La "Bleach Pop" existe -t-elle toujours ?

​A l’occasion des American Music Awards du 24 Novembre dernier, Twenty s’est penché sur la symbolique de la chevelure dans la culture musicale populaire…
26/11/2019

 

Anciennement brunes et sans le succès, Madonna, Lady Gaga, ou encore Shakira, toutes ont dû un jour passer par la case décoloration pour espérer briller. Ce passage à l’acte, souvent recommandé par leurs maisons de disque, s’est révélé payant. Jugé plus vendeur, le blond a longtemps été synonyme d’une réussite sans faille dans une industrie musicale en berne…

 

Eugene Pharma : mon Roi

 

 

Sensualité, douceur et érotisme, voilà les éternels qualificatifs attribués à la blondeur.  De Venus, déesse de l’amour à Marylin Monroe, figure iconique de l’âge d’or hollywoodien, la blondeur a souvent renvoyé à la positivité. Globalisation oblige, les standards de beauté crées par cette Amérique hollywoodienne se sont propagés dans le monde entier créant un idéal de beauté purement caucasien.

 

Legally brunette ?

 

 

Vilain petit canard du code pantone, le brun, a longtemps fait écho au mal, frôlant même l’imagerie de la sorcière. Côté musique, les années 90’s/00 n’ont fait que renforcer cette rivalité blondes .vs. brunes. À l’heure où les artistes blondes maintream connaissaient un franc succès (Britney Spears, Christina Aguilera…), les artistes brunes ont, pendant la première décennie 2000, été cantonnées à un registre de niche comme celui de la folk, du jazz. Ces chanteuses « guitares-voix » comme Sara Bareilles, Vanessa Carlton ou même Natalie Imbruglia, pour la plupart auteures d’un hit à succès, n’ont jamais réussi à s’imposer comme de véritables figures populaires, et encore moins à durer dans le temps. Faute à la colo’ ?

 

Hormis Nelly Furtado, Jessie J s’était également essayée en 2011 à contrer le bleach monopole. Interprète du célèbre Price Tag, après son 3e album Sweet Talker, redescente en terres inconnues. Elle se fait de plus en plus rare et décide de se recentrer sur ses premiers amours : l’écriture et décide de participer à un concours de chant en Chine où elle terminera vainqueure… Même si tout laisse croire que les chanteuses brunes ont été évincées de l’élite pop, pour Linda Chibani, auteure du podcast OnHair, tout n’est pas si radical qu’on veuille le penser : « Victime de l’image de la bimbo écervelée, les blondes ont pendant longtemps été raillées, discriminées. Même si les mentalités évoluent, ces préjugés restent encore bien ancrés. »

 

 « Blond Ritual » :

 

 

De nombreuses théories circulent sur Youtube évoquant le programme Mk Ultra, un projet élaboré par la CIA dont le but est de « développer des techniques de manipulation mentale mettant en avant la dissociation de ses sujets ». Selon l’essayiste conspirationniste américain Fritz Springmeier, l’industrie du divertissement utiliserait des techniques dudit programme pour manipuler son auditoire. Des rumeurs circulent et laissent penser qu’une fois que ces stars perdraient le contrôle et redeviendraient lucides, elles seraient rapidement internées et reprogrammées aux normes Mk ultra. Elles seraient ensuite teintes en blondes, une fois la reprogrammation finie. Ces mêmes rumeurs avancent que Britney Spears, Katy Perry mais aussi Justin Bieber, Eminem, Kanye West en auraient fait les frais… Ah théorie du complot quand tu nous tiens !

 

Quand «l’argument business» de l’inclusion sauve…

 

 

Nouvelle génération oblige, les brunes se sont emparées de la scène musicale populaire. Il ne reste qu’à observer les nouvelles héritières de la pop musique aux VMA’s, un des shows musicales les plus attendus des U.S. Elles s’appellent Lizzo, Normani, Camilla Cabello, Dua Lipa, reprennent le contrôle et surtout dégagent un message fort : celui de la Femme, racisée (pour la plupart) et qui prône l’acceptation de soi. On a donc envie de croire à une Amérique un peu moins lissée grâce à ces héroïnes d’un nouveau genre.

Aujourd’hui, ces nouvelles pop stars comme Arianna Grande, Katy Perry ou encore Billie Ellish n’hésitent pas s’amuser, à jongler entre différentes identités. Elles explorent, empruntent, voire même s’approprient certains codes d’autres communautés comme le port de la perruque, accessoire indispensable de la communauté noire.  

 

My hair, mon arme :

 

 

La revendication par le cheveu n’a jamais été aussi forte. Digne représentant de la France pour l’eurovision, Bilal Hassani ne cesse d’utiliser ses perruques comme moyen d’assumer sa fluidité. Difficilement accueilli par le grand public au démarrage de sa chaine Youtube, il finit, depuis peu, par faire l’unanimité et gagner le respect en remportant le 9 novembre dernier la révélation francophone de l’année aux NRJ music awards. « Dans le cas d’artistes comme B.Hassani, la perruque fait partie du spectacle. L’idée est de mettre en avant l’aspect créatif d’une démarche artistique. » explique L.Chibani.

 

Le naturel pour brouiller les frontières :

 

 

Le naturel fait son grand retour : « Mouvement nappy », « White hair dont care »…

« Depuis quelque temps, on arrête de se transformer et on s’assume tel que l’on est. Le retour au naturel est un mouvement global, exit la surconsommation. C’est donc une période qui s’inscrit et va dans ce sens. Pour exemple, l’industrie cosmétique naturelle se calque sur ce mouvement. Comme pour le cheveu, il y a aujourd’hui une volonté de respecter son identité, son patrimoine génétique. » Affirme L.Chibani.

 

La revanche des blondes ?

 

 

Ces derniers temps, Pia Mia, Ava Max, Bebe Rexha de nombreuses chanteuses essaient tant bien que mal de marcher dans les pas de leurs ainées blondes, mais la recette ne prend plus. Vu et revu, le public Millennials réclame de l’authenticité, mais surtout, est en quête d’icônes qui lui ressemblent. Comme le souligne L. Chibani : « Il n’y a que depuis peu que l’on considère tous types de cheveux. Petite, j’ai souffert d’un manque de représentation. La seule personnalité à laquelle je pouvais me référer était Rachida Brakni. »

 

Kim k, ou le point de bascule

 

 

Depuis la diffusion de sa sex tape, adulée par certains et critiquée par d’autres, elle est arrivée au- devant de la scène médiatique en imposant ses traits bruns d’arménienne et sa chevelure ébène. Flambeau passé par son acolyte blonde Paris Hilton, elle a renversé la tendance sans même le savoir. Certains parleront d’un accident heureux, mais pour nous brunes, c’est une révolution sans précèdent. Papesse du mauvais goût, elle a ouvert la voie à toutes ces orphelines en mal d’icônes et a surtout influencé la nouvelle scène populaire musicale…

 

 

 

Retrouvez OnHair, le podcast bimensuel qui parle du cheveu dans toutes ses formes par @linda.chibani

https://linktr.ee/onhairpodcast

 

Pour suivre l’actu’ OnHair, c’est par ici :

à@onhairpodcast

àhttps://www.facebook.com/onhairpodcast/

àhttps://twitter.com/onhairpodcast?lang=fr

 

 

Par Yasmina Salakdji

Rechercher

×