La beat (maker) generation

Ils sont ceux qui cuisinent aux côtés des rappeurs. Imaginez une pizza sans une bonne pâte pour soutenir les ingrédients. C’est à ça que ressemble le rap sans un bon beatmaker. Zoom sur ces artistes de l'ombre.
04/12/2016

Dans les 90's, les prods avaient un charme fou mais elles étaient plus simples. Elles permettaient aux rappeurs d'étaler leur talent d'écriture. Aujourd'hui ceux-ci visent une approche bien plus mélodique de leur son (de quoi attrister les puristes). C'est ici que les beatmakers entrent en jeu, leurs prods dirigent non seulement la cadence mais aussi la mélodie des morceaux qu’ils orchestrent. Ils posent une structure aux œuvres et créent une base que les rappeurs vont compléter.

Travi$ Scott ou Young Thug représentent la nouvelle génération de rappeurs sans pour autant délaisser les codes de la culture Hip-Hop. Ils n’écrivent plus comme des rappeurs "à l’ancienne" mais ne chantent pas assez bien pour être des "chanteurs". Je ne sais pas vraiment d’où ils sortent et comment ils ont créé leur art mais leur vibe m’enchante. Seulement ici, César c’est les beatmaker et il faut rendre à César ce qui lui appartient.

 

 

Sans vouloir défaire Drake de ses talents de placement et d’écriture (sauf si Meek Mill dit vrai), les succès de ses meilleurs titres sont totalement dépendants de ses beatmakers de génie.

Ces beatmakers prennent de l’ampleur et deviennent des têtes d’affiche. Ils n’éclipsent pas les rappeurs, ils les rendent dépendants. Un bon rappeur sans une bonne prod (et du charisme) ne va nulle part aujourd’hui. Il n’est donc pas question d’éclipser les rappeurs mais plutôt de leur apporter une touche primordiale pour leur succès.

Si je vous dis : Jay-Z et Timbaland ? Vous pensez duo légendaire à l’origine d’une dizaine de hit. L’alliance d’un producteur de génie avec le flow et le charisme de Jay-Z, une recette qui ne périmera jamais.

 

 

Et dans tout ça, où sont les francophones ?

 

Les producteurs/beatmakers indépendants français ne manquent pas.

Myth Syzer, Ikaz Boi et Brodinski sont des figures montantes du paysage Hip-Hop/electro, que ce soit en France et même jusqu’aux US. Leurs noms ne figurent pas à l’arrière des CD mais bien aux côtés des rappeurs pour qui ils produisent. Lorsque je vois Brodinski à la conquête d’Atlanta avec Syzer et Ikaz derrière lui, j’ai la sensation de voir notre génération qui suit le pas des Daft Punk et de Ed Banger.

 

 

Myth Syzer et Ikaz Boi parlaient d’ailleurs dans une interview pour l’Abcdr du Son de leur idée du rôle des producteurs aujourd’hui. Ils insistaient sur le fait qu’ils se pensaient « artistes » et pas seulement producteurs ou beatmakers. Ils se démarquent en travaillant pour très peu de rappeurs et en gardant une polyvalence impressionnante. On ne les attend pas pour les artistes qu’ils produisent mais surtout pour leurs productions en solo.

 

Tendez l’oreille et vous tomberez sous le charme de ces nouveaux musiciens.

 

Par Alexandre Tandina, lycéen et rédacteur amateur pour Bleu Blanc Bec.

 

 

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