La première marche des fiertés en banlieues : la fin des clichés ?

L'association Saint-Denis Ville au Cœur organisera la première marche des fiertés en banlieues, à Saint-Denis, dimanche 9 juin 2019. Une belle initiative, allant à l'encontre de certains clichés. Qui a dit que la banlieue n'était pas inclusive ?
06/06/2019

 

Si les clichés des banlieues perçues comme pétries d’homophobie persistent, certain.e.s vont à l’encontre des préjugés, démontrent la force d’un élan générationnel vers l’inclusivité et la liberté d’être. Et grâce à l’association Saint-Denis Ville au Cœur, la première marche des fiertés en banlieues aura lieu à Saint-Denis ce 9 juin 2019.

 

 

L'association Saint-Denis Ville au Cœur, portant des valeurs de vivre ensemble, de liberté et de légimité généralisée à tous et toutes, entreprend ce projet qui mérite toute notre attention et soutien. J’ai eu la chance de rencontrer Youssef Belghmaidi, membre de l’association Saint-Denis Ville au Cœur, afin qu’elle témoigne de l’importance d’un tel événement.

 

« On a tous rejoint ce projet avec un combat ». Créée il y a deux ans, l’association porte un message militant : comment redorer l’image de Saint-Denis tout en y insufflant l’inclusivité nécessaire au vivre-ensemble ? 

 

« La société reproche aux banlieues d’être ce qu’elle en a fait »

 

 

 Les banlieues sont écartées du débat social. « L’homosexualité est perçue religieusement comme une déviance ou socialement comme une pratique de riches et privilégiés, de ceux qui excluent. » explique Youssef. « Ce ne sont pas des personnes que l’on combat, c’e st un fléau ». Ceux que la société a mis de côté et ensuite stigmatisés sont à comprendre plutôt qu’à exclure totalement. La nouvelle génération, queer et fière, entend bien porter haut et fort leur message. « C’est une marche des fiertés internationale aux marginaux LGBTQ » L’objectif est de lutter contre les discriminations et de décentraliser le combat queer. Pour Youssef, "L’image stéréotypée de Saint-Denis est à redorer. C’est une belle ville, que j’aime et où je me sens bien."

 

« La Manif Pour Tous ne s’est pas organisée à Saint-Denis »

 

Il faut rappeler que ceux qui s’insurgent (toujours) contre l’ouverture du mariage aux couples homosexuels (ça fait sept ans, trouvez une autre occupation), sont pour la majorité bien éloignés des banlieues. « En tant que queer, on se fait regarder de manière désobligeante »  rappelle Youssef. C’est un fait, être queer n’est pas évident en France en 2019, que l’on soit dans un quartier privilégié ou ailleurs. Mais les mentalités s’ouvrent et grâce à celles et ceux qui ont combattu avant nous, nous pouvons aujourd'hui poursuivre le combat et permettre à celles et ceux qui nous suivront d’être libres sans crainte. Grâce au travail mené par Saint-Denis Ville au Cœur, le combat pour l’inclusivité progresse voire exulte.

 

« On combat par la pédagogie et par l’inclusion. Il faut être au monde sans renoncer à soi, s’impliquer dans cet effort »

 

 

L’association Saint-Denis Ville au Cœur n’a en aucun cas pour but de perturber la ville, bien au contraire. Le but n’es pas d’imposer une perception de but en blanc mais de faire passer un message intelligemment. Il faut « refuser et contester les places de la binarité et du déterminisme dans la société ». Faire en sorte que chaque identité puisse grandir et s’exprimer sereinement, que chaque individu se sente parfaitement légitime d’exister.

 

 

N’oubliez pas qu’un after est également organisé par les Sœurs Malsaines et Les Folles Soirées Dionysiaques, avec des ateliers et des performances.

Et si vous souhaitez soutenir le travail de l’association, une cagnotte a été ouverte :https://cagnotte.me/9152-marche-des-fiertes-en-banlieues-1?fbclid=IwAR16kfvj17YqadIUvSeuxqVloacuzzCdeOr0PPkWLMzPx8J8nC6LSsHCi6s.

 

Par Reuben Attia

 

 

 

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