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L'instant critique : Come as you are

Un mois après les sorties de Désobéissance et de Love, Simon, Desiree Akhavan nous propose le parcours de Cameron Post, adolescente lesbienne au destin contrarié, poursuivant ainsi un été placé sous le signe des questionnements sexuels et identitaires.
28/07/2018

1993, Pennsylvanie, soir du bal de promo, véritable rite de passage à l’américaine, Cameron, prototype de la lycéenne standard, décide de s’éclipser avec Coley, sa petite amie. S’en suit un court échange maladroit et passionné interrompu par le cavalier de Cameron, incrédule. Pour la petite communauté chrétienne et conservatrice, Cameron est perdue. La décision ne se fait pas attendre, elle est envoyée en camp de rééducation pour adolescents homosexuels.

Coïncidence temporelle, revival des 90’s, ou amour pour Nirvana, on ne saura jamais ce qui poussé le distributeur français à re-titré The Miseducation of Cameron Post. Un titre comme une déclaration assurée pour un film qui lui malheureusement n’est jamais vraiment sur de qui il est. Posant presque en documentaire l’utilisation très prisé mais désormais interdite (aux Etats-Unis) des centres de conversion, la réalisatrice Desiree Akhavan s’empare d’un sujet brulant ; que reprendra pour sa première réalisation Joel Edgerton cet automne avec son pendant masculin Boy Erased, qu’elle laisse se consumer doucement en nous laissant sur notre faim, malgré quelques éclats de passions et désir bienvenue.

 

Grand prix du dernier festival de Sundance, on imagine aisément ce qui a plu dans cette proposition d’un passé proche et ses problématiques très actuelles. Le résultat, un peu bancal, reste charmant mais manque quelque peu de profondeur. Nos protagonistes, personnages indentifiables et attachants ne dépassent pas l’esquisse. La partie la plus problématique s’infuse sur tout le récit, celle de l’idéologie de la famille américaine chrétienne croyante, pratiquante et anti-LGBTQ+. Si la réalisatrice expose les pratiques et l’idéologie de nos antagonistes; ici une psychiatre psychorigide et son frère falot, homosexuel refoulé et porte drapeau de la « conversion réussie », elle ne laisse jamais la parole à Cameron qui décline timidement les enseignements qu’on tente de lui inculquer. Alors qu’elle tient un corps adolescent, véritable réceptacle de la construction et du changement, Akhavan évite l’opportunité que lui offre Cameron et sa bande. Elle concentre tous ses efforts dans de nombreuses et superbes courtes scènes tamisées, moites et explicites où Cameron exerce son désir naissant pour Coley, premier amour contrarié de sa jeune existence, elle se permet même quelques scènes de fantasmes rêvées.

Au milieu de cette imagination chaleureuse, Cameron ne parvient jamais à prendre le dessus sur le réel, vivant seulement dans le refuge de ses souvenirs et de ses rêves inavoués. Akhavan dilue son propos dans le seul but d’avancer un récit linéaire, sans surprise, faisant de l’évasion un choix face à l’oppression idéologique et sexuelle. Difficile de venir comme on est.

 

 

Lisa Durand, 24 ans

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