Pourquoi je ne voterai pas Macron

Après avoir vu ses candidats favoris se faire balayer au premier tour de l’élection, Myriam, 19 ans, a pris la décision de ne pas répondre positivement aux appels pour un "Front Républicain". Elle nous dit pourquoi.
24/04/2017

 

 

Hier devant ma télé, comme tout le monde, j'ai entendu François Fillon, Hamon et autres compères parler de “front républicain face à Marine Le Pen” et croyez-le ou non, ça m’énerve.

 

Alors, avant de me sauter dessus, je vous rassure, le FN représente tout ce que je déteste et plutôt mourir que de glisser un bulletin Le Pen. Et pourtant, je voterai blanc au second tour (par pitié, lisez-moi avant de me taper).

 

Hier, le ou les candidats en qui j'avais espoir ne sont pas passés au second tour. Une défaite que j'avais tristement vue venir et à laquelle je m'étais préparée. Logiquement, dès lors, le réflexe de tout citoyen pas trop raciste, xénophobe, homophobe, islamophobe ou antisémite, c'est de suivre de façon pavlovienne les consignes de vote et donc de mettre dans l'urne un bulletin Macron pour faire barrage au FN.

 

Et bien, pardonnez-moi mais je trouve qu'on perd tout le principe du vote démocratique.

 

Quelle légitimité a une électrice comme moi qui a passé des mois à critiquer sans relâche le programme de Macron de voter pour lui car ce serait “le moins pire” ? Je trouve ça extrêmement triste que l'acte citoyen et démocratique du vote soit réduit à glisser le nom d'un type qui me dégoûte profondément pour faire barrage à une femme qui a plus de haine que le corps humain ne peut en contenir.

 

En fait, ça m’énerve qu'on me dise pour qui voter, et ça me saoule au plus haut point de voir des ex-candidats de tous bords parler d'alliance face au FN alors que si le FN est aussi haut dans les résultats, c'est en premier lieu de leur faute. De plus, ce « barrage républicain » ne fait que renforcer la conviction des électeurs FN qui se sentent marginalisés par notre pays, et qui perçoivent en Marine le porte-voix des oubliés du système.

 

En fait, arrêtez de nous demander de faire barrage au FN. La solution ce n'est pas de faire barrage au FN, la solution c'est de comprendre pourquoi les gens en sont arrivés à un tel point de haine et de rejet de la politique qu'ils en viennent à voter pour Marine Le Pen.

 

Je suis consciente de mon acte, et de sa gravité au vue de la situation, mais je ne peux pas trahir mes convictions. Je n'ai aucune envie de choisir mon bourreau, Le Pen ou Macron, Macron ou Le Pen, comprenez que ça ne me fait ni chaud ni froid. Alors oui, parfois il faut mettre ses convictions de côté, oui Le Pen serait un enfer pour notre pays, mais je suis trop honnête avec moi-même et voter blanc me semble être la seule issue. 

 

Par Myriam Attia, 19 ans, électrice new-school

Rechercher

×