Nos pires jobs d’été

Qui dit été, dit vacances, dit dépenses, dit "jeunes cherchent désespérément oseille". Pour te préparer à ce que tu pourrais bien vivre cet été, Twenty t’as dégoté le meilleur des pires témoignages de jobs étudiants.
25/06/2017

 

L’un des spots où vous pouvez postuler avec pas mal d’assurance d’être pris c’est l’usine. L’été, il y’a toujours besoin de main d’œuvre pour des jobs souvent physiques et du travail à la chaîne.

 

L’expérience en usine alimentaire :

 

(Version viande)

 

« L’été dernier, je travaillais dans une usine alimentaire en province. Pas n’importe laquelle puisqu’elle pouvait se targuer d’avoir plusieurs fois remporté le trophée du meilleur pâté de France. Et, honnêtement, même un mois et demi, ce fut très très long. Le réveil à 6H passe encore, commencer à travailler à 7H, on s'habitue, apprendre à monter et démontrer des déchiqueteuses et autres mélangeurs n'est pas le travail le plus idiot du monde. Mais, mélanger à main nue la viande et le sang destinés au boudin noir je dis non. Enfin, j’ai surtout dit « oui bien sûr, pas de problèmes ». Pousser des bacs de plusieurs centaines de kilos (remplis tantôt de graisse fondue, tantôt de foie d’oie, tantôt d’ailes de volailles). Se voir proposer des 8H de gouter du pâté (dans le meilleur des cas en tant que produit fini, au pire encore sous sa forme de pate liquide non cuite). User de machines dans lesquelles je pouvais très facilement perdre mes bras. Sans parler de l’odeur de viande crue qui restait sur mes mains jour et nuit. Voilà un quotidien dont je pourrais très bien me passer à l’avenir. »

 

(Version poisson)

 

« L'été de mes 18 ans, après avoir gravement tardé à me trouver un job d'été, je me suis retrouvé à devoir faire le tour des usines de ma région, en Bretagne, pour espérer trouver quelque chose à faire. Après avoir écumé, sans succès, les usines de gâteaux et de crêpes/galettes où une douce odeur de pâte qui cuit flottait dans l'air, je me suis retrouvé à postuler dans une usine de conserverie de sardines. L'entretien eu lieu dans des bureaux éloignés de la dite usine. Mon interlocuteur était sympathique et m'a simplement prévenu que le rythme était soutenu. Concrètement, il s'agissait de vider de leurs entrailles des sardines à la chaîne. En fait, je n'avais pas pris la mesure de deux choses : 1 - répéter cette opération sept heures par jour est un brin traumatisant (plus d'appétit, rêves entrecoupés d'images trash de poissons sanguinolents) 2 - si l'odeur qui régnait dans l'usine vous prenait à la gorge, personne ne vous prévient qu'une fois dehors, celle ci vous suit pendant plusieurs jour et peu importe le nombre de fois où vous vous êtes lavé les mains, vous exhalez le poisson bien plus que n'importe quel étalage de poissonnier. Alors autant dire, qu'érotiquement parlant, ce ne fut pas mon plus bel été. »

 

(Version outillage)

 

« Je suis de Paris mais j’avais trouvé ce job grâce à ma cousine qui travaillait au service finance d’une entreprise en Alsace. Nous étions deux étudiantes à travailler pendant le mois d’aout. Notre mission était simple : il y avait des rangées de tiroirs, ces tiroirs contenaient une centaine de boulons, de vis, de clous, etc. Et il fallait compter le contenu de chacun de ces tiroirs. Si le nombre indiqué sur le paquet ne correspondait pas au nombre de vis ou d’écrous dans les tiroirs, nous devions prévenir notre responsable. Il faisait une chaleur à en crever dans cette usine de plus de 1000m² et nous étions toutes seules au fond d’un grand hangar. Les chaussures de sécurité étaient obligatoires (vive l’odeur et le poids de ces machins) et nous n’étions entourées que d’hommes au patois alsacien peu compréhensible. Ce mois à l’usine m’a au moins permis de m’entrainer au calcul mental et de découvrir la différence entre une vis à tôle et un tirefond. Enrichissant. »

 

Une autre valeur sûre du monde des jobs étudiants, c’est la restauration rapide. En pizzeria style Domino’s, ou dans des fast food, des postes de livreurs ou d’équipiers en cuisine sont souvent disponibles.

