Cup ou pas Cup ?

Le nouveau débat, chez les filles de la rédac', c'est la cup menstruelle… pour trancher, une Twenty téméraire s'est portée volontaire pour l'essayer… alors, cup ou pas cup ?
28/06/2017

 

 

Avant de me lancer dans l’aventure, j’ai d’abord demandé aux filles de la rédac ce qu’elles en pensaient, et surtout, si quelqu’un avait déjà introduit la chose dans son vagin, histoire de savoir à quoi m’attendre, pour ne pas jouer les Indiana Jones menstruelles.

« Je suis plutôt réticente à la cup. Pourtant, ma mère joue les prosélytes. Elle a convaincu ma sœur d’en porter une et des étudiantes qui étaient chez nous en échange. Aujourd’hui, elles n'utilisent plus que ça. De mon côté, en dépit de ses nombreux atouts et bien qu'elle soit écolo, financièrement avantageuse, hygiénique et moins dangereuse, je n'arrive pas à passer le pas. J'ai trop peur de ne pas arriver à la mettre ou à l'enlever. J'ai des amies qui se sont fait mal en enlevant leur cup et rien qu'en y pensant, ça me rebute. Peut être qu'un jour j'essayerais mais ce n'est pas pour tout de suite.
Cependant j'approuve totalement le concept ! »

 

« Par curiosité, je crois qu’il faut vraiment que je test la cup. C’est vachement plus sain que les tampons et autres serviettes. Mais ça reste un peu chelou. Je ne suis pas sure d’être sereine à 100% lors des premières utilisations… Après, si je vois que ça marche, pourquoi pas l’adopter à vie ? L’utilisation n’a pas l’air super simple mais la légende dit qu’au bout d’une fois on est rodé. Donc en vrai, c’est à tester dans les prochains cycles ».

 

« J’ai peur que ça me fasse mal, que je la sente quand je marche. Je n’arriverai pas à passer une journée avec en étant sereine. »

 

« Haaaaa ! Non, jamais je ne mettrai ce truc dans ma chatte !!! En vrai, on ne sait pas non plus avec quoi c’est fait… Moi, les tampax, ça me va, même si je risque de faire un choc toxique et de perdre une jambe, que ça coute la peau du cul et que t’as toujours un vieux fil qui te pend entre les cuisses ».

 

 

Manque de bol, chez Twenty, je faisais un peu figure de pionnière. J’ai donc décidé d’y aller avec ma bite et mon couteau, à l’aveuglette, en espérant que le mode d’emploi soit intelligible.

 

 

 

Comme toujours, mère nature est entrée sans frapper. Surprise au beau milieu de la rédaction d’un article, au bureau, j’ai dû courir me procurer la fameuse cup’ au Monoprix du coin. J’aurais aimé régler ledit achat à une caisse tenue par une femme, mais c’est un homme qui m’a rappelée à l’ordre « Eh, Madame, personne suivante… ». C’est idiot, mais je me sens mal à l’aise, quand un homme fait biper mes tampax, capotes ou bandes de cire dépilatoires. Bref, refermons la parenthèse.

 

Retour dans mon cher open space, où même aux toilettes, je me sens observée. J’étudie longuement l’objet, la notice dépliée sur mes genoux. Comment cette chose est-elle sensé rentrer en moi ? Je n’ai jamais été très douée en origami, et la cup me tombe des mains. Impossible de la plier. Loin de me décourager, je tente une dernière fois de tordre le plastique, respire un grand coup et insère la chose, d’un coup, dans mes entrailles. Ce n’était pas si compliqué. Je sors des toilettes avec un air de victoire, celui du soldat qui a remporté sa première bataille et tente d’oublier toutes celles qu’il lui reste encore à affronter (la ménopause c’est pas pour tout de suite).

 

 

 

Après avoir vécu dangereusement, pendant une semaine, j’ai décidé de vous faire une compilation de mes meilleurs moments.

