Bienvenue chez les kleptomanes anonymes

Twenty vous parle de Trinkets (babioles en anglais), une nouvelle série Netflix pleine d'humour, qui suit les tribulations de trois jeunes filles, addicts au vol à l'étalage...
11/07/2019

On l’aura tou·te·s remarqué, Netflix est actuellement à la tête du marché niveau streaming. De nombreux nouveaux programmes viennent étayer la liste des programmes originaux Netflix pour notre plus grand plaisir : “Sex Education”, “Dans leurs regards”, beaucoup font parler d’eux, mais quelques pépites passent tout de même inaperçues. Je vous présente donc une analyse de mon mini coup de cœur : Trinkets (babioles pour la traduction).

 

 

TRINKETS, qu'est ce que c'est ?

Crée par Kirsten Smith, Emily Meyer et Amy Andelson, Trinkets est une série comédie/drame qui retrace la vie de 3 ados, en 10 épisodes de 30 minutes. 

 

Mais … De quoi ça parle ?

L’histoire est assez simple, 3 adolescentes différentes en tout points se rencontrent au club des kleptomanes anonymes (les voleurs compulsifs anonymes si vous préférez). Tout commence avec l’arrivée d’Elodie (Brianna Hildebrand), jeune lesbienne solitaire et introvertie qui ne supporte pas la nouvelle copine de son père. Au lycée, c'est la petite nouvelle, et elle peine à se faire des amis. Dans le même lycée, il y a Moe (Kiana Madeira) la badass de l’école. Une latino au cœur dur. Entre son père absent et sa mère débordée, la jeune fille trouve du réconfort chez son copain Noah (Odiseas Georgiadis) qu’elle voit en secret. La dernière du trio, c'est Tabitha (Quintessea Swindel), cliché de la "prom queen" par excellence. Riche, belle, en couple avec le « roi du lycée », elle est un peu la fille “parfaite”. Du moins en apparence. Derrière tant de prefection se cache en vérité une fille qui « fait semblant » d'aller bien, des parents qui ne se parlent plus et un petit-ami qui se comporte mal avec elle. Chacune à ses raisons de voler : Elodie vient de déménager, suit au décès de sa mère et subit la cohabitation avec la nouvelle copine de son père et son fils insupportable. Moe a vu son père partir en prison et sa mère sombrer dans la tristesse. Tabitha, elle, vole pour oublier la violence de son petit ami. Toutes sont seules à leurs manières, peu importe leur popularité, excepté quand elles sont toutes les trois (même si elles n'osent pas s'afficher ensemble en public). À partir de leur rencontre, leur relation ne fera qu’évoluer, des premiers vols entre copines aux confidences entre BFF, au fils des épisodes, Moe, Tabitha et Élodie se confient et se rapprochent. D’un côté les violences physiques et morales subis par Tabi, de l’autre la peur de s’assumer et la découverte de sa sexualité pour Elo et enfin Moe qui se bat pour ne pas ressembler à son père et pour ne pas s’attacher (la badass au cœur de pierre!).

 

Ce à quoi on adhère totalement...

On sent réellement l'intention des créateurs de représenter une diversité de personnage et de situations. Le but est simple, permettre une identification multiple. En donnant à voir des situations difficiles, la série touche et émeut : Elo peut découvrir sa sexualité, pas à pas, sans souffrir du jugement de ses copines, Moe apprend à assumer et à exprimer ses sentiments et Tabitha réalise grâce aux filles le caractère abusif de sa relation et découvre que l'amour peut se passer de la baston. Je mets un bonus pour la scène dans un sex-shop qui normalise la masturbation féminine. 

Un moment clé pour moi a réellement été quand Tabi parle de ce qu’elle a vécu. « J’étais certaine qu’il ne recommencerait jamais ». La solitude face à cette situation, la peur de l’autre et l’incompréhension. C’est cette amitié qui permettra à Tabi de grandir et surtout de se reconstruire. Un chemin compliqué lorsque nous sommes conditionnée à ce point par une relation abusive. Alors qu’elle défend ce qu’il a pu faire, les filles l’aide à se rendre compte qu’elle n’est en rien coupable.

Ici, on joue sur tous les tableaux, représentation mixte d’origines, de genres et de sexualité, on retrouve un personnage queer qui s’assume et ça fait du bien. 

En plus d'une volonté de représenté différentes beautés, on sent la volonté de briser les stéréotypes, notamment ceux relatifs à une certaine vision de la virilité (les hommes ne pleurent pas, les hommes ne s'épanchent pas sur leurs émotions et sentiments...) 

Et puis, le ton est juste, pas trop "drama queen" et assez représentatif des problèmes que peuvent rencontrer les jeunes. Le sentiment de ne pas se sentir "à la hauteur", la non-connaissance de soi-même, la solitude, la pression des groupes sociaux à l’école et parfois des situations bien plus graves qui font parfois à mûrir top vite.

 

 

Ce qu'on ne kiffe pas vraiment...

Si le principe m’a séduite, certains aspects de la série sont assez superficiels. 

Certaines scènes sont quelques peu maladroites. Entre autres, à l'occasion d’une soirée, il est proposé aux filles de consommer de l’ecstasy, proposition qu’elles refusent ensemble sans se mettre la pression. Mais Elo souhaite séduire une fille (sa première), qui elle est sous ecsta, et se sent obligée d’en prendre pour pouvoir l'aborder. Malgré la réticence d’une des trois, elles finissent par toutes en prendre. Un mini faux pas qui normalise la pression et l’influence qu’on peut subir dans les soirées concernant les drogues.

Gros moins également sur la relation d’Elo avec sa première “copine”. En effet, la jeune fille est révélée dans la série comme une personne impulsive, assez égocentrique et qui demande toute l’attention des gens. Une personne vraiment charmante quoi. J’ai donc trouvé ça déplacé de la définir de cette manière et par la suite de la faire devenir la copine d’Elo aka la fille la plus gentille et adorable du monde.

Bémol pour moi, la fin ! Je considère que la fin d’une série n’est pas négligeable, elle est le goût sur lequel tu vas rester, la dernière image que tu vas en garder. Ici, on peut dire que c’est une fin qui m’a laissée sur ma faim ! Une fin presque bâclée qui ne laissent pas vraiment place à des questionnements et donc qui ne donnerait presque pas envie d’avoir une deuxième saison.

 

Bilan :

Au final, cette série de quelque 10 épisodes ne fait que conter les histoires et les mésaventures de ces trois drôles de dames avec une pointe d’émotion et beaucoup d’humour. J’ai vraiment retrouvé ma propre bande de pote à travers cette série.

On se rend compte d’une chose, les amies (les bonnes) te permettent de te construire et t’aides à devenir la meilleure version de toi-même, à t’accepter et t’aimer mais surtout elles te soutiennes peu importe les situations.

La série n’est certes pas un chef-d’œuvre intellectuel ou une série avec un suspense sans-nom, mais c’est une série feel good que j’aurais aimé voir pendant mon adolescence. Une série qui montre la force et l’importance des copines et qui prône l’empowerement des femmes. Ça met du baume à cœur de voir une série qui montre des femmes qui se poussent vers le haut ainsi que la solidarité entre jeunes femmes.

 

Par Lisa Maillot 

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