Dadju, "Je conseillerais aux gens de ne pas attendre trop longtemps avant de se marier"

Après avoir rencontré le succès avec le groupe The Shin Sekaï, le petit frère de Maître Gims s’est lancé en solo en fin d’année dernière. Rencontre avec Dadju, l’auteur de « Reine », le tube de ces derniers mois.
07/02/2018

 

 

 

Twenty : Tu peux te présenter ?

Dadju : Je m’appelle Dadju. J’ai commencé ma carrière solo en 2017. J’étais en groupe avant ça, le groupe The Shin Sekaï avec Abou Tall, au sein du label Wati B. Je suis en train de vivre une nouvelle aventure, avec un nouveau label (Polydor, Universal).

 

 

Twenty : Se construire au sein d'une famille nombreuse, force ou faiblesse ?

 Dadju : C’est une grosse force ! Je souhaite à beaucoup de gens de le vivre. C’est néanmoins un avantage qui comporte beaucoup d’inconvénients. On s’embrouille tout le temps… Ce n’est pas possible d’avoir la même vision des choses en permanence. Il faut réconcilier tout le monde, régler les problèmes. Mais les chamailleries, ce n’est pas ce qui compte vraiment. Le plus important, c’est que nous soyons restés soudés jusqu’à aujourd’hui. On est toujours ensemble. Chacun est toujours disponible pour les autres. J’espère moi aussi fonder une grande famille.

 

 

 

 

Twenty : Où te situes-tu dans la fratrie ?

Dadju : Je suis au milieu, un peu comme Malcolm. (rires) Je suis le sixième sur treize enfants.

 

 

Twenty : Es-tu un Twenty dans l’âme, malgré que tu aies dépassé la limite d’âge de 25 ans pour contribuer à notre site ?

Dadju : Oui, je suis toujours jeune. Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux peuvent témoigner que j’ai gardé mon âme d’enfant. J’aime rigoler, m’amuser. Dans mon équipe, je suis le moins sérieux. Je rigole tout le temps. Malgré le fait qu’on me demande souvent, pour mon image, de rester sérieux, je compte bien rester moi-même.

 

 

 

 

Twenty : Tu as évoqué sur les réseaux la période où tu ne pouvais pas sortir de sons, tu peux nous en dire plus ?

Dadju : J’étais chez Wati B, puis j’ai changé de label. Et avant que je puisse sortir mon album, j’ai dû passer par une longue période de transition durant laquelle je n’avais pas le droit de sortir de sons. J’aurais pu si nous étions restés en bons termes, mais ça n’a pas été pas le cas. C’est pour cette raison que j’ai créé le concept des G20 lives. Je sortais toutes les semaines un son d’une minute sur Instagram. Le premier d’entre eux fut Reine. Cette interdiction se révèle finalement avoir été un mal pour un bien. Cette épreuve m’a permis de créer une proximité avec mon public.

 

 

Twenty : Selon une étude, l’adolescence se terminerait à 25 ans, tu es d’accord avec ça ?

Dadju : Non. L’adolescence ne prend jamais vraiment fin, selon moi. Je connais des gens qui à 34-38 ans ont su garder leur fibre adolescente. Ils vivent les mêmes expérience que moi, une nouvelle fois. Ce qui leur permet d’appréhender et de ressentir différemment les choses. Ils sont posés, mais n’oublie pas pour autant de s’éclater. L’adolescence ne devrait jamais se finir.

 

 

 Twenty : Si je comprends bien, tu es toujours un adolescent ?

Dadju : Oui, dans la tête. (sourire)

 

 

 

 

Twenty : Passer des MJC à La Cigale, ça fait quoi ?

Dadju : C’est incroyable. Certaines personnes me répètent que j’aurais dû annoncer en premier lieu un Zénith, ou l’Olympia. Mais faire des vues sur Youtube, vendre des CDs, avoir des likes sur les réseaux et vendre des places de concert, c’est différent. Je n’avais vraiment aucune idée de l’impact que je pouvais avoir sur mon public. Je ne pouvais pas me douter que les gens allaient se précipiter. En voulant aller trop vite, on se brûle les ailes. J’ai donc pris soin d’éviter cela. Mon équipe et moi avons choisis de débuter par La Cigale, une scène que je connaissais déjà grâce à mon groupe. Avec Abou, nous avions pris six mois pour remplir la salle. Aujourd’hui, j’ai rempli La Cigale en dix minutes… C’est extraordinaire. D’autant plus que l’annonce de la première nous sert de base pour la suite de la tournée. C’est parfait. J’ai le meilleur public.

