Ces faux clichés sur le foot féminin

Le football féminin serait moins spectaculaire et moins technique que son double au masculin... Vincent a choisi une bonne fois pour toute de tordre le cou à ces idées reçues !
12/02/2017

 

Le football féminin n’est pas technique

Comme sur le plan physique, ou athlétique, on sous-estime les joueuses par rapport à leurs homologues masculins. Si Messi, Ronaldo, Neymar et autres font virevolter la tête des fans et des amateurs de foot par leurs grigris, ils ont aussi de la concurrence chez les filles.  A l’image d’Amel Majri : La joueuse de l’Olympique Lyonnais possède une technique balle au pied bien supérieure à la moyenne, et qui lui permette de réaliser de beaux gestes, en match ou à l’entraînement. 

 

Voici deux exemples de jolis gestes réalisés par des femmes : 

Match France-Roumanie 

A l’entrainement avec les Bleus 

L’univers du foot féminin est plus feutré que le monde masculin

On connaît Mario Balotelli, le bad boy italien arrivé à Nice cet été, Maradona et ses problèmes de cocaïne et bien sûr, George Best et sa descente aussi redoutable que son jeu balle au pied. Loin de tous ces scandales, le foot féminin se montre plus calme, étranger aux polémiques en tout genre. Sauf quand l’une des stars mondiale de la discipline, l’attaquante Abby Wambach, s’est retrouvée empêtrée dans une affaire de consommation de stupéfiants. Arrêtée en avril 2016 pour conduite en état d’ivresse l’ex capitaine de l’équipe nationale américaine, double médaillée d’or aux Jeux Olympiques et championne du monde en 2015, avouera plus tard avoir consommé de la cocaïne et de la marijuana  pendant sa carrière.

Hommage à Wambach 

Wambach parle de sa consommation à la télé américaine 

 

Il n’y a pas de star au foot féminin

Elle signe des contrats publicitaires à plusieurs millions d’euros, compte presque autant d’abonnés que Paul Pogba sur twitter, et plus qu’Olivier Giroud ou le basketteur Tony Parker.  Alex Morgan est LA star actuelle du football féminin. 

D’autant plus chez nous, où elle a atterrit début janvier suite à un contrat signé avec l’Olympique Lyonnais. Elle ne restera pas longtemps dans le Rhône (son contrat de 6 mois est prolongeable de 1 an), mais elle a déjà fait des émules, faisant les gros titres de la presse sportive française.  Ses contrats de sponsoring aux Etats-Unis ne se comptent plus (Nike, Coca-Cola, Mc Donald’s, Panasonic…) et lui rapportaient plus de 3 millions de dollars  en 2015, selon le président de la fédération de football américaine, Sunil Gulati.

Avant elle, l’aura de la Brésilienne Marta, toujours en activité, avait atteint une renommée mondiale. Mais son point de comparaison le plus fréquent est celui qui est fait avec sa compatriote, star du foot féminin outre-atlantique dans les années 90, et qui avait eu droit à son sport de publicité avec Michael Jordan en personne.

 

Pub  Alex Morgan FIFA 17 

Pub Gatorade Jordan/ Hamm 

Pub Coca-Cola  avec Ashton Eaton (décathlonien) 

 

Les joueuses n’ont pas de second degré

Conscientes de tous les préjugés dont elles peuvent être victimes, la plupart des joueuses de haut niveau du foot féminin se concentre à la promotion de leur discipline sans trop en faire. Et si on pourrait penser qu’elles sont susceptibles aux critiques, c’est loin d’être le cas... Certaines d’entre elles sont même capable d’un grand sens de l’humour, à l’image de l’équipe nationale de Norvège, qui ont publié une vidéo parodique, réalisée à l’aide de l'émission norvégienne «Dokument Ramm », à l’été 2015. Dans celle-ci, on y voit notamment la gardienne Ingrid Hjelmseth ainsi que les milieux de terrain Cathrine Dekkerhus, Trine Rønning et Emilie Haavi, réciter maladroitement la règle du hors-jeu, expliquer ne savoir jongler qu’avec un ballon de baudruche, ou même avouer que les cages sont trop grandes… Un coup rondement mené qui avait connu un retentissement international.

 

Il n’y a aucun suspens en championnat

Certes, l’OL est club dominant non seulement en France mais aussi en Europe. Les filles de Jean-Michel Aulas ont conquis les 10 derniers championnats nationaux, et restent sur 5 victoires consécutives en Coupe de France. Tout ça sans compter leur trois titres en Ligue des champions (2011, 2012, 2016). Mais le vent pourrait tourner, au cœur d’une D1 qui se densifie, avec l’arrivée de club soutenus par les structures professionnelles (OM, Bordeaux, Lille, Lorient). Le PSG qui s’est plus amplement investi dans le foot féminin depuis quelques années donne de plus en plus de fil à retordre à Lyon, tout comme Montpellier, une autre forteresse du foot féminin hexagonal. Cette année, les trois équipes se tiennent d’ailleurs en 2 points, loin derrière les 9 autres équipes de D1, le 4e comptant… 14 points de retard sur le podium.

 

Wendie Renard

La capitaine de l’OL féminin, qui a tout gagné avec les «Fenottes» (surnom de l’équipe lyonnaise), et pilier de l’équipe de France, compte un palmarès impressionnant à 26 ans. Véritable patronne dans le vestiaire lyonnais, elle est aussi la taulière sur le terrain. Mais son histoire à Lyon pourrait prendre fin cet été, elle à qui l’on prête des envies de départ à Chelsea notamment. La fin d’un cycle ?

 

 

 

Par Vincent Roussel, 20 ans, étudiant en journalisme 

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