Makala : la relève du rap vient de Suisse !

Issu de la nouvelle vague helvétique, Makala est un jeune rappeur à suivre de très près. Alexandre, notre dénicheur de bons sons hip-hop, vous le présente...
15/03/2017

 

 

Avec deux EP au compteur, cela fait 4 ans que Makala fait ses preuves. Capable de kicker sale comme d'adopter un flow beaucoup plus mélodique et allant presque dans le chant, il est -à mon sens- le futur du rap francophone.

 

Et pourquoi cela ?

 

On est le 20 avril 2016 et cela fait quelques temps déjà que j'écoute Makala. En route pour le concert d'Alpha Wann à la Gaité Lyrique, j'apprends que Makala sera en première partie. Lorsqu'il entre sur scène, très peu de gens semblent savoir qui il est mais, en un morceau, il transforme la salle en chaudron. En effet, une grande partie de la force de Makala, c'est la scène. Il n'est pas question pour lui de simplement kicker. Quitte à chanter faux, le but est d'électriser la salle. Sur scène, il se comporte comme une rock star et pousse le public à enchaîner les pogos jusqu'à ce que les batteries soient déchargées. Il s’est même créé des gimmicks propres à lui qu’il vous poussera à crier une bonne cinquantaine de fois pendant le concert. Etrangement, il connaît un bon succès sur scène dont on ne peut pas se rendre compte si l’on compte seulement ses vues et ses ventes.

 

Accompagné de son producteur Pink Flamingo et de la SuperWak composée notamment de Di-Meh et Slimka, il avance en sous-terrain. En 2015, il avait sorti son album Varaignée, un album très peu médiatisé malgré l'aspect visionnaire du projet. Le disque nous plongeait dans la tête de son auteur. Armé d'influences venant des quatre coins de la planète rap, il délivrait une œuvre complète. Entre RnB, trap ou encore cloud rap, Makala semble savoir se débrouiller avec tous les styles. Ses changements d'ambiances sont stupéfiants, il slime sur les instrus de Pink Flamingo et lâche quelques bombes par ci, par là.

 

 

Écouter un seul morceau de Makala ne suffit pas pour comprendre son état d'esprit. Il peut passer d'une ambiance western trap sur Hastalavista à un flow autotuné et très slow sur OYX3. Il fait partie de cette génération de rappeurs que l’on ne peut plus caser dans des catégories, il semble simplement marcher à l’instinct et ne s’impose aucunes barrières.

Faire du rap parait ne pas lui suffire, il pousse toujours son travail plus loin. Il ne s'agit pas de faire seulement de la musique, il cherche à faire de son crew SuperWak un empire dans le game. Cet état d'esprit, on le capte en écoutant ses paroles pleines de confiance dans lesquelles il explique qu'il ne s'arrêtera pas tant que son travail ne sera pas reconnu. Sa musique est très familiale et parfois même source d’espoir, il est rarement pessimiste et ne fait que déployer de l’amour à travers sa musique. Tout cela sans être forcément contestateur, ce qui semble l’importer n’est que sa réussite et celle de sa bande. La musique, le turn-up et les potes, vivifiant comme rap !

Makala est de ces rappeurs qui savent tout faire. Écriture, flow et défoulement sur scène, il suffit juste de plonger dans sa discographie ou d'aller à un de ses concerts pour s’en rendre compte. En plus, ça vous assure un bon gros turn-up pour pas cher (ses concerts coûtent en moyenne 10-15 euros).

 

 

En bref, watch out for Makala, il arrive fort surtout depuis sa signature chez BMG qui –j’espère- peut l’aider à trouver des moyens pour nous sortir toujours plus de belles choses. 

 

 

 

Par Alexandre Tandina, expert en sons qui bouncent

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