Quête de liberté et autostop #2

"Maman j'ai raté l'avion." Comment faire quand on a pas de cartes d'identité ? La solution, faire du stop, savoir prendre son temps, surmonter ses peurs et espérer le meilleur.
25/06/2017

 

 

 

Août 2014 : Je suis à Paris, je reçois un coup de téléphone, un de mes amis loue un appartement à Ibiza pour une semaine. Je suis de la partie mais ma carte d’identité est périmée, et si je prends l’avion, je risque d’être refusé à l’embarquement. Ma solution : faire de l'auto-stop de Paris jusqu’à Barcelone puis je pendrais le ferry jusqu’à Ibiza.

J’ai peur, trop peur de cette solution, et mon premier choix c’est de ne pas y aller, d’autant plus qu’Ibiza a la réputation d’être une île de la fête, de la « night »  pas du tout ce que je recherche dans ma vie. Sur le guide du routard : « Des petites criques, des eaux claires, un havre de paix où s’installèrent les hippies des années 1960. Malheureusement, le tourisme de masse a déformé certaines des côtes en entassant hôtels et clubs les uns sur les autres. Ibiza est devenue la destination people-fêtard. Si vous cherchez la tranquillité, vous vous êtes trompés d’île, en revanche, si vous voulez faire la fête, bienvenue à Ibiza ». 

 

Comme mes meilleurs amis y vont, pour passer du temps avec eux je suis prêt à faire ce voyage. Je sais qu’entouré d’eux je peux sans problème faire la fête jusqu’à pas d’heure, leur présence me renforcera, et quelque chose que je voyais à la base comme « mauvaise », « inintéressante » deviendra agréable et digne d’être vécu. Alors je me prépare, je n’ai qu’un vieux sac à dos de randonnée défoncé, où l’armature du dos se décale et ressort. Pas de chaussures de marche, mais des petites chaussures de ville, des t-shirts, pantalons et shorts, il fera chaud à Ibiza. Au final c’est lourd et le sac est mal équilibré, ça me fait mal au dos, mais ça devrait aller me dis-je ! Ben oui, j’ai prévu de faire du stop et pas de marcher...   

Le ferry part à 21h et si je le rate, le prochain ne part que 48h plus tard, donc j'ai interêt à pas le rater sinon... je préfère pas y penser, je réfute cette posibilité et je la chasse de ma conscience.

 

La question du départ se résout d’elle-même : par pur hasard mon père a rendez-vous à Clermont-Ferrand le jour même. Le départ est prévu à 7h mais c'est finalement à 4h qu’il vient me chercher pour partir. Ça tombe bien : je ne dormais pas, j’étais bien trop stressé par ce voyage, jamais encore je ne suis parti en dehors de France seul, je ne parle ni anglais, ni espagnol, seulement français et mon expérience de l’étranger se résume à un voyage en Croatie à l’âge de 6 ans, un passage au Portugal vers 14 ans et une semaine en Toscane l’année dernière. J'ai les chocottes.

 

 

La boussole indique le Sud

 

 

Tout le long du trajet, j'imite une marmotte en hiver. 10h du matin, je me réveille, sort de la voiture, "aurevoir père" j'espère revenir vivant. Et je commence mon « marathon du pouce levé » à partir d’une station service. Vingt minutes plus tard, je monte dans une vielle voiture conduite par un homme dans la trentaine qui vit plus au Sud, pas grand choses à dire, si ce n’est quelques problèmes de divorce, de garde alternée de sa fille, mais son quotidien est entrecoupé de beaux voyages en van en Tunisie. Il me dépose sur une bretelle d’autoroute : première erreur de ma part. J’aurais dû m’arrêter avant sur une station service. À trop vouloir avancer, on finit par reculer… L’attente est longue sous le soleil du Sud, j’ai chaud. Une heure à trépigner et espérer, et puis enfin...Un couple s’arrête et m’amène quelques kilomètres plus loin, mais rebelote : ils me déposent sur une autre bretelle d’autoroute, j’attends encore, comme un œuf sur une poêle brûlante…

 

Apparaît une vieille décapotable avec un gros bonhomme âgé d’une cinquantaine d’années. Et sous mon crâne surgit le préjugé de l’obèse obsédé qui apparaît régulièrement dans notre culture. Je ne suis pas forcément en confiance, mais je monte quand même, car malgré ma peau bronzée, je vais finir en omelette si je reste ici. Cependant, mes appréhensions s’estompent rapidement, derrière mes préjugés se trouve un allemand, qui aime la France, le sud et sa chaleur. Il est très sympathique, le voyage est chaleureux mais encore une fois : il me dépose sur un rond point désert, alors je marche le pouce levé près des routes, mais je ne récolte que des regards interloqués, et un doigt d’honneur en prime (je ne comprendrai jamais ce genre de personne qui t’insulte gratuitement « bien au chaud » dans leur voiture).