 

La cup n’est pas aisée en open space. Quand vous vous rendez aux toilettes, avec votre bouteille d’eau, pour vider et rincer la chose, et que vous en sortez au bout d’un quart d’heure en vous dandinant, vous avez l’impression que tous les regards sont braqués sur vous. Pour votre gouverne : ce n’est qu’une impression. Attention, tout de même, pour les plus maladroites, à ne pas laisser votre cup tomber dans la cuvette (personne n’est à l’abri d’un accident).  

 

En revanche, la cup est un miracle pour tout le reste. Une nuit d’amour ? Aucun problème. Vous pouvez vous trimbaler nue, sans que la cup ne se remarque. Le hic ? Quand vous la retirez, c’est un peu gênant de la laisser sur le bord de l’évier, le temps de finir votre affaire. Un conseil, précipitez-vous dans la salle de bain avant lui. Mais là où la cup se montre d’une efficacité redoutable, c’est bel et bien pendant les festivals de musique et à la piscine. Elle est en vous, vous l’oubliez, et si vous êtes un tant soit peu consciencieuse, vous ne devriez craindre aucune fuite. Une véritable révolution !  

 

Si vous n’êtes toujours pas convaincues, je laisse la parole à une copine de la rédac, que j’ai initiée à la cup fever, et qui comme moi, l’a adoptée !

 

 "Chaque année avec l'été qui arrive, j'ai le même débat intérieur : comment me baigner sans risquer une mort lente et douloureuse, causée par toutes les cochonneries que contiennent nos amis les tampons ? Après des semaines de doute, j'ai donc décidé d'investir dans une cup, histoire de pouvoir me baigner, mais aussi parce qu'elle est indéniablement plus écologique, et plus économique. La première fois, ma salle de bain s'est transformée en un remake de Shining (la scène de l’ascenseur, google it). La cup ne rentrait pas, j'avais du sang plein les doigts, bref un petit calvaire. Et là, miracle, au bout de cinq essais, la cup rentre, et puis rien, on ne sent absolument rien. Il faut trouver le pli de cup qui vous corresponde le plus et surtout, ne pas abandonner si le premier essai est un échec. Une fois la cup insérée, c’est douze heures de liberté qui s'offre à vous jusqu'au moment fatidique où vous devez la retirer. Tout comme la première insertion, le premier retrait est une épreuve de force. J'ai pensé un moment que j'allais devoir abandonner et garder cette chose en moi jusqu'à ma mort. En réalité, il suffit de trouver la bonne technique. Un bilan très positif, donc. Pour une fille comme moi, qui souffre de règles douloureuses, je trouve ça super de ne pas avoir à me soucier des fuites et autre, ça retire un poids, la douleur suffit comme préoccupation.  "

 

 

 

Pour celles qui seraient tentées par l’aventure, voilà ce qu’il faut retenir, pour devenir une bonne cupista :

 

 

Points forts :

- Ecolo, sans risque (la cup ne cause pas de de choc toxique et évite les mycoses en période de règles), pas cher (dans les 15 euros), durable (la durée de vie d’une cup varie de 5 à 10 ans), pas d’odeur, aucun signe apparent (elle est invisible et ça évite de se trimballer avec des grosses boites de tampax dans son sac), se vide toutes les 12h, disponible en trois tailles (S pour les pucelles, M pour les zoulettes et L pour les daronnes), disponible en plusieurs couleurs (pour aménager son intérieur).

- Pas besoin de changer sa cup à chaque fois que vous allez faire pipi. (contrairement au tampon) 

 

 

Points faibles :

- Le contact direct avec son sang (mais si on est à l’aise avec son corps, ça ne devrait pas poser trop de problèmes), la potentielle douleur quand on la retire (mais encore une fois, quand on prend la main, tout est plus simple), il faut rincer la cup après l’avoir vidée et la faire bouillir cinq à dix minutes avant et après ses règles pour la stériliser (si on vit en coloc ou chez ses parents, ce n’est pas toujours facile). 

 

Pour plus d’informations, rendez-vous sur ce site 

 

Par Carmen Bramly, 22 ans romancière et cupophile à temps partiel

 

 

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