Saturday Nike Fever #3 : Funky Family (part 2)

A l'occasion de l'anniversaire des mythiques Nike Air Force One, une poignée de Twenty se sont emparés du sujet pour rendre hommage à ces véritables icônes pop !
01/12/2017

 

 

5 - Lou Menais, 24 ans, co-créatrice de la marque Jour/né

 

 

C'est quoi les Air Force One pour toi ?

Pour moi, elle est white on white, low ou middle. Mais elle est surtout neuve. C'est Nelly en 2002, c'est l'été qui revient… c'est plein de souvenirs et de références. C'est surtout l'odeur de mon adolescence.

 

Parle moi de ta première paire : où tu l'as achetée ? pourquoi ?

Ma première Air force je pense que je l'ai acheté chez FootLocker, celui qu'il y avait à Bastille à l’époque. Je devais être en 6ème ou 5ème. C'était la grande époque du « matching », il s'agissait d'assortir la paire à la couleur de l'ensemble peau de pêche, à la couleur des boucles d’oreilles. Tout un truc. C'était tellement bien. Je me souvient avoir longuement hésité à acheter une all white puis finalement j'en ai pris une noir et rose.

 

C’est quoi ton premier souvenir avec des Air Force One ?

J'ai une anecdote très drôle : je suis allée faire mon premier "running" avec toute l'équipe du Paris Running Club, c'était il y a bien 10 ans… C’était la première fois et j'avais très peur de ne pas assurer. J'avais dit à une copine "non mais j'ai pas de paire pour courir" - ce n'était pas du tout encore la grande mode des paires de running. Chez moi j'avais des Air Force, des Air Max, des Jordan mais rien pour courir. J’ai fini par y aller avec ma Air Force, et là le drame : les baskets beaucoup trop lourdes, je me perd dans les Buttes Chaumont, tout le groupe m'attend.. un sketch. c'est mon souvenir le plus traumatisant avec ma Air Force.  Mais le sentiment de la paire « fresh out the box » est toujours satisfaisant. C'est comme le Big Mac, on peut se trouver à n'importe quel coin du monde, à n'importe quelle heure, ça aura toujours la même odeur.

 

 

 

Parle moi de ta paire : qu’est ce qui t’as poussé à collaborer avec Nike sur ce modèle et pas un autre ? C’est une paire qui raconte une histoire, tu peux nous la raconter ?

Cette paire je l'ai faite avec Léa et Jerry mes associés sur JOUR/NÉ pour notre défilé SPRING SUMMER 2018. Nike et JOUR/NÉ c'est une grande histoire d'amour depuis nos debuts. La Air Force c'est un classique et une paire assez masculine. Plus jeune, j'étais toujours frustrée de ne pas pouvoir trouver ma taille. Parfois j'avais un peu de chance et si la paire n'existait pas en « womens size » je pouvais la trouver en « big kids ». J'espère pouvoir rendre jaloux quelques mecs bientôt, avec des Nike for women qu'ils chercheront à tout prix en leur taille ! L'imprimé en soie c'est un imprimé que l'on a développé pour la saison, on a essayé de rendre la paire luxueuse grace à la soie appliquée, féminine grâce aux couleurs et dans un esprit un peu 70’s avec des formes psychédéliques et fleuris.

 

 

Qu'est-ce qui rend la Air Force One indémodable d’après toi, même après 35 ans ?

La Air Force One est indémodable car des gens qui savent ce qu'est la mode la remettent, à un moment donné, au goût du jour : ça passe de Jay Z à une époque, à Asap Rocky pour une autre... C'est une paire qui veut dire beaucoup de choses, elle reviendra toujours.

 

 

 

 

6- Moriba Koné, 30 ans & Steven Alexis, 24 ans, fondateurs de la marque Applecore

 

 

 

C'est quoi les Air Force One pour toi ?

Un classique à vie, mais une paire de basketteur avant tout.

 

Parle moi de ta première paire : où tu l'as achetée ? pourquoi ? avec qui ? qu'est-ce qui t'as poussé à l'acheter ?

Ma première paire on me l’a donné, un pote moi allait les chercher à l’étranger pour les revendre en France et m’en a donné une au passage.

C’est quoi ton premier souvenir avec des Air Force One ? C’était des full white. Je me souviens comment c’était une galère de les garder blanches à l’école, mais ça ne m’empêchait pas de jouer au foot avec. Je passais des heures sur internet à chercher des produits miracles pour les faire retrouver leur blancheur.

 

Qu'est-ce qui rend la Air Force One indémodable d’après toi, même après 35 ans ?

C’est une paire qui vient de la rue, des terrains de basket. Elle fait partie de la culture.

 

 

Parle moi de la paire que tu portes : qu’est ce qui t’as séduit ? pourquoi celle là et pas une autre ?

La AF1 low est ma préférée, des full white comme à l’ancienne. Confortable, passe partout.

 

 

C'est quoi la Air Force One pour toi ?

La paire que je voyais dans les clips de rap US sur MTV. C’est aussi une force marketing. Elle pousse à être à l’affut de la nouvelle collab’, du nouveau modèle, du nouveau coloris. Elle est très liée à la culture rap et basketball des États-Unis, et pour moi qui ai baigné dans cette culture fin 90’ et 00’, c’était une paire emblématique.

 

Parle moi de ta première paire : où tu l'as achetée et pourquoi ?

J'ai attendu longtemps avant d'avoir la mienne. Je l’ai acheté durant un voyage à New York chez Foot Locker avec des potes en 2013. Je voulais récupérer la AF1 Mid blanche classique. C’était dans la période ou elle était remise au goût du jour par A$VP Rocky. Mon grand frère en avait mais je n’avais encore jamais eu l’occasion d’avoir la mienne, je me suis dit que j’allais la garder collector.

