David Carreira, success story franco-portugaise

A l'occasion de la sortie de son cinquième album 1991, ce vendredi 19 mai 2017, Twenty a rencontré David Carreira, le chanteur à succès franco-portugais du moment !
19/05/2017

 

David Carreira est un chanteur portugais à succès de 25 ans. Vivant entre Lisbonne et Paris, il revient en France avec le titre Domino et l’album 1991 à paraître le 19 mai. Cet album tire encore davantage parti de ses influences latines et urbaines et son premier extrait l’illustre parfaitement.

 

 

Twenty : Peux-tu te présenter ?

 

David Carreira : Je suis David Carreira, j’ai 25 ans. J’ai une double carrière en quelque sorte : je chante en portugais au Portugal et en français en France. J’ai fais 3 albums au Portugal et 1 en France pour l’instant. Mon deuxième album français sort le 19 mai.

 

 

Twenty : Comment s’est passée ton enfance, avec un père célèbre ?

 

David Carreira : Quand j’étais jeune, mon père n’était pas célèbre. Il a eu du succès assez tard, je devais avoir 13-14 ans lorsqu’il a commencé à en avoir avec le public portugais. J’ai bien-sûr finis par être le « fils de », même si j’ai toujours été assez discret à ce sujet. Je n’ai jamais crié sur les toits que j’étais son fils et j’ai fais mon bonhomme de chemin. J’ai joué au foot jusqu’à l’âge de 18 ans. Avant de faire de la musique, j’ai commencé dans le cinéma et les séries télévisées au Portugal. Mon vrai nom est David Antunes, Carreira, c’est mon nom d’artiste. J’ai commencé dans la musique en tant que David Antunes mais ils ont rapidement compris qui j’étais. Le nom Carreira m’a suivi (sourire).C’est normal, après tout, j’ai un père et un frère qui sont dans la musique. Il y avait les Jackson Five bientôt il y aura les Carreira Five !

 

 

Twenty : La chanson Rien à envier résume un peu ton enfance ?

 

David Carreira : Ce morceau parle des enfants qui ont du mal à se trouver. Quand j’avais dix ans, j’étais assez bouboule et très timide.

 

 

Twenty : Penses-tu que, comme on le fait avec Twenty, qu’il faut donner plus de crédit à la parole des jeunes ?

 

David Carreira : C’est important. Surtout pour les 16-22 ans, qui se cherchent encore. Ils réfléchissent à ce qu’ils veulent faire de leur vie et ont besoin de prendre confiance en eux. J’ai eu la chance de savoir très tôt ce vers quoi je voulais aller, même si j’ai pris une toute autre direction au final. Je voulais être footballeur mais cela n’a pas marché donc j’ai continué mes études d’économie. J’ai finis par ne faire ni l’un ni l’autre. C’est un âge très important et j’ai toujours trouvé très bizarre qu’on demande à un jeune de 18 ans ce qu’il veut faire pour le reste de sa vie. C’est très tôt et même si le système scolaire essaie de t’encadrer, de te conseiller, c’est difficile. C’est une période compliquée qui nécessite des choix de leur part, c’est donc important de leur donner la parole. Twenty s’approche de cet objectif là, comparé aux médias traditionnels où des mecs de 40 ans écrivent pour des jeunes de 18 ans.

 

 

Twenty : Comment te sens-tu à 20 ans en 2017 ?

 

David Carreira : Je suis dans l’âge de la transition, à mi-chemin entre la vingtaine et la trentaine. Par rapport à ceux qui ont tout juste 20 ans, je suis, dans ma vie, à une étape quelque peu différente. Mes projets commencent à se concrétiser. Je vais sortir mon cinquième album, la musique commence à me donner une stabilité que je n’avais pas il y a trois ans. J’ai maintenant dans l’idée de construire une carrière à long terme. J’ai envie de me réaliser dans ce que j’aime et en vivre. Je veux créer librement et m’amuser. Je commence un petit peu à vieillir.

 

 

Twenty : Y-a-t-il des différences entre la société française et la société portugaise selon toi ?

 

David Carreira : La température déjà ! Plus sérieusement, au Portugal, il n’y a pas de métropole à proprement parler, les gens sont donc plus détendus et plus chaleureux. Au niveau de la société c’est plus ou moins la même chose. Malgré tout, il y a en France une vraie culture musicale, un vrai marché de la musique. Ce dernier finit par s’inspirer de lui-même, même si l’on va chercher beaucoup de choses aux Etats-Unis, entre autres. Des modes créées en France n’arriveront jamais au Portugal par exemple. Ces tendances là peuvent par contre s’exporter aux US.

