Julia Paul : « J’ai fait The Voice pour voir si ma musique pouvait s’exporter »

Julia Paul est une chanteuse qui nous vient tout droit de Nouvelle-Calédonie. Après avoir conquis son île, elle a conquis la France en participant au télé-crochet à succès, The Voice. Nous nous étions entretenus avec elle au moment des Francofolies.
11/01/2018

 

 

Twenty : Tu peux te présenter ?

Julia Paul : Je m’appelle Julia Paul, je suis auteure-compositrice-interprète. Je suis originaire de Nouvelle-Calédonie. J’ai monté un projet là-bas, autour de mes compositions, avec deux musiciens. Julia Paul, aujourd’hui, c’est un groupe.

 

 

Twenty : Qu’est-ce que tu aurais fait si tu n’avais pas choisi la musique ?

Julia Paul : C’est une bonne question. Je me serais essayée à plein de choses mais je pense que je serais toujours revenue à la musique. Comme l’on dit « chassez le naturel, il revient au galop ». J’ai commencé des études mais je me suis vite remise à la musique. J’ai aussi été, brièvement, animatrice à la radio. J’aurais aussi pu réaliser des projets sportifs, mais toujours en parallèle de la musique. Cette dernière est la partie centrale de ma vie aujourd’hui, j’ai envie de me professionnaliser.

 

 

 

 

Twenty : Quel est ton parcours scolaire ?

Julia Paul : J’ai fait toutes mes classes en Nouvelle-Calédonie. J’ai fait un Bac S. J’ai ensuite passé quelques mois dans une école d’ingénieurs sur Paris ; j’ai arrêté pour faire une licence d’anglais. J’ai ensuite été animatrice radio pendant deux ans.

 

 

Twenty : C’était important pour toi de rendre hommage à la musique comme tu l’as fais avec Music, de la compilation Believe in Love Riddim ?

Julia Paul : C’est vrai que c’est une thématique qui revient souvent dans mes chansons. Aujourd’hui, je donne tout pour la musique. Il peut même arriver que ma vie sociale, ou personnelle, en pâtisse. Ce thème reviendra encore, au fur et à mesure que je composerai de nouvelles chansons.

 

 

 

Tu pourrais te mettre au rap, comme tu l’as fais pour le morceau Rock the Party de DJ Djel ?

Julia Paul : Oui, le rap fait partie de mes compositions actuelles. Je laisse une place pour le rap et le Hip-Hop dans un certain nombre de mes chansons, j’aime les parties rappées. Le rap fait partie de notre univers, notre groupe.

 

 

Twenty : Pourrais-tu devenir la Nicki Minaj de Nouvelle-Calédonie ?

Julia Paul : Oui, mais avec un peu plus de naturel et moins de rembourrage… Nicki Minaj est une artiste que j’écoute, j’aime beaucoup son flow.

 

 

Twenty : Toi qui a pu apprécier les deux environnements, quels sont les différences les plus marquantes entre l’hexagone et les DROM-COM ?

Julia Paul : Le climat. C’est certain que lorsque l’on est insulaire, que l’on habite sur une île et que l’on débarque à Paris, c’est le soleil qui manque. Le soleil et la chaleur, ça fait du bien. Chez nous, l’hiver n’existe pas. Notre année est rythmée par deux saisons, une fraîche et une chaude. C’est « détente », on allait à l’école en tongs … A Paris, il manque cette proximité avec la nature. Là où j’étais, tout le monde cultive, pêche, chasse, c’est la vie sur une île. La ville comporte son lot de bons et de mauvais côtés. C’est difficile de passer à la grande ville. Mais pour la musique, c’est une étape obligatoire.  

 

 

 

 

Twenty : Où vis-tu actuellement ?

Julia Paul : J’ai fait pas mal d’allers-retours cette année. Mon idéal de vie est d’avoir une base en Nouvelle-Calédonie, où je peux composer. Et faire des scènes en France, et en Australie aussi.

