Notre coup de coeur musical de la semaine : TEEERS !

Rencontre avec quatre garçons dans le vent, Odilon, Clément, Victor et Adrien, qui insufflent un nouveau vent de fraîcheur à la pop française ! Des sonorités sucrées, acidulées et une esthétique rétro teenage, qui nous transportent déjà en été !
05/04/2018

 

 

En attendant leur prochain concert, le 11 avril prochain, au Hasard Ludique, à Paris, Twenty vous invite à découvrir ce groupe, qui fera danser notre été !! 

 

 

TWENTY : Vous avez lancé votre groupe en 2010… est-ce qu’on peut dire que vous avez déjà huit ans de métier ?

TEEERS : Franchement, en vrai, on n’a pas du tout huit ans de métier. Ce n’était pas notre métier avant. C’est notre métier depuis qu’on a tous arrêté les études, c’est à dire depuis presque un an. Après, la musique, ça a toujours été notre passion et depuis quelques années déjà nous nous sommes rendus compte que c’était vers ça que nous voulions aller.

 

TWENTY : D’ailleurs, Adrien et Odilon, vous avez fait quelques années de prépa littéraire … comment vous faisiez pour gérer ?

Odilon : Franchement, je sacrifiais plus la prépa que le groupe. Un jour, on a fait un concert au parc Astérix, et j’ai dû rater une journée de cours. Un prof m’a dit que je devrai faire un choix, parce que ça n’excusait absolument pas mon absence. Une semaine après, j’ai arrêté la prépa.

Adrien : Oui, Odilon a lâché en milieu d’année, et moi je suis allé jusqu’au bout.

 

 

 

 

 

TWENTY : Et ces années de frustration ont donc alimenté de plus belle votre désir de ne faire que ça ?

TEEERS : Depuis qu’on a tous arrêté, on bosse différemment. On est bien plus investis. Maintenant, c’est tous les jours, du matin jusqu’au soir.

 

TWENTY : Vous composez à quatre ? Comment vous faites pour vous accorder ?

TEEERS : Dès qu’on peut, on compose à quatre et si quelqu’un est indisponible, c’est chiant mais on s’arrange. Le but, c’est d’enrichir ensemble la réflexion, de se renvoyer la balle. Notre processus est assez simple. C’est souvent Victor qui propose un premier truc, un accord, des voix… Là, par exemple, on était sur un morceau et Victor a proposé une idée d’accords… c’était bien, on les mis de côté, pour venir nourrir d’autres sons plus tard. Souvent, on travaille en faisant des ramifications entre différentes pistes et chacun apporte sa touche. Et puis, ce n’est pas parce que Clément est le batteur, par exemple, qu’il ne va s’occuper que de la batterie. Chacun peut s’approprier l’instrument qu’il veut, on n’est pas bloqués dans une seule fonction. Autre chose, on part souvent de la voix, on chante beaucoup. Nous on peut mettre beaucoup de temps à composer un morceau, parce que ce qui nous importe le plus, c’est le consensus. On s’écoute beaucoup.

 

 

 

 

TWENTY : D’où l’importance des chœurs, dans vos morceaux ?

TEEERS : Bien sûr, ça renforce l’idée qu’on est un groupe uni. En gros, c’est pouvoir tous s’affirmer sur scène.

 

TWENTY : D’ailleurs, ça n’a pas été trop dur pour Adrien d’intégrer le groupe, quand on sait à quel point vous êtes proches ?

TEEERS : Pas du tout ! La chose n’aurait pas pu se faire plus simplement et plus naturellement. On était comme un grand groupe, une bande d’amis d’enfance. Avant même qu’Adrien rejoigne les TEERS, on allait chez lui pour composer, entre potes. En plus, dans son groupe, Adrien, c’était beaucoup lui qui composait. Et puis, il est arrivé avec des idées, une façon de faire, et finalement ça nous a aussi ouvert de nouvelles perspectives de travail. Direct, ça nous a poussé vers le haut. Il faut imaginer le groupe comme des Lego… on s’emboîte bien !

 

TWENTY : Donc vous êtes un vrai boys band ? Vous avez déjà pensé à intégrer une fille ou bien vous avez peur du syndrome Yoko Ono ? 

TEEERS : Déjà, on n’est pas une formation, on est un vrai groupe, donc on ne pense à intégrer personne. Adrien, c’est différent. En plus d’être un ami, depuis toujours, il s’est pas mal occupé de notre image. Il a fait un clip, des photos… En revanche, on n’est pas contre l’idée d’avoir des guests, de faire intervenir des filles, pour avoir une voix féminine.

 

TWENTY : Qui par exemple, dans l’idéal ?

TEEERS : Déjà pas une chanteuse française. Pourquoi pas Jorjia Smith ?

 

 

 

 

TWENTY : Vous n’avez voulu chanter en français ?

TEEERS : L’anglais, c’est la langue la plus pop, et puis, c’est bien plus mélodique. On s’est posé la question à un moment, mais là, on est sûr de continuer à chanter en anglais, pour rester fidèles à nos racines. Après, pour revenir sur l’idée de s’associer à une chanteuse et une chanteuse française cette fois-ci, on aime bien Juliette Armanet et ce serait génial de pouvoir créer un son avec elle, quitte à intégrer du français, à ce moment-là.