 

 

Twenty : Pourquoi était-ce important pour toi de faire une intro qui présente ta vie et l’album ? Comment t’est venue l’idée ?

Dadju : Ce n’était pas mon idée. Mon manager et les personnes qui m’entourent m’ont conseillé de raconter l’histoire de l’album, dire tout ce qui s’est passé dans ma vie dernièrement. J’ai raconté mon histoire en plusieurs sons. Mais l’intro résume l’album. Pourquoi je l’ai fait, pour qui, de quoi parle le projet… J’ai suivi leur conseil et j’ai filé en studio. J’ai enregistré l’intro un ou deux jours après la naissance de ma fille. L’enregistrement s’est fait de nuit, il était une heure du matin. J’ai posé instinctivement. Je me suis confié, livré.

 

 

 Twenty : Qu’est-ce qu’on se dit après avoir écouté pour la première fois la démo d’un son comme Reine, qu’on a un futur tube entre les mains ?

Dadju : Je ne me dis jamais que je viens de faire une tube. Mais je sais distinguer quels sont les titres les plus efficaces. Un tube, c’est autre chose. Ce n’est jamais l’artiste qui le choisit. C’est le public. Tu ne peux pas annoncer un tube. Ce sont les gens qui vont en faire un hit. Quand j’ai écouté Reine pour la première fois, j’ai beaucoup aimé. Je l’ai écouté en boucle, je l’ai fait écouter à mon entourage. Ce qu’il y a de spécial avec ce son, c’est que le public s’est mangé la gifle à retardement. Il faut généralement plusieurs écoutes pour saisir totalement ce que représente Reine. Les sons comme Reine ne te frappent peut-être pas instantanément, mais on ne s’en lasse pas.

 

 

 

 

Twenty : Les sonorités de Reine t’ont-elles été inspirées par un autre son ?

  Dadju : Reine, c’est un guitare-voix. J’adore ce type de titres. D’autant plus que les guitare-voix se font rares dans le paysage musical urbain. Je voulais en enregistrer un depuis que j’ai entendu Love Yourself de Justin Bieber.

 

 

Twenty : Certains conseillent aux artistes de ne pas se marier trop tôt, pour leur carrière, qu’aurais-tu à leur répondre ?

Dadju : Je conseillerais aux gens de ne pas attendre trop longtemps avant de se marier. C’est inenvisageable pour moi de mettre un mariage en suspens pour privilégier une carrière. Mais ça reste mon avis. Quand on est marié, on n'a pas le même temps à consacrer à un album. Le mariage prend beaucoup de temps. C’est vrai que ce n’est pas évident à gérer, mais le jeu en vaut la chandelle. Le mariage doit passer avant la musique, c’est une priorité. Car la musique ne dure jamais éternellement.

 

 

Twenty : Qui sont les reines de la vie de tous les jours, pour toi ?

Dadju : Il y en a plein. Il existe plusieurs types de femmes, il y a les reines et aussi les lionnes. Les lionnes, ce sont des femmes indépendantes. Une lionne, c’est une femme forte, qui peut t’emmener quelque part, t’apporter quelque chose. Les reines acquièrent ce statut en se mariant. Elles le deviennent car je deviens roi, et inversement. Et une princesse vient par la suite…

 

 

Twenty : Et comment va-t-elle, cette princesse ?

Dadju : Elle va bien. Elle crie beaucoup en ce moment mais elle fait enfin ses nuits.

 

 

 Twenty : Toi aussi, tu soutiens le mouvement #METOO ?

Dadju : Je ne connais pas bien le mouvement mais, sur le fond, je les soutiens. Je prône la défense des femmes.

 

 

 

 

 Twenty : Et si, comme tu sembles l’insinuer tout au long de ton projet, le gentleman d’aujourd’hui, serait celui qui reste, contre vents et marées, et non celui qui n’use que de la galanterie ?

Dadju : Le plus important c’est d’être présent. Que l’on porte un jogging ou un smoking. Etre un gentleman se prouve par les actes. Plus que par le discours et les apparences.

 

 

Twenty Le mot de la fin ?

Dadju : L’album marche super bien, j’ai eu de très bons retours. La tournée arrive fort. Ca me fait très plaisir que vous soyez venus m’interviewer. J’espère que cette aventure va continuer le plus longtemps possible.

 

 

Propos recueillis par Esteban De Azevedo, 20 ans.

 

Crédit photo : MM’photography

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