Benjay : "Je n’ai pas besoin de fumer ou de prendre des stimulants, pour être inspiré"

Benjay détient la recette pour être beatmaker à seulement 20 ans. De nombreux artistes lui font confiance, comme Alonzo (Finis-les, Zouker), Damso (TieksVie), Rim’k (Contrefaçon), PLK (A A A, Copine, Colis piégés, Flamenco), Barack Adama (Millions)...
10/05/2018

 

 

Twenty : Tu peux te présenter ?

Benjay : Moi c’est Benjay, je fais des prods depuis six ans. Ca va faire un an et demi que je me suis professionnalisé.

 

 

Twenty : C’est quoi la journée type d’un beatmaker de 20 ans ?

Benjay : Je me lève généralement sur les coups de 13 heures. Il existe deux cas de figure, soit je lance FL (FL Studio, un logiciel dédié à la réalisation de prods) directement et je fais une prod ; pour ensuite aller manger. Soit je chill toute la journée et je passe la soirée et la nuit en studio. Je travaille, la plupart du temps, de 13 heures à 22 heures. Je ne me lève jamais tôt. (rires) Je dors et je travaille. Je ne vois pas beaucoup de personnes en dehors. J’adore l’ambiance des studios, ça permet de rencontrer les artistes et d’autres beatmakers. Il faut savoir sortir de son home studio pour rester créatif.

 

 

 

 

Twenty : Tu en vis ?

Benjay : Depuis septembre 2016, c’est du sérieux. La musique, c’est mon métier. Je me rappelle de ma première prod, sur une PSP. (rires) J’en vis, donc. Je ne suis pas riche, mais je m'en sors.

 

 

Twenty : Etre beatmaker, ça aide à pécho ?

Benjay : Lorsque je traînais beaucoup sur Twitter, ça a bien aidé. (sourire) Mais j’ai laissé ça de côté désormais.

 

 

Twenty : Si tu n’avais pas finis beatmaker, qu’aurais-tu fais dans la vie ?

Benjay : J’aurais sûrement été coiffeur, dans un barber shop. J’aurais fait des dégradés à vie. (rires) Je me coupe les cheveux moi-même. Tout ça date de l’époque où j’allais chez les gens pour leur couper les cheveux, histoire de me faire un peu d’argent de poche. Je gagnais ma vie comme ça. J’ai même réparé des téléphones pendant un temps. J’ai toujours été débrouillard.

 

 

 

 

Twenty : Tu peux nous expliquer le circuit de distribution de tes prods, de ton PC à nos oreilles ?

Benjay : Je compose puis j’exporte la prod en MP3 pour l’envoyer par mail à des artistes. Si l’artiste accepte directement la prod, il commence à poser dessus. Dans ce cas, j’envoie les pistes, qui sont transférées à l’ingénieur du son. Vient ensuite l’étape du mix et du mastering. Et enfin, la distribution (Musicast, Believe…) reçoit le morceau et le diffuse sur les plateformes de streaming. Sans parler des leaks. (rires)

 

 

Twenty : As-tu un mood préféré pour créer ?

Benjay : Il faut que j’écoute beaucoup de sons pour être focus. Quand je suis déterminé, je suis très productif. Je n’ai pas besoin de fumer ou de prendre des stimulants, pour être inspiré.

 

 

 

 

Twenty : Benjay : Une de tes prods t’a-t-elle particulièrement marqué ?

Benjay : Une prod, qui n’est pas sortie, m’a beaucoup marqué. Elle s’appelle : « Parallel world ». C’est vraiment un autre monde. Un gros artiste a posé dessus, mais je ne sais pas si le morceau va sortir. C’est futuriste, atypique. Dans la même veine que l’instru de Finis les d’Alonzo. La prod de Contrefaçon de Rim’k aussi. Il a magnifié mon travail. Et puis bien-sûr, celle de TieksVie.

 

 

Twenty : Justement, pourquoi le morceau TieksVie de Damso, sur lequel tu es à la prod, a bien failli ne jamais sortir ?

Benjay : J’ai fait la prod, puis je l’ai envoyé à Damso. Il a directement adhéré. Il a posé très rapidement dessus. Puis vient l’extrait de 20 secondes balancé par Dems sur Instagram, qui a lancé l’attente autour du morceau. Mais un mois après, le son a leaké. Malgré la fuite, le son devait sortir rapidement. Sauf que les samples brésiliens ont retardé le processus. L’équipe de Damso a hésité, malgré le fait que les samples étaient libres de droits. Il y avait aussi autre chose derrière. Je ne sais pas pourquoi ce son a mis autant de temps à sortir. C’est dommage. Mais l’attente a pris fin !

 

 

 

 

Twenty : Quelle aura été ta réaction à la lecture de l’article : « Alonzo, les Secrets de la Création de « Finis les » » sur le site Booska-P, dans lequel Alonzo parle d’une des prods que tu lui as fournis ?

Benjay : Un peu de reconnaissance, ça fait plaisir !

 

 

Twenty : Quels sont tes projets pour cette année ? Sur quels sons va-t-on pouvoir t’entendre ?

Benjay : Tout ce que je peux annoncer, c’est qu’il va y avoir du son avec Ritchy 31 et un projet commun avec un de mes potes. J’ai aussi travaillé avec Laylow, PLK, Ash Kidd, Fidel, Barack Adama… Je me concentre vraiment sur la musique, pour l’instant.

 

 

 

 

Twenty : Tu as déclaré sur les réseaux que tu vises les 52 sons produits cette année, soit 1 par semaine, c’est jouable ?

Benjay : C’est jouable. L’an dernier, je n’ai placé qu’une dizaine de prods, en comparaison. Les placements se font en amont. Si tu veux faire une bonne année, il faut avoir charbonné l’année d’avant. Les sons peuvent mettre un an et demi avant de sortir. Les 52 prods, c’est mon challenge. Ca me motive. On en reparlera à la fin de l’année. (rires)

 

 

Twenty : Le mot de la fin ?

Benjay : Vous pouvez me suivre sur mes réseaux pour vous tenir au courant des prods qui vont sortir. Merci Twenty.

 

Pour suivre Benjay sur les réseaux : @BenjayBeatz sur Twitter et @benjay176 sur Instagram.

 

Propos recueillis par Esteban de Azevedo, 20 ans.

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