Twenty Conso : Starlet, le sex toy des kidz !

Juliette, l’âme damnée de la rédac, a déléguée à une amie la lourde tâche d’essayer Starlet, le nouveau sextoy de la marque Womanizer, à destination des pucelles et des beginners. Alors, satisfaite ?
14/04/2018

 

 

Quand la marque Womanizer a proposé d’envoyer à la rédac un exemplaire de son tout nouveau sextoy, Starlet, un stimulateur clitoridien à destination des jeunes filles, j’ai immédiatement dit oui ! Mon côté grande-gueule, sans doute, le genre qui parle trop et ne fait rien. Derrière mes travers de débauchée se cache en vérité une prude, une petite prude aux airs de vierge effarouchée. Je n’ai jamais utilisé de sextoys et n’ayant pas cette curiosité là, incapable de prendre mon pied sans embrasser, sans ressentir le corps d’un autre, j’ai proposé à une amie, Natacha, 22 ans, d’essayer le produit à ma place. Voici ce qu’elle en a pensé.

 

 

 

 

TWENTY : Pour commencer, quel est ton rapport aux sextoys, en général ?

Natacha : En septembre, j’ai acheté mon premier sextoy, un vibromasseur. Tous mes plans culs m’avaient lâchés et j’étais dans une logique d’indépendance sexuelle. Le déclic, ça a été un article du magazine ELLE. Une femme expliquait que sa vie avait changé, quand, à quarante ans, elle s’était procuré un vibro. J’ai eu envie d’essayer. Je trouvais la démarche intéressante, pouvoir se procurer soi-même du plaisir et qui sait, atteindre l’orgasme. C’est un peu de l’hubris sexuel, en un sens, mais pourquoi pas. En plus, je me suis dit que comme ça je ne serai plus jamais frustrée et que je n’aurais plus besoin de me taper n’importe qui juste pour entretenir la machine. J’ai donc commandé un vibro sur le site de « Passage du Désir ». Je voulais rester dans un truc mignon, girly et mainstream, le starbucks du cul si tu préfères. C’était plus socialement acceptable. Je m’en suis servi sept ou huit fois, pas plus, depuis que je l’ai acheté. A chaque fois, je commence, et puis ça me saoule, alors j’arrête en plein milieu. J’étais gênée par le côté « masturbation assistée ». Et puis, il est fort possible que je ne sache pas trop comment m’en servir. La sexualité ne vient pas avec un mode d’emploi. Par exemple, j’ai passé mon adolescence à chercher mon point G alors qu’il paraît que c’est un mythe, que ça n’existe pas.

 

 

 

 

 

 

Twenty : Et le « Startlet » que je t’ai donné, tu en as eu du mal à te l’approprier aussi ?

Natacha : Il y a eu une réelle évolution. Comme tu me l’as donné dans un but précis, pour que je t’en parle de la manière la plus détaillée et pertinente possible, je n’ai pas abandonné au bout de deux secondes, comme avec le vibro. Tous les soirs, pendant une semaine, je m’en suis servi. Au début, je trouvais ça trop bizarre, désincarné et presque dégradant et puis je me suis forcée à lâcher prise, à ne plus sortir de mon corps et me regarder de haut.

Le « Startlet » ressemble à ces thermomètres que l’on s’enfonce dans les oreilles pour voir si l’on n’a pas de fièvre. C’est assez marrant et c’est justement ce qui m’a plu. On ne dirait pas un sextoy. Je peux le laisser branché à côté de mon lit, inviter des gens chez moi et ne pas m’en soucier. Pour revenir au vif du sujet, j’ai essayé de le vivre comme une expérience, une performance même, plus que comme un truc véritablement érotique.

 

 

Twenty : Qu’entends-tu par performance ?

Natacha : J’ai envisagé la machine comme un objet avec lequel atteindre différents stades du plaisir, repousser mes barrières mentales, celles qui font, par exemple, que je bloque toujours le plaisir aux frontières de l’orgasme, avec les garçons. A un moment donné, mon cerveau change le plaisir en douleur, et j’arrête ou bien je simule l’orgasme pour mettre fin à l’acte sexuel, alors que je sais, ou plutôt j’imagine, que si j’arrivais au bout de cette douleur, que je la prolongeais suffisamment longtemps, je pourrais à nouveau transformer le mal en plaisir extrême. Le « Starlet » stimule le clitoris en soufflant de l’air, avec plus ou moins d’intensité, que l’on peut régler comme on le souhaite. Au début, je n’arrivais pas à aller au delà de la force deux. Au dessus, j’avais trop mal. Ça m’a rappelé mes expériences avec des pommeaux de douche, quand, à quatorze ans, par accident, j’ai découvert une nouvelle manière de donner un sens à la chose. Au bout de même pas une minute, je n’en pouvais déjà plus. Et bien là, c’était pareil, mais à force de l’utiliser, de jouer avec les différentes intensités, pour me ménager, j’ai réussi à devenir plus résistante.

