Heis, le film 100% système D d'une jeunesse qui en veut !

Twenty a rencontré Anaïs Volpé, réalisatrice du très réussi Heis, un premier long métrage DIY sorti en salle le 5 avril.
07/04/2017

 

 

A l’occasion de la sortie en salle de son premier long métrage Heis, j’ai rencontré sa réalisatrice, Anaïs Volpé, 28 ans. Mais Anaïs Volpé exerce ses talents dans bien d’autres domaines. Elle est en effet à la fois scénariste, réalisatrice, plasticienne et actrice. Originaire de Toulouse, elle arrive à Paris à 17 ans pour s’initier au théâtre. Elle se lance ensuite dans le cinéma en apprenant le montage à travers des tutoriels sur youtube. Elle réalise alors son premier court métrage, BLAST, en 2012.

Heis est son premier long métrage, il a été récompensé dans plusieurs festivals internationaux (Los Angeles Film Festival, Festival International du Film Indépendant de Bordeaux -FIFIB-, International Film Festival of Rotterdam -IFFR-, Premiers Plans d’Angers). Une moisson de prix qui a permis au film de sortir en salle.

 

 Le film donne à voir l’histoire de Pia, 25 ans, (interprétée par Anaïs Volpé) une jeune fille très déterminée qui se bat pour se réaliser en tant qu’artiste. Désespérée après une accumulation de difficultés, elle doit retourner vivre dans sa famille avec son frère jumeau et leur mère. Elle veut revenir pour mieux rebondir mais son frère jumeau, Sam, n’envisage pas la vie sous le même angle et ne tolère pas les élans d’indépendance de sa soeur.

 

Heis est venu « d’une urgence, d’un besoin nécessaire » confie Anaïs. Elle voulait que son long métrage soit entièrement labellisé "système D", un film indépendant produit de manière autonome, avec trois bouts de ficelle. C’était ce qui lui paraissait le plus cohérent: « faire un film avec très peu de moyen pour parler d’une jeunesse qui galère. » Quand on regarde le film on a l’impression que c’est un documentaire ou un témoignage, mais tout le projet est une fiction avec un scénario et des acteurs.

 

En grec, Heis signifie l’un, l’unité, l’épanouissement personnel. C’est l’équilibre suprême auquel on essaye tous d’accéder entre l’amour, l’argent, la famille et la santé. Pia est partagée entre plusieurs contradictions: elle veut réussir sa vie, mais elle a des problèmes de thune, elle aimerait pouvoir s’émanciper de sa famille mais elle culpabilise à l’idée de les quitter.

 

 C’est aussi le portrait de notre génération que la réalisatrice a voulu dépeindre. On pourrait tous se reconnaitre dans les dilemmes et les interrogations de Pia. Quand je demande à Anaïs si elle a voulu donner une certaine vision de la jeunesse dans son film elle me dit que non, que son film est juste parti de sa propre envie d’exprimer des choses sans trop se poser de questions. Quand elle me parle de notre génération, elle évoque  « une  jeunesse ultra volontaire qui a cette envie de faire des métiers très difficiles avec une offre d’emploie réduite. C’est une jeunesse qui ne lâche rien : on est prêt à trimer pour obtenir ce qu’on veut. C’est une jeunesse débrouillarde, qui s’accroche et qui sait faire des sacrifices ». Le film nous montre cette réalité, certes dure mais pleine de courage et d’espoir.

 

Avec justesse, le film donne à voir ce trop-plein d’énergie, cette multitude d’informations à laquelle nous sommes confrontés en permanence. Dans le cerveau de Pia c’est très frénétique. « On est une jeunesse sur-sollicité » souligne Anais et Heis, à l’image de cette jeunesse, est un film qui transpire ce combat qu’est la vie. Quand je demande à Anaïs ce que ça signifie, pour elle, d'avoir 20 ans en 2017 elle hésite: « c’est  avoir du courage, c’est faire des sacrifices » et finit par me répondre que « c’est savoir repousser ses limites pour accéder à des choses simples. »

 

Heis, on l’aura compris, est un film audacieux et réussi. Il sort en salle le 5 avril.

 

 

Par Alix Welfling, 20 ans, étudiante en philosophie et élève dans une école de théâtre.

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