Enfin j’aperçois de nombreuses voitures, il y a des embouteillages sur la départementale. Sur le chemin du retour au travail après sa pause de midi, un monsieur me prend et cette fois, me dépose à un péage. J’attends une vingtaine de minutes, avant qu’un couple ne me dise de monter avec eux, mais je suis surpris : il y a à l’arrière deux enfants en bas âge, et me voici donc assis entre deux petit bouts de chou ! "J’entends souvent l’excuse du manque de place, des enfants qu’on transporte, pour refuser un auto-stoppeur, mais ici non, qu’importe, une place c’est une place libre." Tout de suite, ils me demandent d’où je suis : je réponds : "Paris" ; ce n’est pas la bonne réponse... on n'aime pas vraiment les parisiens ici, mais la conversation dévie rapidement vers des cieux plus cléments : sur les voyages, leur vie, leur boulot, leur pays, ma destination. Tout en parlant, je découvre au loin la chaîne de montagnes des Pyrénées qui se dessine, majestueuse. Cette fois je prends mes dispositions, pas question d'être déposé en dehors d'une station pour encore attendre et cuire des heures. Je leur demande ils peuvent me déposer sur une station service sur la route que nous empruntons. Mais l’essence etant moins cher en Espagne, on n'en croise aucunes, et je passe la frontière avec eux. Ils me déposent dans un petit village à proximités des grands axes routiers. "Pas bien grave, je vais marcher un peu et vite repartir vers Barcelone par les routes nationales !"

 

Me voici en pays inconnu, et comme signe de bienvenue, mon téléphone portable ne capte plus aucuns réseaux, je ne peux ni appeler, ni recevoir d’appel ou de message. J’ai seulement ma tablette au fond de mon sac avec laquelle je peux capter la wi-fi ; pas super pratique comme moyen de communication. Mon sac n’a pas changé, il est toujours aussi lourd et déséquilibré, mes chaussures sont toujours autant inadaptées à la marche. Je cherchais l'aventure, la voilà ! Je marche au bord de la nationale, un, deux, trois kilomètres, et si certaines voitures s’arrêtent, aucune ne va à Barcelone, aussi certaines ralentissent et sifflent, d’autres klaxonnent, et un groupe de jeune se moque, mais surpris par ma destination, ils me souhaitent bonne chance. Mais dans ma tête, je me pose la question :« Parce que je pars loin tu me respectes ? » « Pourquoi ? ». Maintenant je le sais, de manière générale on nous encourage à respecter la souffrance, plus tu travailles, plus tu galères, plus tu as souffert, et plus tu obtiens du respect. Ainsi le nombre de kilomètres, et la relative distance me fait passer aux yeux de certaines personnes d’un vagabond profiteur à un aventurier un peu tête brûlée. Mais en réalité, ce sont seulement des préjugés, je ne suis ni l’un ni l’autre.

Je continue ma marche sur plusieurs kilomètres, il fait très chaud, mais mon ardeur, elle, se refroidit mais j’aperçois un panneau indiquant un péage à 800 mètres d’ici. Youpi ! Motivé j'y fonce, et je marche sur la route faute de trotoir pour y accéder, j’ai le droit à des klaxons mais enfin j’y arrive.

Je me place et montre mon petit panneau avec ma destination, mais les travailleurs de la station ne partagent pas mon enthousiasme et me font comprendre rapidement que cela est strictement interdit. J’essaye de discuter, mais ne parlant pas un mot d’espagnol et ne le comprenant pas, j’abandonne rapidement... ou plutôt, je me fais virer rapidement. Je fais chemin inverse, et au beau milieu de la route, je regarde l’heure, je suis démotivé, accablé : j’ai chaud, j’ai mal aux pieds, je suis fatigué et j’ai le sac qui me scie le dos. Et le temps me presse, le Ferry ne m’attendra pas et je n’avance plus depuis des heures, je ne sais plus quoi faire. Investi par la colère, je craque et je lâche des larmes de désespoir, je suis dépité. Je shoote dans un panneau et je crie vers le ciel mon amertume. Mais si je suis ici, c’est que je l’ai choisi, je n’ai pas su faire les bons choix au bon moment, je récolte les conséquences de mes erreurs tout simplement.

Alors je ne me blâme plus, et je profite d’être en hauteur pour laisser mon regard scanner la zone, et au loin, une image déformée par la chaleur tel un mirage : j’aperçois ce qui ressemble à une station service. Rien n’est fini, je reprends la route, mon courage me revient et mes jambes retrouvent leur force. Je passe au-dessus de barbelés et de clôtures, j’escalade des monticules de terre, je traverse des terrains vagues où l’herbe me coupe la taille, j’ai peur de rencontrer des serpents, mais la vision de la station prend le pas.

