Yes we Cannes #1 : le home movie le plus improbable de la sélection officielle.

Notre envoyée spécial Jet Set, Alix, a été chargée de couvrir le festival. Une immersion totale dans l'effervescence et la frénésie des projections, des conférences de presse et des soirées huppées.
11/05/2018

 

 

Y-a-t-il des lépreux heureux ? #ÇaCommenceBien

 

Yomeddine est une comédie pas comme les autres, une histoire d’amitié entre un lépreux (et oui il y en a encore) et un orphelin, servis par deux acteurs non professionnels exceptionnels. Le sujet est grave mais traité d’une manière à la fois douce et burlesque si bien que le film s’avère être un feel good movie très bien mené.

 

 

Bashney vit dans une léprosie à Abu Zaabal au nord du Caire, une colonie réservée aux lépreux, endroit dans lequel il a été déposé par son père quand il était enfant et encore contagieux. Après l’annonce de la mort de sa femme Bashney décide d’aller dans le Sud de l’Egypte, à dos de son âne, pour retrouver sa famille. Le jeune orphelin nubien surnommé Obama, son complice et ami, le rejoint dans son périple. Pour les deux compagnons d’infortune commence alors une traversée rocambolesque du Nord au Sud de l’Egypte.

 

Yomeddine signifie le dernier jugement. Pour les lépreux c’est la certitude qu’ap après avoir passé une vie à être rejeté à cause de leur forme physique ils pourront enfin être jugés sur leur personne. A l’image du parcours que les deux protagonistes vont devoir affronter pour rejoindre le Sud de l’Egypte, la production du film a été laborieuse : un réalisateur et des acteurs inconnus et un sujet délicat ont rendu le financement du film difficile. C’est donc un miracle que le film se retrouve à Cannes en sélection officielle.

 

Sans volonté de démonstration politique le réalisateur, A.B Shawky, âgé de 32 ans, d’origine autrichienne et égyptienne avait la volonté, pour son premier long métrage, de faire un home movie. Il voulait parler de son pays, donner un autre visage fait justement d’une multitude de visages, de faire un beau récit de leur bataille de parias. Sur la croisette nombreux sont ceux qui lui prédisent déjà un prix au Palmares. Qu’il le gagne ou pas, pour A.B Shawky c’est déjà la promesse d’une grande carrière.

 

 

Par Alix Welfling, 21 ans, qui se demande bien ce qui l'attend aux prochaines projections... 

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