 

 

 

 

 

 

Twenty : Tu n’as donc pas un rapport très organique aux sextoys ?

Natacha : Non, c’est sûr ! Bien vu ! Je les vois trop comme une défaite. A mes yeux, on ne les utilise qu’à défaut d’une personne vivante (ou de Marlon Brando). J’ai encore cette image un peu clichée de la vieille fille, jambes en V, qui se tripote parce que personne n’est là pour le faire. Je ne les trouve pas naturels, et en même temps, ils ne le sont pas. C’est un peu l’introduction brutale de la culture dans l’une des dernières choses qu’il nous restait de la nature, une acculturation du sexe. Mais bon, avec le « Starlet », je pense avoir compris, enfin, que c’était surtout un complément, une manière de ressentir d’autres sensations. De simulacres morbides, je les vois à présent comme des compagnons d’extase solitaire, d’introspection désincarnée. Ils n’engagent à rien, contrairement aux hommes, et par là, on peut mieux se découvrir. Les sextoys interrogent nos limites, nous poussent hors de nos retranchements, nous invitent à nous découvrir, et c’est sans conséquence. On pourra toujours se regarder dans les yeux, le lendemain matin.

 

 

Twenty : Et tu as atteint l’orgasme, avec le « Starlet » ?

Natacha : Outch ! Ecoute, aussi étrange que ça puisse sembler, je me demande souvent si j’ai déjà eu un orgasme. Je m’en fais une idée telle que j’ai pu en avoir plein et les avoir pris pour moins que ce qu’il n’étaient, de la jouissance, tout au plus. L’orgasme, c’est un peu mon Godot ou mon Jésus. Je l’attends toujours, en m’imaginant quelque chose d’incroyable, une expérience transcendantale, la fusion du corps et de l’esprit, une perte totale de connaissance, un abandon complet des sens, quelque chose de fulgurant, de strident, un jaillissement de sensations si puissantes que j’aurais l’impression de ne plus exister. Un peu comme une montée de MD, si tu vois ce que je veux dire. C’est peut-être parce que j’ai goûté à ce genre de produits avant de perdre ma virginité. Niveau plaisir, mon référent, c’est ce que j’ai connu en premier, à savoir la MD ou les taz (je te rassure, aujourd’hui, j’ai arrêté, c’est bien de la merde). Bref, blague à part, si c’est bien cela, un orgasme, alors non, je ne suis pas tout à fait certaine d’en avoir déjà eu. D’ailleurs, quand un mec me demande de faire état de mon état post coïtal (ce qui en soi est une très mauvaise idée) je suis souvent décontenancée. A la question « Tu as joui », je réponds « oui », pour ne pas leur faire de peine. Mais bon, si le mec pose la question, c’est qu’il a un doute, non ?

 

 

 

 

Twenty : Et tu penses que tu arriveras à l’orgasme avec le « Starlet » ?

Natacha : Oui, c’est un peu leur promesse de vente : #OrgasmIsAHumanRight, mais ce n’est pas du tout ma philosophie. C’est complètement con de faire d’un truc intime et personnel un droit. Un droit, c’est quelque chose que l’on réclame et dans une société de droit, une société contractuelle, en poussant la chose à l’extrême, on pourrait donc faire un procès à quelqu’un, pour peu qu’il n’ait pas su remplir le contrat de départ, à savoir « prodiguer un orgasme à son partenaire ». Pas ma came, perso. Où sont les sentiments ? Où est l’humanité ? J’ai pas mal de blocages à régler, de barrières à abattre, avant d’y parvenir (pour peu que je sache l’identifier). Je ne pense pas pouvoir atteindre l’orgasme avec un sextoy, pas pour le moment en tous cas, mais il y a tant d’autres choses qu’il m’est permis d’expérimenter avec le « Starlet » et ce n’est pas parce qu’elle ne sont pas « orgasmiques » qu’elles en sont moins précieuses. C’est un peu une vision capitaliste de la sexualité. L’orgasme serait en quelque sorte le but à atteindre, le capital suprême, et chaque relation devrait nous en donner un, de plus en plus puissant, sinon, on serait sur une sexualité décroissante, donc culpabilisée et inquiète, spéculant sur nos failles égotiques et toujours plus de frustration. C’est gênant, tu ne trouves pas ?

 

 

Twenty : Bon, pour finir sur une note plus légère, que dirais-tu à une fille de ton âge pour qu’elle s’y mette ?

Natacha : Si comme moi tu n’es pas trop familière de la chose, que ce n’est pas un sujet de conversation avec tes copines, mais que tu es curieuse et aimerais essayer, au moins une fois, c’est une très bonne entrée en matière. Et surtout, petit conseil, ne laisse pas juste le truc posé sur ton clito, n’hésite pas à le bouger un peu et jouer avec les appels d’air… tu me diras merci !!

 

 

 

 

 

Par Juliette, 23 ans, qui préfère demander à ses potes de faire le sale boulot !!

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