Twenty enquête : Les femmes ont-elles oui ou non leur place dans le quartier de la Chapelle-Pajol ?

Ce matin, à la rédac, en lisant l'article du Parisien sur le quartier de la Chapelle-Pajol, nous avons décidé d'envoyer Eileen et Lydia, nos deux reporters tout terrain, y faire un tour, pour voir si les femmes en sont vraiment exclues ?
19/05/2017

 

Un article du Parisien a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux « les femmes chassées des rues dans le quartier Chapelle-Pajol ». Dans cet article, nous pouvons lire : « Ce sont plusieurs centaines de mètres carrés de bitume abandonnés aux seuls hommes, et où les femmes n’ont plus droit de cité. Cafés, bars et restaurants leur sont interdits. Comme les trottoirs, la station de métro et les squares. (...) des groupes de dizaines d’hommes seuls, vendeurs à la sauvette, dealeurs, migrants et passeurs, tiennent les rues, harcelant les femmes. »

 

Cette description du lieu a des airs d’affaire « bar PMU à Sevran ». Souvenez-vous, il y a 6 mois, France 2 diffusait un reportage tendant à montrer qu’un bar PMU en Seine-Saint-Denis refusait l’accès aux femmes, ce que le Bondy Blog avait désamorcé. Sceptiques et voulant mener notre contre-enquête, nous nous sommes rendues ce vendredi 19 mai, dans le quartier de la Chapelle, non loin de Gare du Nord, pour prendre la température. Habitant toutes les deux en banlieue, il est rare que nous nous rendions dans ce quartier, pour la simple et bonne qu’il n’y a rien à y faire de particulier.

 

Que se passe-t-il réellement là-bas ?

 

Une atmosphère particulière

 

En sortant du métro, ce sont des dizaines d’hommes amassés autour de la station que nous croisons, mais cela ne suffit pas à constituer une quelconque menace. Nous sommes donc restées environ 15 minutes à nous promener dans le quartier. Des femmes, il y en a, mais elles ne font que passer, comme nous. Les femmes posées au café sont toujours accompagnées.

 

Au total, après notre promenade, nous avons pu compter 7 attitudes déplacées, allant du sifflement à l’interpellation physique. 7 en 15 minutes,  soit une toutes les 2 minutes.

 

Après notre petite promenade, nous nous sommes assises dans un coin pour débriefer de ce que nous avions vu, dubitatives. C’est à ce moment qu’un homme d’une cinquantaine d’année, à vélo, s’est stoppé net : « mais qu’est ce que vous faites ici ? »

 

 

« Vous feriez mieux d’aller autre part » 

 

Cet homme, que nous ne connaissions ni d’Eve ni d’Adam, s’est littéralement arrêté de pédaler tant il était étonné. « Des jeunes femmes comme vous, posées là, c’est si rare dans le coin. Ici, il n’y a que des dealos. D’ailleurs ils ont fermé le square tellement ça craint. Les flics ne peuvent rien faire, ils sont trop occupés par Vigipirate. Les types qui trainent là sont tellement dans une misère sexuelle que vous feriez mieux d’aller autre part : ne tentez pas le diable. »

 

Au final, ce quartier est juste le reflet de l’abandon des classes les plus pauvres par les pouvoirs publics. Chômage, surpopulation et insalubrité sont le lot quotidien  de la plupart des habitants du quartier.  

Alors c’est un fait, les femmes ici sont plus vulnérables que dans certains autres quartiers parisiens. Cependant, il faudrait enfin prendre le problème à la racine et prévoir des réaménagements afin de rendre le quartier plus agréable pour tout le monde.

 

 

 

Eileen Dautry, 18  ans et Lydia Menez, 20 ans

 

Rechercher

×