Top of the Pop 2017

L’année 2017 touche à sa fin. Entre l’élection de Trump et le décès de Johnny, que devons nous en retenir ? Une Twenty nous a fait son top de fin d’année !
31/12/2017

 

1- Un livre 

 

 

De tous ceux que j’ai eu la chance de lire en 2017, la palme revient sans doute à L’été des Charognes de Simon Johannin, parut en mars aux éditions Allia. Un récit initiatique sur fond de campagne profonde, porté par une écriture à la fois pure et violente.

Vous pouvez d’ailleurs retrouver ici son interview, pour Twenty Magazine : http://www.twentymagazine.fr/articles/twenties/jealous-lover/l%E2%80%99%C3%A9t%C3%A9-des-charognes-interview-litt%C3%A9raire-xxl

 

 

2- Un film 

 

 

On ne va pas se mentir, je ne suis pas assez stable, d’un point de vue économique, pour investir dans une carte UGC. Je ne suis donc pas beaucoup allée au cinéma, en 2017. Ainsi, je n’ai vu ni 120 battements par minutes, ni les figures de l’ombres ni même Lion ou The Square. Je pourrai mettre Get Out, en tête de ce classement, si seulement je n’avais pas passé trente-huit minutes à me cacher les yeux, incapable de soutenir la violence des images (et je mesure mes mots). Finalement, le seul film que j’ai vu – et aimé – cette année, c’était Rock and Roll de Guillaume Canet. Avant de hurler, laissez-moi vous expliquer pourquoi. Le film s’apparente à un Sunset Boulevard grotesque, donc courageux, sur l’angoisse du vieillissement cellulaire masculin. Et puis, argument de taille, Canet s’est livré à la citation cinématographique la plus audacieuse de l’année, en reprenant à son compte la scène d’ouverture de L’important c’est d’aimer de Zulawski. Je ne peux que saluer le geste !

 

 

3- Un documentaire 

 

  

Difficile de trancher, quand on regarde à peu près trois documentaires par jour. Il faut dire qu’entre le documentaire Arte sur l’anarchisme et celui sur les perturbateurs endocriniens, le choix est compliqué. Quoi qu’il en soit, il a fallu trancher, et je mets donc en première position « Rumble », la souche amérindienne du rock et du blues, de Catherine Bainbridge et Alfonso Maiorana. Certes un peu niche, le documentaire explore l’influence essentielle des peuples autochtones dans l’histoire de la musique américaine, des premiers bluesmen du Delta à Link Wray passant par Jimmy Hendrix. A voir de toute urgence (si vous parvenez à vous le procurer).

 

 

4- Une série 

 

 

Sans hésiter, la saison finale de la série The Leftovers, de Damon Lindelof même si The Handmaid’s Tale aurait pu figurer dans ce classement. Pour ceux qui ne seraient pas familiers de la série, en deux mots, The Leftovers dépeint le quotidien d’une petite ville américaine, après que 2% des êtres humains ont disparu de la surface de la terre. Une dernière saison comme une parabole, où la dimension néo christique du propos interroge nos angoisses, nos névroses, nos pulsions morbides, et nous invite à nous interroger sur le fatum et les multiples incarnations possibles du divin. Une série à regarder seul, chez soi, dans la pénombre. 

 

 

5- Un album 

 

  

Après «Vive la vie » (2004) et « La fin de l’espèce » (2012), Fuzati a sorti cette année un nouvel album « Le chat et autres histoires ». Un album comme un recueil de nouvelles, surfant entre nostalgie, renoncement, cynisme et résilience, où Fuzati personnage prend la plume et devient auteur. Ici, fini les samples, tous les morceaux sont joués, pour des harmonies et une musicalité extrémement subtiles et travaillées.

Vous pouvez également retrouver son interview pour Twenty ici : (http://www.twentymagazine.fr/articles/influences/ghettoblaster/fuzati-%C2%AB%C2%A0je-pr%C3%A9f%C3%A8re-les-animaux-aux-hommes%C2%A0%C2%BB)

 

 

6- Une invention 

 

 

Le « fidget spinner », bien évidemment ! Tellement populaire qu’on en trouve aussi bien dans les tabacs qu’au supermarché, et même dans les paniers des vendeurs de rose. C’est le it-truc, l’objet culte par excellence, idéal pour aider les enfants à se concentrer et donner une contenance à leurs parents, au café. Une toupie design avec laquelle faire des figures, pour tenter d’oublier un climat social morbide, où plane constamment la menace terroriste. Un outil à l’image d’une « gogol nation » décomplexée, preuve s’il en est de notre état de décadence avancé. C’est vrai qu’on aurait également pu citer Jibo, le petit robot qui vous répond comme un homme, ou encore esight3, les lunettes qui permettent aux aveugles de retrouver un semblant de vision,  ou encore le mug qui chauffe votre café à la température parfaite, mais non, aucune invention, en 2017, n’est parvenue à surpasser le « fidget spinner » !

 

 

7- Un mot 

 

 

A l’heure des novlangues en tous genres, végano-féministo-LGBTQ+++, et du règne du politiquement correct, quel mot serait à même de cristalliser l’essence de l’année qui vient de s’écouler ? De « dégagisme » à « insoumis », en passant par « glyphosate », « anti-spéciste », « jupitérien », « flexi-vegan » ou encore « non binaire » le choix s’avère compliqué. Là où 2012 m’avait appris les mots « chill », « tinder » et « after », cette année, adieu hédonisme et volupté. Bienvenue dans les affres des néologismes les plus sombres.  Pourtant, s’il fallait n’en retenir qu’un, ce serait sans doute, à mes yeux, « post-vérité » ou « alternative facts » en anglais. Une manière intriguante de qualifier la propagation de « fake news » dans les médias et sur les réseaux sociaux. Le terme « post-vérité » a cela d’intéressant qu’il ne dit pas « mensonge », mais vérité par delà le réel, une vérité d’une autre monde, parallèle au notre. Allez comprendre…

 

 

8- Un vêtement 

 

 

Bottines rouges ou à paillettes, retour des cuissardes, pantalons coupés à l’ourlet, bodies en dentelle, sneakers futuristes, mules, jupes en cuir, sacs bananes, slims en vinyle… côté fashion-sphere, 2017 aura été une année riche en expérimentations diverses et variées. Quoi qu’il en soit, nous, chez Twenty, notre chouchou reste de loin le pantalon transparent. L’ovni sexy, à porter par temps de pluie !

 

 

9- Un meme 

 

 

Impossible d’y échapper, cette image Shutterstock a fait le tour des réseaux sociaux, donnant lieu à une ribambelle de détournements. Ce qu’il faut en déduire ? L’homme est un éternel insatisfait, que rien ne saura jamais contenter !

 

 

10 - Un mort 

 

 

La tentation de citer Johnny Hallyday ou Simone Veil est grande, mais la palme du mort illustre de l’année est décernée à Charles Manson, pour sa contribution incomprise à l’industrie musicale. Le gourou meurtrier, responsable de l’assassinat de Sharon Tate, était également un musicien, obsédé par les Beatles, et en particulier, « L’album blanc ». Il en avait fait une lecture pour le moins intéressante, y voyant un appel à la révolution et à, je cite, « la chute non-organisée de l’ordre social ». En mars 70, il sortait lui-même un album, "Lie: The Love and Terror Cult", un échec commercial aux qualités musicales pourtant indéniables, qui a su inspirer plusieurs générations de musiciens, dont Marylin Manson, les Guns’N’Roses et même Neil Young.

 

 

 

 

Par Carmen Bramly, 22 ans, écrivain

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