The Disaster artist : l'art du fiasco

Sous le charme de cette comédie surréaliste autour du plus gros plantage d'égotrip cinématographique de l'histoire, Mélanie a décidé de vous lister les 5 raisons pour lesquelles il faut aller voir The Disaster Artist, en salles le 7 mars,
05/03/2018

 

1. C’est une histoire vraie. Même si au fond, on s’en fout, il est assez incroyable de se dire que Tommy Wiseau, loser sans âge, sans origines et sans limites financières, a produit, réalisé, écrit et joué dans le plus grand nanar de tous les temps, The Room, sorti en 2003. Les 1h44 que durent le long métrage vont de la rencontre entre Tommy et Greg dans un cours de théâtre, à la projection de The Room dans un cinema de Los Angeles. Le cout de production du film se sera élevé à 6 millions de dollars, et n’aura rapporté que 1 800 dollars lors de ses deux semaines d’exploitation. Ce n’est que plus tard, ayant acquis son statut de film culte, que les projections spéciales de minuit organisées dans des cinémas indépendants lui permettront de se rembourser cette somme.

 

2.Le coup du film dans le film. Un classique narratif, depuis La Nuit Américaine jusqu’à La Cité de la Peur, qui fascine les spectateurs en les plongeant dans un abîme méta et une position de voyeur. Les coulisses de ce mélodrame raté sont ici à se tordre de rire, fonctionnant à merveille dans les studios moites de la cité des anges, à travers certains aspects ridicules de l’industrie (pourquoi shooter en studio alors que la rue juste derrière est le même décor ?).

 

3.Le casting, pour lequel le réalisateur, James Franco himself, s’associe à son frère Dave. Tout deux à l’opposé l’un de l’autre, que ce soit physiquement ou mentalement, s’accordent pourtant sans le moindre doute. Le personnage de Tommy est grand, large d’épaules, les cheveux longs, l’allure vestimentaire à interdire d’urgence, l’accent presque incompréhensible et pense avoir du talent, tandis que celui de Greg est plus petit, blond décoloré, n’a aucun mal à se faire des amis où à avoir une petite copine, et correspond aux standards classiques de la beauté masculine. 

 

4.La dégaine de James Franco. Alias Tommy Wiseau, la paupière tombante sur son oeil droit, prêt à se taper 500 bornes la nuit sur un coup de tête pour visiter l’endroit où James Dean s’est tué en 1955, si paradoxalement effrayé par les rapports humains intimes et capable d’alpaguer un ponte d’Hollywood au restaurant alors que celui-ci dine avec une jeune femme. A la fois ridicule et touchant, susceptible de provoquer un élan du coeur comme un rejet, l’acteur confirme son talent à pouvoir aussi bien interpréter un jeune premier à la jolie figure qu’un « monstre » qui n’est pas sans rappeler la laide et timide créature de John Hurt.

 

5.La bromance, où ode à l’amitié. Scellée par un pacte « du petit doigt » durant lesquels les deux hommes se jurent de prendre soin l’un de l’autre et de ne jamais abandonner leur rêve de cinéma, le lien entre les deux acteurs principaux de The Disaster Artist s’observe comme le fil immuable qui se tend parfois, en dépit de tout, entre deux personnes totalement opposées. Derrière ce geste enfantin, empreint d’une naïveté complète et absolue, le spectateur décèle un hommage au pouvoir fédérateur du 7e Art, capable de connecter les gens entre eux au nom de leur sacro-sainte passion pour la pellicule et l’actor studio.

 

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