 

L’expérience en fast-food :

 

« J'ai bossé un été au Quick de la Part Dieu à Lyon. Précision : il est situé aux abords de la gare et du coup il y a beaucoup de passages et donc de cas soc'. Ma mission principale se résumait à passer un coup de chiffon sur les tables et à nettoyer les toilettes. Oui.
La détresse est infinie. Un matin, en voulant faire ma petite séance de nettoyage je me suis retrouvée nez à nez avec un SDF nu dans les toilettes. Evidemment cette image est à jamais encrée dans ma rétine.
 »

 

L’été vous pouvez également vous adresser aux services de gériatrie, surtout si vous avez de la famille travaillant dans le milieu hospitalier.

 

L’expérience en milieu hospitalier :

 

« J’ai travaillé dans un hôpital de province au sein d'un service spécialisé dans la gestion des personnes âgées. Je me suis retrouvée là bas car dans ma région il n’y a rien d’autre, surtout lorsqu’on ne possède pas le permis, il s'agissait en l'occurence du seul endroit où je pouvais me déplacer facilement. Ce fut donc trois semaines à travailler dans les cuisines de cet hôpital. Pour moi, ça a signifié taffer en frigo de 5H45 à 14H à peu près. Plus concrètement, j’étais vêtue de tenues spécialisées aseptisées avec des sabots d’infirmières, une blouse, le tout agrémenté d’une charlotte bien sexy. Pour ce qui est de mes missions, ma tâche principale était de prendre une sorte de bouillie de légumes ou de lentilles et de la mettre dans un pot qui lui-même allait sur un plateau. Le tout répété 300 fois pour les 300 âmes de cet hôpital. Ensuite je devais l’amener à des personnes âgées notamment attente d’Alzheimer, ce qui les conduisaient parfois à me demander de les nourrir alors que je venais de le faire. »

 

 

Enfin, si vous galérez vraiment, le piston est toujours une opportunité sur laquelle il ne faut pas cracher.

 

L’expérience chez un huissier :

 

«Comme pour beaucoup de job d’été, je suis rentré par piston. Ma sœur était en stage chez un huissier et elle m’y a fait rentrer. Au début mon travail consistait à classer des dossiers. C’était de l’archivage : les dossiers verts avec dossiers verts, les dossiers bleus avec les dossiers bleus etc. Ensuite j’ai eu une autre mission, je devais rentrer des références bancaires dans des dossiers, c’était ultra chiant et répétitif. J’avais une autre mission aussi qui me faisait un peu flipper je devais ramener des liasses à la banque d'environ 1000 euros donc c’était pas mal de pression. Ma pire mission : je devais appeler des gens pour leur dire de rembourser l’argent qu’ils devaient. Ils te racontent leur situation qui est bien souvent horrible, puis quand ils ont fini, tu dois leur dire que l’échéancier va bientôt être mis en place. Il m’est arrivé de me faire insulter aussi quand je parlais de remboursement e et des « créances amiables » comme on dit pour que les gens règlent leur dette. Sinon tu tombes sur des répondeurs improbables comme des chansons paillardes, la voix d’Homer Simpson, des blagues à deux balles… .»

 

J’espère que ces témoignages ne vous auront pas découragé de découvrir le monde merveilleux du travail cet été. Les jobs étudiants ont au moins l’avantage de nous montrer ce qu’on ne veut PAS faire dans le reste de notre vie.

 

Par Eddy Dabla, 20 ans, à la recherche d’un job sympa pour cet été.

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