Yes we Cannes #3 : notre palmarés

Après déjà une semaine de festival, notre envoyée spécial Jet Set, Alix, a souhaité faire un premier point sur le palmarès. Voici à ce jour son top 8.
13/05/2018

 

1 / LETO,  en Sélection officielle

 


 

L'histoire se déroule à Leningrad dans les années 80 au moment où la rock est en pleine ébulition. Le jeune musicien Viktor Tsoï, veut se faire connaître. Il fait la rencontre de son idole Mike, et de sa femme Natacha. Leto raconte la  traversée de ce trio et la construction de la légende à venir car le personnage de Viktor Tsoi  va atteindre une incroyable célébrité. Inconnu en France, il était l’idole des jeunes en URSS. Plein d’audaces créatives Leto est une comédie musicale baroque nourrie par Led Zeppelin, David Bowie et Iggy Pop, un film sublime qui ravit tant par sa forme que par son fond.  Le film a enchanté la Croisette et semble déjà  être le favori malgré l'absence de son réalisateur Kirill Serebrennikov, en résidence surveillée à Moscou.
 

2 / PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE, en Sélection officielle

 


 

Le nouveau film de Christophe Honoré raconte l’histoire d’amour entre Arthur (Vincent Lacoste, génial comme d’habitude avec sa nonchalance gracieuse) et Jacques. Le premier un jeu étudiant hédoniste et le deuxième un écrivain désillusionné et atteint du VIH. Les deux hommes vont  tant bien que mal tenter de vivre leur histoire d’amour. Plaire, aimer et courir vite c’est également le récit d’une époque : 1990, le sida, Actup, les cabines PCV et les walkmans. Le film est déjà sorti en salles, courez-y (vite).

 

3l / LES ETERNELS, en Sélection officielle

Le nouveau film du réalisateur Jia Zang-Ke, grand habitué du Festival de Cannes, nous narre  l'histoire d’amour contrariée entre la jeune Qiao, fille de mineur amoureuse de Bin, un petit chef de la pègre locale de Datong. Elle passe cinq ans en prison après avoir pris sa défense lors d’un règlement de compte dont il est victime. Le film se déroule sur plusieurs années et suit le parcours de Qiao magnifiquement interprété par Zhao Tao, la muse du réalisateur. Le scénario, qui manque de rythme et ne parait pas toujours très convaincant est néammoins compensé par des plans magnifiques.

 

4/ YOMEDDINE, en Sélection officielle

 

La traversée rocambolesque, à bord d’un âne, de deux parias : Beshnay un lépreux et son ami Obama, un jeune orphelin nubien. Premier long métrage magnifique du cinéaste austro-égyptien Abu Bakr Shawky, le film est touchant sans jamais être misérabiliste et offre de très beaux moments d’émotions et d'humour. Un prix du Jury ou une Caméra d’or ?

 

5 / GIRL, Un certain regard,
 

 

Le portrait de Lara, une adolescente de quinze ans, dont le rêve est de devenir danseuse étoile. Lara s’est toujours sentie fille mais elle
est née dans un corps de garçon. Girl raconte ces deux transformations du corps qu’elle vit : les cours de danse d’une exigence énorme,
danser jusqu’à avoir les pieds en sang, et le programme de transition hormonale qui lui fera vivre une puberté de jeune fille. Tout cela
sous le regard extrêmement protecteur de son père et les moqueries de ses camarades. C’est le premier long métrage de Lukas Dhont qui n’a
que 26 ans. Standing ovation et équipe du film en pleurs à la fin de la projection. On parie sur un prix.

 

5 / L'ANGE, Luis Ortega, Un certain regard


 

 

La vie de Carlos Eduardo Robledo Puch, alias « Carlito », un jeune garçon de 20 ans avec une gueule d’ange, qui, en 1971 en Argentine, a
été inculpé pour avoir commis plus de 11 meurtres et 42 vols.
On suit donc le parcours absurde de cet adorable  malfrat. Le film traîne un
peu en longueur mais la photo (un peu dans la veine de Wes Anderson) et la qualité des acteurs parviennent à  le rendre très plaisant.
 

 

6 / RAFIKI,  Wanuri Kahiu, Un certain regard
 

Deux jeunes lycéennes kenyanes, Kena et Ziki  tombent amoureuses. Alors qu’elles vivent leurs premiers émois amoureux elles doivent se confronter à  des barrières religieuses (le poids de la tradition catholique) et politiques (leur père sont candidats et concurrents aux
élections locales). La tendresse et la douceur qui lient les deux jeunes filles contrastent avec la violence et l’hostilité de leur
entourage. Le film aborde un sujet courageux et ignoré dans le cinéma africain. Au Kenya, il est même interdit sous prétexte de «légitimation de l’homosexualité ».

 

7/ TODOS LO SABBEN d’Ashgar Farhadi .
 

Le film d’ouverture du Festival n'a pa vraiment mis tout le monde d'accord.  Malgré un réalisateur au talent plus que confirmé et un casting cinq étoiles, le film déçoit par un jeu d’acteur trop lourd du tandem Bardem-Cruz. En dépit d'une certaine maîtrise du suspens, le film vire souvent aumélodrame mielleux. On a ressenti un grand malaise quand la salle rigolait devant les scènes les plus dramatiques.
 

8 / DONBASS, Sergei Loznitsa, Un certain regard
 


 

Une dénonciation extrême du conflit entre le Russie et l’Ukraine et la prise de contrôle russe sur la région séparatiste. Les scènes sont longues et brutales jusqu’à devenir parfois insoutenables. Le spectateur est comme pris en otage par cette brutalité. Peut être qu’une trop grande sensibilité de ma part m’a empêchée d’apprécier le film. Si c’est le cas je n'étais  pas la seule. En effet nous avons été nombreux à quitter la salle un peu avant la fin.

 

 

Par Alix Welfing, depuis la Croisette.

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