Finalement, entier et sans rencontres inopportunes, j’arrive sur une petite station-service bien réelle. Ici, aucun personnel ne vient entraver ma recherche. Alors je commence, je demande aux gens qui stationnent et j’essaye de baragouiner en espagnol : « Va Barcelone ? » ou en anglais : « Go Barcelone » mais les réponses sont négatives. Au bout de 30 minutes, un vieil homme me répond en français qu'il va en direction de Barcelone et m'invite à monter. En avant ! Je commence à discuter le croyant français, mais en réalité il parle cinq ou six langues, entre autres : le français, le portugais, l'espagnol, l'anglais, le suédois. Suédois de naissance, il a quitté son pays pour ne plus y revenir, a vécu en France, et maintenant il vit en Espagne. Il travaillait à l’ONU, et était directeur des camps de réfugiés en Afrique centrale, notamment au Rwanda pendant le génocide entre Tutsi et Hutu. Il me raconte les difficultés qu’il a pu rencontrer, les situations de guerre, d’urgence, le manque de moyens et aussi pourquoi il n’est jamais rentré en Suède (à cause d'un divorce, et des mentalités).

A l’heure où j’écris ces lignes, je n’ai plus le souvenir exact de ce qu’il m’avait dit sur son travail, donc je m’en tiens à ce qui me revient, mais je garde l’image d’un homme d’une grande humanité. À 18h30, il me dépose près de Barcelone. Mais je déchante très vite car sur la station service personne n’y va. Je vais sur la station-service d’en face, et encore une fois je dois escalader des grilles, des barrières mais dans ce sens là, personne non plus ne va à Barcelone, alors je reviens dans l’autre sens mais toujours personne, donc j’escalade encore des grillages et je prends un tunnel bien sombre pour me retrouver en pleine cambrousse dégarnie. Barcelone est au loin, à 25 kilomètres à peu près, si j’y vais en marchant, jamais je n’y serai pour 21h, et comme je ne connais pas encore la formule pour me transformer en papillon, je dois me résoudre à utiliser les outils de mon siècle. Je vais tenter de trouver un Bus, un stop, quelque chose quoi.

 

Deux dames qui promènent leurs chiens arrivent à ma hauteur. Tant bien que mal, j’arrive à leur faire comprendre que je cherche un bus pour aller à Barcelone, elles m’indiquent une direction et je marche quelques centaines de mètres avant d’arriver à un carrefour où je croise deux retraités à qui je redemande la direction du bus. Ils m’accompagnent, et on essaye tant bien que mal de communiquer. Ils lâchent assez vite l’affaire, moi ne parlant et ne comprenant pas un mot d’espagnol et eux de la même façon, ne comprennent et ne parlent pas un mot de français. Mais ils choisissent d’attendre le bus avec moi pour me tenir compagnie, et essayent de contacter des connaissances qui parlent français, en vain. Nous ne pouvons communiquer oralement, mais dans leurs regards j’ai senti un profond respect et un amour qui m'a touché. Je n’étais rien, ils ne me connaissent pas et pourtant j’avais l’impression d’être entouré de mes grands parents.  C’est ici, pour la première fois que j’ai découvert que la parole n’est pas forcément nécessaire pour communiquer, et que bien souvent les mots filtrent l’essentiel et ne nous permettent pas de (re)connaître l’être en face de nous.  Ainsi, je ne sais pas ce qu’ils pensent politiquement, socialement, ce qu’ils font dans leur vie et ce qu’ils ont fait auparavant, mais j’ai pu saisir ce qu’il y avait de plus profond et de plus important dans leur personne et qui se passe de définitions.

 

Mon stress s’envole, ma fatigue se dissout, ma joie revient, mon humeur se lève alors que le soleil décline, et une heure plus tard, le bus arrive, je les remercie du fond du cœur pour leur sympathie. Histoire de finir en beauté, ils demandent à deux jeunes qui prennent le même bus de m’indiquer la station où je dois descendre. Eux aussi essayent de me parler, pas en espagnol, mais en anglais. Bien essayé mais j'ai eu 0.3/20 de moyenne en anglais en terminale, alors ne comptez pas sur moi. Enfin j’arrive à Barcelone, je prends le métro, et au port je prends mon billet, j’arrive au ferry 45 minutes avant le départ. Il s’en est fallu de peu, et je mesure la folie de mon ignorance sur le stop et ces galères.