 

TWENTY : Et pour vos inspirations, c’est les mêmes ?

TEEERS : Plus ou moins et puis c’est large, tout se recoupe. Après, chacun a ses petits kiffs personnels, mais globalement, quand il y a des concerts, on y va tous ensemble.

 

TWENTY : A la base, vous étiez plus rock que pop… est-ce que c’est le rock qui vous a fait venir à la pop ?

TEEERS : Le rock, ça a été hyper important au début. Quand tu fais de la musique et que tu as douze ans, le plus grand des kiffs c’est de faire du rock. C’était ce qui marchait, en plus, à ce moment-là. Tous nos groupes préférés en faisaient et on aimait bien faire des reprises, parfois. La première fois qu’on a joué, c’était à un anniversaire et on a joué quatre fois de suite le même morceau des Fratellis. D’ailleurs, on a encore un petit côté rock. On est quand même une formation basse, guitare, batterie, voix, avec des chœurs, comme dans les 60s. Et puis, avec le temps, c’est normal que ça évolue. Pas mal de groupes de rock se sont mis à la pop. En ce moment, on écoute beaucoup le dernier album d’MGMT, et même si leur album ne sonne pas rock, dans leur approche, on sent cette inspiration, cette façon de faire, et c’est pour ça qu’on l’aime autant. Et puis, les jeunes écoutent moins de rock, même s’il reste toujours des vieux rockers pur et dur. Enfin, on fait peut-être de la pop aujourd’hui, mais ça ne veut pas dire qu’on ne fera pas des sons plus hip-hop ou rnb demain… on ne se limite à rien !

 

TWENTY : Et cette esthétique rétro, un peu teen movie à la « 16 Candles For Sam » ou « Breakfast Club », elle est à l’image de votre musique ? C’est un full package ?

TEEERS : Notre style est venu naturellement. On s’habille sur scène de la manière que dans la vraie vie. On n’est pas là pour chercher un concept marketing. La première raison pour laquelle on fait de la musique, c’est l’amour de la musique. Bien sûr, on ne va pas nier qu’on a un peu exacerbé ce côté rétro, parce que notre influence vient de là. Et puis, chacun aime bien mettre en avant une facette forte de sa personnalité.

 

 

 

 

 

TWENTY : Du coup vous avez bien dû vous entendre avec Alice Kong, qui a réalisé le clip de « Driving on my own » ?

TEEERS : C’est en regardant le clip de Vendredi Sur Mer qu’on a eu envie de travailler avec elle. Ce qui était beau, c’est qu’elle a complètement compris notre univers et qu’elle l’a sublimé en ajoutant sa touche à elle. Sur ce morceau, ça convenait parfaitement et on lui a fait confiance. Bien sûr, on a beaucoup échangé et on a pris part au process. On a même assisté aux castings. En tous cas, ce qui nous a plu, c’est qu’elle a bien analysé les paroles, et qu’elle a su créer les images en fonction de ça.

 

TWENTY : Et cette relation un peu toxique que le clip donne à voir, elle vient d’Alice aussi, ou c’était déjà présent dans la chanson ?

TEEERS : C’est vraiment le message qu’on voulait faire passer dans les paroles et c’est en ça qu’elle a bien analysé le texte. Pour le coup, c’est un thème qu’on aime bien. L’amour 2.0, au goût du jour, avec des problèmes actuels.

 

TWENTY : Entre « Driving on my own » et « Get out », on a l’impression que vous êtes en quête d’échappatoire et de liberté… c’est aussi ce que la musique vous permet ?

TEEERS : A la base, les paroles, on les écrits surtout sur les sonorités. On écrit plus pour le son que pour le sens. Chez nous, c’est la musique qu’on met en avant. Les histoires qu’on raconte servent à voyager, au même titre que les sons. Et puis, nos textes, c’est un héritage qu’on a assimilé et remodelé. Il y a un vrai côté « American Dream », dans une logique de liberté et de légèreté, sans véritable message. C’est un truc de l’univers anglo-saxon qui nous a imprégné.

 

 

 

 

 

 

TWENTY : En 2015, votre chanson "Magical Lane" a été reprise par les Magasins U... vous l'avez pris comme un compliment ? 

TEEERS : Franchement, c'est cool. Jamais on crachera dessus. On n'avait pas la prétention de dire non. Grace à ça, on s'est rendu compte que notre musique pouvait marcher en France, parce que les Magasins U, c'est quand même très populaire. Et puis, on a pu s'acheter plein de matos.

 

TWENTY : Et sinon, des dates de prévues ? 

TEEERS : Notre première tête d'affiche, c'est le concert du 11 avril, à Paris, au Hasard Ludique et le 13 avril, à Marseille, dans un hôtel, un event privé. Mais sinon, cet été, il y aura sûrment d'autres dates ! 

 

 

 

Par Carmen Bramly, 23 ans, écrivain et déjà fan !! 

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