Instagram m’a tué…

Qui n’a jamais posté sur son Insta un graffiti ou une fresque captée au détour d’une rue ? Et bien figurez-vous que c'est loin d'être une bonne chose !
19/04/2017

 

 

 

Selon Nicola Harding et Rachel E Smith,  deux étudiantes en philosophie à l’université de Manchester, cette tendance nuit au street art. Plus précisément : « La vitesse de la démocratisation de l’expression urbaine est plus importante que jamais notamment à cause des réseaux sociaux. A tel point que cette expression en oublie parfois ses racines idéologiques. » Disent-elles.

 

Depuis le début des années 2000 et l’utilisation des réseaux sociaux, il est devenu très facile pour le public de trouver et de diffuser massivement des images de graffiti, le public s’est éloigné des murs, ceux-ci se trouvant profondément dénaturés par cet abandon.

 

 « Le graffiti a d’abord été considéré comme une sous-culture à partir des années 1970-80, avec le développement de la culture hip-hop aux États-Unis. Mais les débuts du graffiti comme outil de résistance ont commencé à Paris avec l’Internationale Situationniste et les manifestations de mai 68. Le graffiti était un élément clé des protestations contre le modèle consumériste et technologique des sociétés modernes. » Avance Nicola Harding.

Elle poursuit : « Les jeunes ne s’essayent pas aux graffitis car ils peuvent satisfaire leur curiosité sur le net. Ce sont les plus anciens, les 30-40 ans, qui essayent de rendre le graff durable et viable » 

 

 

 

De l’outil de contestation et de révolte à l’outil marketing

Lorsqu’avant le grapheur marquait le plus de territoires possibles pour toucher le plus de gens possibles, il sait qu’aujourd’hui son travail sur un seul mur peut toucher des milliers d’utilisateurs grâce réseaux sociaux.

Shepard Fairey ou Banksy s’industrialisent et représentent ces artistes qui sortent de plus en plus de la rue. Ce qui permet la récupération, notamment par les marques, de cet art.

 

 

La création de lieux dédiés va aussi à l’encontre de l’esprit d’origine à Paris par exemple le long du canal Saint Martin ou dans le cadre de l’exposition permanente Art 42 dans le nord de Paris.

 

 

 

Par Eddy Dabla, 19 ans, qui n’a jamais posté de street art sur son compte Instagram.

Crédits images : Nike, iHeart

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