Rencontre du troisième sexe

Ce n’est pas la première fois que l’on parle d’évolution du troisième sexe, mais celle-ci semblerait la bonne. L’Allemagne est en passe de devenir le premier pays d’Europe à légaliser le troisième sexe. 
10/11/2017

 

 

Que s’est il passé en Allemagne ? 

La plus Haute Juridiction allemande a exigé la légalisation d’un troisième sexe sur les actes de naissance. La Cour Institutionnelle quant à elle a ordonné la légalisation de celle ci d’ici le 31 décembre 2018. L’Allemagne avait déjà proposé une évolution des genres, puisque depuis 2013, les parents allemands n’étaient pas dans l’obligation de remplir les champs relatifs au sexe du bébé, abandonnant à l’enfant la responsabilité de noter son sexe ou de laisser la case vide. 

 

 

Comment l’Allemagne en est arrivée là ? 

L’année dernière, la Cour Fédérale de Justice (CFJ) avait refusé d’aller plus loin et de reconnaître officiellement le troisième sexe. Cette même instance avait refusé à une personne le titre de troisième sexe. Défendue par une association luttant pour cette légalisation, elle s’est alors tournée vers la plus haute juridiction : la Cour Constitutionnelle. En apportant des preuves irréfutables, les juges ont pu analyser les résultats chromosomiques n’appartenant à aucun genre légal jusque là. (homme ou femme)

 

 

Quels changements ? 

Il sera possible d’ici fin 2018 de signer un acte de naissance d’un bébé appartenant au troisième sexe, c’est à dire n’appartenant ni au genre féminin, ni au genre masculin. De plus, la juridiction incite les députés à introduire dans les documents concernés une mention comme « inter », ou « divers », ou tout « autre désignation positive du sexe ». 

 

 

Et en France alors ? 

En mai 2017, la France a rejeté la mention d’un « sexe neutre » en réponse à la demande d’un individu ayant été élevé comme un homme jusque là. En 2015, l’homme âgé de 67 ans aujourd’hui avait obtenu l’accord d’indiquer la mention « sexe neutre » sur son état civil par un juge chargé des affaires familiales à Tours. Toutefois, la Cour d’Appel d’Orléans avait décidé de rejeter cette décision. Un circulaire existe néanmoins en France et permet aux parents d’enfants intersexués de ne pas choisir leur sexe jusqu’à ce qu'ils atteignent l'âge de deux ans. En 2016, l’ONU avait condamné le pays à plusieurs reprises pour opérations chirurgicales visant à donner un sexe à des enfants intersexués avant l’âge indiqué.

 

 

Dans les autres pays, ça se passe comment ? 

En Australie, le « genre neutre » est reconnu par le droit depuis 2014 et apparaît sur les documents administratifs. Il est attribué à toute personne intersexuée qui en fait la demande, et ce après examen du dossier médical, ce qui peut prendre parfois beaucoup de temps. Dans les pays asiatiques, quelques pays ont reconnu ce troisième genre. En Malaisie, au Népal ou en Thaïlande, on reconnait l’existence d’un « troisième sexe ». Cependant, là-bas, contrairement aux pays occidentaux, on ne reconnait pas uniquement les personnes intersexuées, mais également toutes celles transgenres et transsexuelles. 

 

Par Marine Sabourin, 18 ans, étudiante 

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