 

 

Twenty : Quel est ton parcours musical avant The Voice ?

Julia Paul : J’ai eu la chance de faire un certain nombre de premières parties en Nouvelle-Calédonie. Vu que l’île est petite, une fois que tu t’es fait une place, c’est assez facile d’être présent à de grands évènements. C’est plus rapide qu’en France. J’ai enregistré des titres avec des jamaïcains et des calédoniens. La vie culturelle est assez riche mais, pour passer un cap, il faut se décider à partir. J’ai fait The Voice pour voir si ma musique pouvait s’exporter et plaire au public francophone.

 

 

Twenty : Tu as déjà pris des cours de chant ou appris à jouer d’un instrument ?

Julia Paul : J’ai commencé par apprendre la guitare, au conservatoire. J’étais un peu trop timide pour oser chanter, même si j’aimais ça. Par la suite, j’ai pris des cours de chant pendant deux ou trois ans, pour me perfectionner au niveau de la technique et travailler la respiration.

 

 

Twenty : Comment l’après-The voice s’est-t-il passé pour toi ?

Julia Paul : Je suis encore un peu dedans. Il faut du temps pour redescendre, c’est une aventure de fou, pendant toute une année, c’est incroyable. Avec mon groupe, nous avons eu une bonne stratégie. Nous nous sommes mis directement au travail. L’après-The Voice, je le vis super bien. L’après-The Voice, c’est le retour à la réalité, continuer d’avancer sur le projet Julia Paul, faire des maquettes, trouver des dates …

 

 

 

 

Twenty : Tu peux me parler de ce fameux projet Julia Paul ?

Julia Paul : C’est une rencontre humaine, nous avons presque dix ans d’écart, mais nous nous entendons super bien. Le trio s’est formé il y a maintenant deux ans. Il est composé de mon batteur Johan Cazalas, il vient du jazz, et David Le Roy, qui lui, fait beaucoup de musiques locales. Il est calédonien mais s’est exporté en France pour faire de l’électro. Moi, je viens du reggae, du Hip-Hop. Nous avons essayé de mélanger toutes nos influences autour de notre musique. Je connaissais David depuis un petit moment déjà. J’en avais marre de jouer toute seule, en guitare-voix, dans les bars. J’avais envie de monter un groupe, et j’avais entendu Johan jouer avec un autre musicien. J’ai donc proposé à David de monter ce trio, et on s’est tout de suite mis d’accord. L’idée était de participer à un coaching qui avait été organisé en Nouvelle-Calédonie par le POEMART (Pôle d’Export de la Musique et des Arts de Nouvelle-Calédonie). Nous avons été coachés par Juliette Solan, une coach scénique, pour nous aider à monter un show. Etre en groupe, ça donne de la force. Mais pas seulement, ça donne aussi une couleur à ta musique. Parce-que la guitare-voix c’est bien, mais pour des grosses scènes de festivals, il faut du contenu plus pêchu. Nous sommes contents de travailler ensemble, et nous voulons aller plus loin.

 

 

Twenty : Que va-t-il se passer pour toi maintenant ?

Julia Paul : Nous allons jouer aux Francos, rentrer en Nouvelle-Calédonie, continuer à enregistrer des maquettes. Nous avons beaucoup de morceaux. Nous allons aussi faire la première partie de Christophe Maé le 20 octobre, chez moi, et les Francofolies, en septembre, toujours en Nouvelle-Calédonie. D’ici la rentrée, nous aurons des maquettes à faire écouter à des professionnels.

 

 

 

 

Twenty : Le mot de la fin ?

Julia Paul : C’est génial de pouvoir vivre les moments que je vais vivre, des « moments musique ». J’espère que ça va continuer encore longtemps et que l’on aura l’occasion de faire d’autres belles scènes et participer à d’autres projets.

 

 

Propos recueillis par Esteban De Azevedo, 20 ans

 

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