French Waves : l'hommage ultime à l'électro

One More Time, Love Generation et d’innombrables hits de la french touch ont bercé notre jeunesse. Julian Starke, 25 ans, s’est lancé dans une immense aventure afin de retracer dans un docu l'histoire de cette vibe unique.
22/02/2017

 

 

Grâce à French Waves, Julian Starke a voulu rendre hommage au mouvement électro qui a redoré le blason musical français des années 90 à nos jours.

Pour comprendre les fondements de ce projet, il faut revenir cinq ans en arrière avec Pain Surprises, un collectif composé d’une bande de potes de Strasbourg. Ils décident de se lancer dans l’organisation de soirées, mais pas n’importe lesquelles... on y voit débarquer des faux confessionnaux où l’on s’y fait offrir des shots de repentance, des concours de burqas mouillées, des concerts de sosies officiels... mais aussi de très bons DJ comme Kartell ou The Supermen Lovers. Chacun a sa place dans le groupe, certains s’occupent de la musique comme Jacques Auberger (aujourd’hui célèbre sous le nom de Jacques), Julian et d’autres réalisent des clips et des vidéos publicitaires, notamment pour Burlington avec un style bien particulier...

 

Puis, vient le déclic. Félix de Givry, également membre du collectif, est choisi pour interpréter, courant 2014, le rôle de Sven Love (DJ de Garage House dans les années 90, proche des Daft Punk et consorts) dans le film Eden. Julian découvre le scénario du film et très vite il est attiré par l'énergie collective qui s'en dégage. Alors qu’il a terminé son école de cinéma et monté sa boîte de production, il décide de se concentrer sur un projet qui pourrait faire le parallèle avec ce film et raconter l’histoire de la French Touch. Selon lui, il est important de s’intéresser à la transmission de ce style entre différentes générations, voir où en sont les artistes d’aujourd’hui et comment se sont transformées les fameuses raves de l’époque.

Il va donc monter ce projet en respectant sa vision et en élaborant un format transmédia. Outre un film documentaire, French Waves est accompagné d’une websérie racontant l’histoire de plusieurs hits de cette génération et d’un site web immersif. En effet, Julian veut s’adapter aux modes de diffusion actuels et souhaite une présence digitale. En partenariat avec le groupe Canal et Tsugi, une timeline retracera tous les grands épisodes de cette histoire de 1989 à 2017 sur le site. Pas étonnant, si on se rappelle qu’Alexis Bernier, Directeur de la publication à Tsugi, a réalisé le premier documentaire important sur la French Touch en 1999. Julian s’appuie sur ce pilier pour fabriquer son documentaire tout en ajoutant cette projection dans le futur de l’électro français.

 

 

Plus jeune, Julian écoute plutôt du pop-rock et passe un peu au travers lorsque Daft Punk sort Discovery en 2001. C’est avec Justice qu’il va tomber sous le charme de la French touch, estimant que le groupe français parvient à fusionner ces différentes sonorités électro-rock. Avec le documentaire, il dig (ndlr : "il creuse")  comme un fou et découvre les pépites qui ont fait cette musique. Mieux, il rencontre de nombreux acteurs de cette épopée comme Etienne de Crecy, Zdar de Cassius, Modjo, Bob Sinclar, Pedro Winter et de nombreux DJ reconnus. Néanmoins, le tournage est très binaire. Au départ, il ne tourne qu’avec les anciens. Rencontrer ses idoles de jeunesse lui font oublier la base du projet : montrer le passage de relais entre les générations X, Y et Z. Il se remet d’aplomb et décide procéder de la façon suivante : filmer les « jeunes » en action (live ou en tournée) et les « anciens » en studio, plus en mode interview.

 

 

L’anecdote sympathique du projet concerne Jacques, son ami de Strasbourg, devenu désormais un artiste aussi talentueux qu’énigmatique. Jacques, alors peu connu, aide beaucoup Julian à l’écriture du projet. Il sort ensuite son premier titre Tout est Magnifique, qui cartonne. Sa carrière décolle, mais il reste fidèle à l’aventure. Un jour, Julian est dans l’impossibilité de se rendre à une réunion en Alsace lui permettant d’obtenir des subventions afin de réaliser son film. Jacques le remplace et délivre une prestation plus que convaincante à l’oral qui permet de récolter les fonds nécessaires. Au-delà du fait qu’il est un ami du réalisateur, Jacques a sa légitimité dans le documentaire de part la place qu’il a pris sur la scène musicale française. Pourtant, lors des premiers mois de tournage, Julian nous raconte la rencontre entre Superpoze, Fakear et Jacques. Les trois ne sont pas encore des artistes très célèbres. Aujourd’hui, ce sont des stars de la jeune scène électro et Julian est fier que cela donne davantage sens à son projet.

Afin de promouvoir son documentaire, Julian sera en tournée internationale aux US, au Mexique et en Asie accompagné de Busy P, Canblaster, Jacques, Para One, Fishback et d’autres... Tout un symbole. Il se murmure même que Justice pourrait l’accompagner sur une date...

Le véritable coup d’envoi de French Waves aura lieu ce jeudi 23 février au Rex avec la projection en avant-première du documentaire suivi d’une soirée réunissant les protagonistes du projet.


 

 

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