Adieu France

Bouleversée par la mort de la chanteuse France Gall, survenue le dimanche 7 janvier à l'âge de 70 ans, Alix, 21 ans, a pris sa plus belle plume pour rendre hommage à cette femme qui a su toucher en plein cœur plusieurs générations.
08/01/2018

 

Mon amie, ma soeur, mon idole : tu étais un peu des trois à la fois. Tu as cette force de transcender les générations, car oui même si je suis plus jeune j’ai quand même grandi avec toi, tu m’as guidé autant dans mon spleen que dans ma fureur de vivre. Les trois premières notes de « Si maman si » suffisent à m’émouvoir et les trois premières notes de « Résiste » suffisent à me faire lever de ma chaise, ta musique c’était tout ça à la fois. Tes chansons donnent une envie de crier, de danser et d’aimer sans retenue, elles contiennent cette invitation puissante à la vie libre. J’ai tellement fermé les yeux et j’ai tellement rêvé grâce à toi que je pourrai peut être y arriver. Merci pour tout ce que tu nous a donné France Gall.

 

En 1963 tu as 16 ans, une fossette, un carré blond et un grain de beauté, tu chantes « Ne sois pas si bête » pour la première fois. Dans tes premiers titres est déjà présent ce qui fera le succès et la puissance de ta musique, parmi d’autres il y a « N’écoute pas les idoles », « Laisse tomber les filles », « Sacré Charlemagne ». Mais c’est grâce à « Poupée de cire, poupée de son » écrite par Serge Gainsbourg que tu remportera l’Eurovision en 1965. Alors que tu es devenu une grande star de la variété française tu rencontres Michel Berger en 1973, vous vous mariez trois ans plus tard. C’est avec lui que tu formera ce que je considère comme le couple le plus iconique du 20ème siècle. Il écrit et il chante et toi aussi tu chantes et il chante encore, vos musiques dialoguent et résonnent entre elles, il y a parmi d’autres « La Déclaration », » Si maman si », « Viens je t’emmène », « Il jouait du piano debout », « Tout pour la musique », « Ella elle l’a… ». Dans un entretien à Libération en 2002, 10 ans après la mort de Michel Berger tu confiais, en parlant de sa chanson « La groupie du pianiste »: « La groupie du pianiste, c’est moi. J’ai été la femme et la chanteuse la plus heureuse du monde.» Alors qu’aujourd’hui tu nous quittes je t’en fais le serment : toi et moi c’est à jamais et pour toujours.

 

Par Alix Welfing, Twenty en deuil

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