Les 10 meilleures scènes de plage de la littérature #6

Le ciel bleu et le sable fin vous ennuient déjà ? Twenty a réuni pour vous les dix meilleures scènes de plage de la littérature, histoire de vous donner un peu d’inspiration, pour booster vos vacances !
10/08/2017

 

 

L’étranger, Camus, 1942/ AKA : Trilogie de l’absurde

 

 

Le pitch : Un texte rugueux, comme du papier de verre frotté sur vos émotions.

L’incipit du roman présageait déjà un abîme émotionnel, presque autiste. « Aujourd’hui, Maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas ». Une ouverture qui se passe de commentaire, n’en déplaise à mes anciens professeurs de français.

Meursault vit à Alger, où, après la mort de sa mère, il s’éprend froidement de Marie, une jeune dactylo.  

 

C’est pour qui ? : Les nihilistes

 

Ça va inévitablement vous faire penser à : Un fait divers un peu glauque ou à Bartleby, la nouvelle de Melville.

 

La scène fétiche : Un dimanche après-midi, avec Marie, Meursault se rend chez des amis, Raymond et Masson. Après un déjeuner arrosé, Raymond et Masson invitent Meursault à longer la plage, le temps d’une promenade. Sur leur route, ils croisent deux Arabes. L’un d’entre eux est le frère de la maîtresse de Raymond. Une bagarre éclate alors. L’un des arabes sort un couteau et blesse Raymond au visage. Plus tard dans la journée, Meursault retourne sur la plage. La chaleur se fait insupportable et notre protagoniste progresse comme un désaxé sur le sable. « A cause de cette brûlure que je ne pouvais plus supporter, j'ai fait un mouvement en avant. Je savais que c'était stupide, que je ne me débarrasserais pas du soleil en me déplaçant d'un pas ». Il croise alors à nouveau les deux arabes. L’un d’eux sort un couteau, dont le reflet aveugle Meursault. « La lumière a giclé sur l'acier et c'était comme une longue lame étincelante qui m'atteignait au front »Un filet de sueur lui dégouline au coin de l’œil, et ébloui par le reflet du soleil sur la lame, Meursault tire de sa poche le revolver que Raymond lui a confié. Une balle part. L’arabe s’effondre. Sans raison apparente, Meursault tire quatre autres coups sur le corps inerte du garçon. « C'est alors que tout a vacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m'a semblé que le ciel s'ouvrait sur toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon être s'est tendu et j'ai crispé ma main sur le revolver. La gâchette a cédé, j'ai touché le ventre poli de la crosse et c'est là, dans le bruit à la fois sec et assourdissant, que tout a commencé. J'ai secoué la sueur et le soleil. J'ai compris que j'avais détruit l'équilibre du jour, le silence exceptionnel d'une plage où j'avais été heureux. Alors, j'ai tiré encore quatre fois sur un corps inerte où les balles s'enfonçaient sans qu'il y parût. Et c'était comme quatre coups brefs que je frappais à la porte du malheur ». Une scène de plage qui aura fait couler beaucoup d’encre. Pour ma part, je vais vous laisser lire et relire ces quelques lignes…

 

 

 

 

 

Par Carmen Bramly, 21 ans romancière 

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