Quant à ce qui devrait changer selon lui : «Houla, beaucoup de choses. Il faudrait obliger les entreprises à prendre des jeunes en formation. Que l'Etat les aide, mais qu'on nous embauche, qu'on nous apprenne au lieu de nous recaler pour "manque d'expérience". »

Même dans la difficulté, il reste important de garder espoir en sa réussite. «C'est dur parfois. J'ai l'impression que ma situation va rester la même pendant encore longtemps. Mais je vais bien finir par trouver, j'ai quand même un CV intéressant et des expériences plutôt bonnes.

Il faut ne rien lâcher. Et si vous ne trouvez pas de job, ayez une ou plusieurs activités, même bénévoles à côté. Ça permet de rester actif et de se sentir encore utile. » Conseille-t-il aux plus jeunes.

 

Ce phénomène a émergé avant les années 2010. Yannick Fondeur, chercheur à l’IRES (Institut de recherches économiques et sociales) et Claude Minni, membre du département Emploi de la Dares en parlaient déjà dans un article "L'accès des jeunes à l'emploi" publié en 2006. On y apprend que le chômage est persistant depuis le milieu des années soixante-dix. Il en découle des difficultés d’accès à l’emploi. Les jeunes sont les premiers concernés et leur insertion est devenue plus lente et chaotique. Dans les premières années suivant la fin de leurs études, ils sont plus souvent au chômage que les actifs ayant plus d’ancienneté sur le marché du travail. Ainsi, depuis maintenant une trentaine d’année, les embauches des jeunes ont tendance à prendre une forme plus précaire (CDD, intérim, temps partiel, systèmes multi-employeurs, télétravail, etc.) Dès lors, deux cas de figure peuvent se présenter : soit ces contrats particuliers sont amenés à être transformés à terme en CDI, soit les individus sont durablement employés sur des contrats de ce type. Bien sûr, la réalité se situe entre ces deux extrêmes. Au milieu des années 2000,  seulement un quart des intérimaires et un tiers des salariés en CDD avaient obtenu un CDI l'année suivante (Cancé et Fréchou).

 

Cependant, selon Merouane, 26 ans, « chasseur de tête » parisien, ( il aide les entreprises à recruter les profils qu’elles recherchent), il n’y a pas de raison d’être fataliste. Selon lui, les jeunes qualifiés qui mettent du temps à trouver un emploi ont « un petit détail qui cloche. Ils sont parfois difficiles, certains ont du mal à se vendre en entretien, d’autres recherchent un poste avec trop de spécificités (dans une ville en particulier par exemple), d’autres enfin ont un profil trop spécialisé dans un domaine peu ouvert.  Je pense qu’il est peu pertinent de faire des moyennes aussi larges, par âge, par secteur d’activité ou même par ville ce serait bien plus utile… Il faut faire attention à ce genre de statistiques. »

 

En dépit de ces informations, relativisons un peu, amis twenties. Selon les domaines, les perspectives d'emploi peuvent être plus rayonnantes. Ainsi, les formations en informatique, en pharmacie ou en commerce offrent encore de très bon débouchés. Enfin, médias et entreprises semblent sensibles à ce problème. BFM Business, RMC et l'Express se sont par exemple associés avec Le Bon Coin pour lancer ensemble l'émission « Première chance ».  Chaque mois, trois belles initiatives sont mises en avant, trois histoires d'intégration en entreprise réussie, concernant les jeunes de moins de 30 ans.

 

 

Par Eddy Dabla, étudiant.... et futur chômeur ?

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