 

Moriba Koné

 

C’est quoi ton premier souvenir avec des Air Force One ?

Je squattais les paires de mon frère pour aller jouer au basket en playground. Une paire iconique que j’ai bousillé sur des terrains de basket...

 

Parle moi de la paire que tu portes : pourquoi celle là et pas une autre ?

C’est la Air Force emblématique qui me rappelle les terrains de basket. Le genre de paire que tu peux garder tout une vie.

 

Qu'est-ce qui rend la Air Force One indémodable d’après toi, même après 35 ans ?

Son histoire, qui place le contexte comme allant au delà du produit en soi. Elle est intimement liée à la vibe d’Harlem, aux rappeurs et businessmen comme Jay-Z, Damon Dash, The Diplomats, A$VP Rocky qui ont marqué plusieurs générations. Son modèle épuré white on white et toutes les éditions spéciales et limitées prisées par les collectionneurs et les fans l’ont placée au rang d’incontournable.

 

 

 

7 - Thibaut de Longeville, 43 ans , réalisateur et producteur de films, directeur de la société 360 creative &
co-producteur du tournoi de basketball « Quai 54 »

 

 

 

 

 

C'est quoi les Air Force One pour toi ?

C’est une chaussure de basket culte, dont la légende s’est plutôt forgée dans la rue que sur les parquets. C’est le modèle le plus vendu de l’histoire de Nike, mais son succès a longtemps échappé au contrôle de la marque qui l’a créée. C’est l’une des premières chaussures Nike à se voir adopter par un public à qui elle n’était pas du tout destinée, qui s’en sont emparés et en on fait leur propre modèle à travers les âges. Passée des terrains de baskets aux playgrounds, puis prisée par les voyous et les gens de la rue, utilisée comme toile vierge par les customiseurs, devenue symbole d’appartenance à la culture Hip-Hop, classique du style new- yorkais, puis porte-drapeau communautaire, accessoire de mode, signe extérieur de richesse et j’en passe... elle a eu 1.000 vies et compte aujourd’hui plus de 2.000 éditions différentes à son actif. On a fait des morceaux de rap et des albums dessus, on en a fait des tableaux de peinture, elle est le sujet d’épisodes de série télés, il y a un même un français qui a fait un documentaire entier dessus : moi !

 

 

 

Parle-moi de ta première paire : où tu l'as achetée ? Pourquoi ?

Ça va paraître drôle pour quelqu’un qui a réalisé un documentaire entier sur la Air Force 1 et travaillé sur plusieurs projets autour de ce modèle, mais je n’en étais pas trop fan quand j’étais plus jeune. Je n’ai eu ma première paire que vers 25/26 ans. C’était une paire de AF1 “Orca” que j’ai achetée lors d’un voyage à Los Angeles. Je mettais pas du tout de Air Force 1 à l’époque, c’est un copain qui en était fou qui m’a poussé à les prendre. Elles étaient toutes blanches, avec juste le talon noir. Je portais très souvent du noir & blanc, donc ça allait bien dans mon style. Le fait de n’avoir un marquage que sur le panel du talon arrière était très original pour l’époque, limite radical. C’était une des premières AF1 designées par le japonais Hiroshi Fujiwara, qu’on commençait à connaître comme un maître de ce type de collaborations. Pour l’époque, c’était un peu l’équivalent des AF1 Off-White ou Acronym. C’est la première paire qui m’a conquis, et j’aime toujours beaucoup ce modèle et ce concept de blocking du talon.

 

C’est quoi ton premier souvenir avec des Air Force One ?

Je les voyais quand j’avais 15/16 ans sur des pochettes de disques ou dans des magazines aux pieds de certains de mes artistes rap préférés: Eric B. & Rakim, Biz Markie, Rob Base & EZ Rock, etc. à la fin des années 80, début des années 90. À cette époque elles n’étaient pas du tout disponibles en France et même aux US. Elles n’étaient pratiquement portées que par les connaisseurs et gens très pointus de la communauté Hip-Hop new-yorkaise. C’était tout sauf mainstream.

 

Parle moi de la paire que tu portes: qu’est ce qui t’a séduit ? Pourquoi celle-là et pas une autre ?

C’est la Air Force 1 UltraFlyknit Low “Quai 54”. Je suis impliqué depuis 15 ans dans l’organisation d’un tournoi de basket à Paris qui s’appelle Quai 54, sponsorisé par Nike et Jordan Brand. Nous collaborons avec les deux marques sur des éditions séries limitées de chaussures, dont cette paire. Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir des Air Force 1 avec son logo dessus. C’est une vraie fierté pour moi, et j’adore les porter.

 

 

Qu'est-ce qui rend la Air Force One indémodable d’après toi, même après 35 ans ?

Plusieurs facteurs. Comme pour les quelques autres chaussures de sport qui ont traverse les époques et sont devenus des classiques de ville voire des icônes de design comme les Stan Smith, les Dunks, les Cortez, les Air Jordan 1 et quelques autres silhouettes de ce type. c’est la simplicité et la pureté du design qui transcende les genres, les époques et les modes. La Air Force 1 a ce côté à la fois assez distinct avec l’épaisse semelle, mais toujours passe-partout, s’accorde avec tout. Avec la division de l’empeigne en 3 panels qui présente 3 surfaces “coloriables” à souhait, c’est un modèle déclinable à l’infini. Avec ses 2.000 versions différentes à date, elle n’a aucun équivalent dans l’univers de la chaussure de sport ou de la mode, à part la Converse All-Star, qui est le seul autre cas comparable. C’est la reine des baskets.

 

 

 

Photos : Léa Farran, 20 ans

Texte  : Léa Farran, 20 ans

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