Ma semaine conspirationniste #3 : Qui sont les reptiliens ?

Pendant une semaine, nous avons tenté de convertir une de nos Twenties aux vérités alternatives. Sa mission : ne s’informer qu’à partir de sites conspis…
06/10/2018

 

Aujourd’hui, nous allons parler des reptiliens. Pourquoi ? Parce que le concept m’a toujours fascinée, sans que je n’ai jamais réussi à le comprendre (même s’il est vrai que hier encore j’affirmais qu’il me fatiguait d’avance). D’après le site Stop Mensonges, « Les êtres reptiliens sont des humanoïdes mi-hommes mi- lézards, à la peau recouverte d’écaille, généralement de grande taille (2 mètre à 2.50 mètre de haut) et possédant des fortes capacités télé kinésiques et psychiques ».

 

 

Bon, du coup, impossible que Zuckerberg en soit, il est beaucoup trop nain, et puis, lui, il n’a pas besoin de lire dans nos esprits, il a déjà accès à toutes nos informations (à moins que ce ne soit une couverture, qui sait). A nouveau, dans l’article, le gouvernement américain est accusé d’actes de dissimulation, ayant soi-disant subtilisé des preuves attestant de l’existence de ces fameux reptiliens (cette obsession devient lassante). Ailleurs, j’apprends que les reptiliens cherchent à créer un consensus afin d’anesthésier l’esprit critique des individus… moi qui croyais que c’était le rôle d’Hanouna… (#ChomskyRencontreSpielberg). Mais ce n’est pas tout. Toujours d’après cet article, les reptiliens enlèveraient des humains pour les dévorer. Pour eux, nous serions avant tout « une source de protéines et de vitamine B17 anticancéreuse universelle ». Une telle proposition se passe de commentaire. Quelles conclusions en tirer ? Que les reptiliens sont menacés par le cancer ? Que je suis un genre d’Actimel pour gros lézard BDSM ? Je ne sais plus. Je suis perdue. J’ai peur et je veux ma maman (Arte me manque atrocement).

 

 

Pour éradiquer les reptiliens, un autre site m’explique qu’il faut respecter les animaux, comme si se la jouer « Super Heidi vegan » allait résoudre quoi que ce soit. « Si nous ne traitions pas les animaux comme des esclaves qu'on torture chaque jour avant de les massacrer par procuration, notre niveau vibratoire serait plus élevé et on ne vivrait pas dans des conditions où nous sommes traités comme des esclaves et des cobayes de laboratoire ». L’homme derrière cette plume a trop regardé le film Babe, c’est évident ! De mon côté, j’aimerais baisser les bras, me dire que j’en ai assez lu pour la journée, mais j’ai envie d’en savoir plus, parce que là, je ne peux pas me contenter de ça ! Par chance, je suis tombée sur le pdf d’un livre brassant quelques informations complémentaires sur le sujet, Les Cinq Clefs, La résistance « Humani-Terre » face aux Reptiliens et au nouvel ordre mondial de Frank Hatem. Après l’avoir survolé rapidement, je ferme le pdf. Quand c’est un article, je veux bien, mais 508 pages parlant d’OGM, de police galactique et autres absurdités, non ! J’ai mes limites, tout de même.

 

 

Pour me distraire, enfin, je cherche une liste de reptiliens célèbres. Dans la première, je suis étonnée du nombre d’américains qui y figurent : Bill et Hillary Clinton, Henry Kissinger et Al Gore, et bon nombre de présidents. Plus amusant, figure dans cette liste un certain Boxcar Willie, dont la description indique « Chanteur de musique country, il serait un sataniste et un pédophile ». Pourquoi pas, après tout, si ça leur fait plaisir… moi, je sature.

 

 

Pour finir en beauté, j’ai découvert l’interview d’une reptilienne repentie, qui mériterait d’être restituée dans son intégralité, accompagnée d’aucun commentaire, just for the sake of it comme disent les anglais. Cette reptilienne femelle, comme elle se décrit elle-même, commence par nous expliquer que la bible s’est trompée sur le rôle des reptiliens dans la création (fait-elle référence au fruit défendu du jardin d’Eden et à la déréliction d’Adam et Eve ?). Elle explique ensuite qu’elle est d’origine extraterrestre mais née sur Terre, un amalgame qui semble profondément l’irriter. Bien sûr, elle explique qu’il est impossible à l’intervieweur de prendre des photos d’elle (comme c’est pratique).

 

Des heures de blabla dont on ne retiendra qu’une chose, les reptiliens ne sont pas nos ennemis. Elle par exemple, préfère nous étudier, et ce avec la plus grande bienveillance (#DoctorLinvingstonIPresume). D’ailleurs, elle considère cette interview comme faisant partie intégrante de ses recherches. Un esprit empirique enthousiaste, qui fait plaisir à voir ! C’est bon, j’ai atteint les limites de ce que je peux endurer.

 

 

Par Carmen Bramly, 23 ans, écrivain

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