En mars, on fait quoi ?

Tous les mois, Twenty vous soumet sa sélection culturelle... Au programme : théâtre, cinéma, expos...
13/03/2020

 

Ce mois de février était tout bonnement pourri, et tout porte à croire que celui de mars ne sera pas beaucoup mieux. Avec cette épidémie, on n’a pas vraiment envie de sortir de chez soi pour affronter une ville zombie. 

 

Chez Twenty, nous vous proposons de vous changer les idées en profitant des activités culturelles offertes par la capitale. Voilà donc quelques idées pour occuper vos weekends de mars, en espérant qu’elles vous inspirent !

 

 

Côté théâtre, tout d’abord. Si vous n’avez peur de rien, et surtout pas de passer une heure et demie (voire plus) sur une chaise ou un fauteuil, vous devriez donner sa chance à la Reine Clothilde. Niché rue de Grenelle, à deux pas du Musée Maillol, ce lieu dédié à l’art dramatique propose le Bérénice de Jean Racine pendant tout le mois de mars. C’est un peu l’occas’ de voir cette tragédie  dans une petite salle intimiste, avec une acoustique propre à la vieille pierre. Mise en scène par Emile Azzi, de la compagnie A Ciel Ouvert Les Justes Causes, la célèbre pièce n’a pas pris une ride, et le décor sobre choisi permet de se concentrer sur le texte, déclamé avec puissance par les acteurs. Seul hic, l’omniprésence de la musique empêche d’entendre quelques répliques.

 

 

Si vous êtes plutôt team comique, Kadoc va vous sortir de la grisaille les doigts dans le nez. Mise en scène par Jean-Michel Ribes et écrite par Rémi De Vos, cette farce sur le monde du travail nous donne à voir exactement le type de personnage qu’on ne veut pas devenir ! Trois hommes bossent dans la même entreprise, à trois postes différents : il y a le « supérieur », Wurtz ; celui qui veut être calife à la place du calife, Goulon ; le naïf qui vient de débarquer dans ce monde cruel, Schmertz. Ces trois employés et leurs femmes deviennent de plus en plus maboul au fur et à mesure qu’un diner organisé par Wurtz et son épouse approche… Dans un décor aussi futuriste que kitsch, ces trois couples s’entrecroisent jusqu’au choc final, hilarant. Idéal quand on n’est fâché avec son travail !

 

 

Côté cinéma, laissez-vous tenter par En Avant. Le nouveau Pixar traite du désenchantement du monde au profit des avancées technologiques sur un ton humoristique et pédagogique propre aux célèbres studios. Les centaures s’y déplacent en voiture et les fées volantes en bécanes (et croyez-nous, elles ne sont pas commodes). À travers l’incroyable découverte de la magie par deux frères elfes lancés à la recherche de leur père, on se retrouve embarqués dans un road trip à deux cent à l’heure. Dans un monde où le merveilleux a été délaissé au profit de nouvelles technologies plus simples d’utilisation, le duo de héros, Ian et Barley, s’engage dans une quête invraisemblable, émouvante et pleine de rebondissements. Le genre de feel good movie parfait pour un dimanche pluvieux !

 

 

Et ce, à moins que vous ne soyez plus tenté par le drame Un Fils. Réalisé et écrit par Mehdi M. Barsaoui, l’histoire de ce jeune garçon de 9 ans, Aziz, va vous prendre aux tripes des premières jusqu’aux dernières images, énigmatiques mais néanmoins porteuses d’espoir. Farès et Meriem sont amoureux, vivants, heureux : mais alors qu’ils font un court road trip dans le sud de la Tunisie, ils sont la cible d’un groupe terroriste, et Aziz est blessé d’une balle à l’abdomen et au foie. C’est alors une course contre la montre, mais aussi contre eux-mêmes, que cette épreuve déchire, qui commence pour le couple. Émouvant mais jamais tire-larmes, ce magnifique film doit tout à sa mise en scène épurée et à son duo d’acteurs, Sami Bouajila et Najla Ben Abdallah, aussi poignants que sobres.

 

 

Enfin, si vous êtes plutôt branché.e musée (y a pas de mal à ça), vous pouvez prendre un shot de Méditérannée ensoleillée grâce à Picasso. Juste derrière la rue Vieille du Temple, l'hôtel particulier Salé regroupe quelques unes des plus belles toiles, sculptures, poteries de l’artiste. Les clichés en noir et blanc du peintre à Cannes, peau bronzée et journal « Le Patriote » en main, sont le contre-point parfait à la grisaille parisienne. Les couleurs vives (bleu azur, rouge sang, vert foret, violet foncé) qui s’entremêlent sur ses tableaux sont idéales en ces jours tristes de mars. Au détour d’une salle, vous trouverez même des pages de Vogue annotées avec des dessins coquins, diable lubrique par-ci et jupon troussé par-là, qui devraient au minimum vous faire sourire. On vous promet que vous allez oublier la pluie !

 

Par Mélanie Tilement

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