 

 

Twenty : On parle beaucoup d’identité nationale ces derniers temps, tu te sens autant français que portugais ?

 

David Carreira : Je suis vraiment un mélange des deux. Je préfère vivre à Lisbonne qu’à Paris par rapport au climat mais culturellement je suis très proche de la France. De par les papiers, je suis portugais je n’ai pas encore été demander ma carte d’identité française. Mais vu la situation, je pense qu’il va falloir que je le fasse très bientôt… Je ne sais pas vraiment comment cela s’est passé,  je n’ai pas la nationalité française pour l’instant, bien que j’ai le droit de l’avoir étant né ici en 1991,  il y avait encore le droit du sol. Je suis retourné au Portugal à l’âge de 10 ans.

 

 

Twenty : Penses-tu pouvoir concilier tes deux identités avec un album international ?

 

David Carreira : J’y pense de plus en plus. On commence doucement avec cet album. Il y aura des versions de certains titres en portugais que l’on exportera au Portugal ainsi que des duos avec des artistes brésiliens, angolais, d’Amérique Latine, d’Argentine etc… 

 

 

Twenty : A l’écoute du premier extrait Domino, on sent d’ailleurs davantage les influences portugaises que sur l’album précédent …

 

David Carreira : J’ai davantage écrit sur ce projet. L’écriture c’est quelque chose qui prend du temps. J’ai toujours été habitué à écrire et faire des mélodies à partir du portugais, mais en français cela nécessite de l’entrainement. En français, l’accent est mis sur les mots alors qu’en portugais c’est plutôt sur le groove. J’ai donc pris plus de temps pour cet album. Je suis présent au niveau de l’écriture et des mélodies et pour certains titres je l’ai été à 100%. C’est pour cela qu’à l’écoute on entend davantage de portugais, de latin. Les prods aussi sont plus orientées reggaeton, avec de la guitare etc…

 

 

Twenty : Tu envisages de reprendre ta carrière d’acteur ?

 

David Carreira : Non pas pour l’instant. Je me concentre à 100% sur la musique. J’aime quand même faire de petits projets de temps en temps. J’ai récemment fait du doublage pour le film d’animation Trolls au Portugal, ce n’était pas vraiment du travail pour le coup, c’était très amusant.

 

 

Twenty : Tu aimes aussi la danse et le spectacle … la scène synthétise tout ce que tu aimes en fin de compte….

 

David Carreira : Oui c’est ça. La meilleure partie du métier c’est la scène. Etre en studio et créer c’est super, mais il ne faut pas oublier que c’est avant tout pour le partager avec le public. Il n’y a rien de mieux qu’être sur scène et voir tout le monde reprendre les paroles de tes titres. C’est surtout sur scène que je m’éclate. Et contrairement à ce qu’on peut lire sur ma page Wikipedia, je ne fais pas de magie !

 

 

Twenty : Tu as déjà collaboré avec des artistes comme Snoop Dogg, Sultan, Dry et Leck, tu affectionnes les sonorités urbaines ? Quelles sont tes autres influences ?

 

David Carreira : J’écoute presqu’exclusivement de la musique urbaine, et cela se voit dans mes featurings. J’écoute beaucoup Drake, The Weeknd, Tory Lanez actuellement ; à une époque beaucoup de Travis Scott aussi. Mais j’apprécie d’autres artistes, j’aime beaucoup Ed Sheeran par exemple. En France j’écoute un peu de tout, je me renseigne sur ce qui se passe, PNL, Joke, Mac Tyer, et Maître Gims sont des artistes que j’aime écouter. J’affectionne également la musique latine.

 

 

Twenty : A l’écoute de Boom et Domino on comprend que tu as eu des relations compliquées, le fait de les mettre en chanson a-t-il été thérapeutique pour toi ?

 

David Carreira : Oui bien-sûr. J’ai des titres qui sont plus personnels que d’autres. Je finis forcément par raconter ce que des amis ou moi avons vécu. Rendre une histoire virale en la racontant dans une chanson peut aussi te permettre de prendre une petite vengeance (sourire). J’ai déjà lancé de petites piques sur certains morceaux, c’était drôle. Mais ce n’est pas le cas de Domino. Domino parle du côté ange et démon présent en toute femme. C’est une question de pourcentage, certaines filles ont un côté manipulateur et s’en servent avec les mecs. Il y aura beaucoup plus de titres personnels sur ce nouvel album, comme le titre pour ma mère : Maman j’ai pas les mots. C’est la première fois que j’écris pour elle.

 

 

 

 

Article rédigé par Esteban De Azevedo suite à l’interview chez Warner Music Paris le 25 avril 2017.

Crédit photos : Lydia Ménez

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