 

 

 

Accostage sur l'île d'Ibiza

 

 

 

 

 

À bord, je dors. Et au matin je me lève à la vue du soleil qui se lève sur une mer bleue. Je sors du ferry, et un bus m’amène à la vieille ville d’Eivissa. Dès les premiers pas, je vois les fêtards de la nuit qui dorment sur les bancs : je suis prévenu, je sais où j'ai mis les pieds ! A 8h, j'atteris sur une petite plage de rocher rouge et orange qu’on m’a indiqué, il y a seulement trois personnes à peine qui s’y baignent, parfait, parfait me dis-je ! Petit détail que je remarque en arrivant : tous sont à poil, je n’ai pas l’habitude des plages naturistes, c’était pas indiqué ça ! Je me baigne quand même et vu qu’il n’y a quasiment personne, j’enlève moi aussi mon maillot. Je prends les us et coutume du pays, mais aussitôt dit, aussitôt fait, qu’un des baigneurs prend ses affaires et les déposent près des miennes... Et je comprends qu’à cette heure-ci, c’est un lieu de rendez-vous pour les homosexuels. Aussitôt je sors de l’eau, je me rhabille. Curieuse île... et j’aperçois deux têtes d’hommes qui se lèvent par-dessus des rochers pour vérifier que personne ne vient. Où suis-je tomber ? Il y a malentendu, je veux juste me baigner, et dans l’eau je replonge, ici au moins je n'ai que les coquillages à observer.

 

Vers 9h, la plage se remplit de retraités, de femmes et d’hommes en maillot, ça me rassure un peu. Un vieil homme prend une photo et je crois que c'est moi qu'il prend, je m'insurge, mais rapidement on discute en français, et je crois que je me suis trompé, qu'il voulait prendre le paysage. Néanmoins il me propose de l'accompagner sur une autre plage pour l'après-midi, je refuse poliment. A midi il fait trop chaud et histoire de ne pas finir en écrevisse, je remets mon gros sac sur mes épaules et m’en vais visiter la vieille ville d’Eivissa qui surplombe la plage. Vers 15h je reviens sur la plage pour reposer mes épaules endolories et mon dos en compote. Saleté de sac en carton ! Pas grand monde, il fait chaud, l’eau est toujours aussi clair et chaude. Entre sieste, baignade et lecture, mes galères de la journée précédentes s’estompent. Comme toujours j’observe les gens sur la plage, rien à signaler. Ah si, je lisais et arrive un jeune homme pour draguer une jeune femme assise à deux mètres d’où j’étais. Ça arrive sur toutes les plages, sauf que j’avais pas remarqué qu’il lui manquait un maillot et qu’il ne portait comme seul habillement un chapeau de paille. Après cette journée, j’ai cru que toute l’île fonctionnait comme ça, et qu’ici se balader à poil était la norme sur les plages.

 

Puis à l’heure où arrive l’avion qui amène mes amis, aux alentours de 18h, je me rends compte que je suis à 8 kilomètres de l’aéroport. Bon, mon humeur est au beau fixe, c’est un petit contretemps, ça ira... Je prends un bus pour l’aéroport d’Eivissa, j’arrive en retard et évidemment personne n’y est. La galère quand tu l'as quittes elle revient, et je quitte l'aéroport armé de deux gros melons bien lourds que j’avais pris au marché à midi, je marche vers ma destination finale, au bout d’un bon 3/4 d’heure, je finis dans une boutique parce que je suis perdu.

 

"Mais c'est pas possible ?" J’essaye de me réveiller de ce cauchemar, je me pince, je ferme et rouvre les yeux, je demande même la date de l’année, le jour, à des passants mais il semble que je n’ai pas fait de saut spatio-temporel, qu’ici c’est bien la réalité, même si le lieu que je cherche, où se trouve actuellement mes amis, n’a pas l’air d’exister. Je commence sérieusement à desperer, où sont-ils donc ? Et mon portable qui ne capte toujours rien, merci la technologie. C’est à n’y rien comprendre, je tourne en rond, je ne sais plus quoi faire. Je continue quand même, je vais au centre de la ville, un gardien qui parle français croît savoir où c’est encore une fois, me fait entrer dans une résidence, mais l’appartement est vide, ce n'est pas ici. Pris de dépit je me pose dans un bar, j’ouvre ma tablette, harcèle mes amis, mais personne ne répond. J’envoie le numéro d’un de mes amis à une amie, et j'attends. Elle me prévient qu'ils viennent me cherche dans vingts minutes. Bon je peux profiter maintenant, j’ouvre mes melons que je me suis échiné à transporter toute la journée, vu les soucis qu'ils m'ont posés j'espère qu'ils sont délicieux. Manque de bol, ils sont complètement pourris.

Enfin, une figure connue, mon ami qui apparaît d’entre les clients, on me sauve, s’en est fini de mes galères et cinq minutes plus tard je peux poser mes affaires dans cet appartement pas très luxueux, un peu crade, mais après mon petit périple j'accepte tout. Fatigué, le dos en compote, les pieds en feu, je m’assois, et je relâche la pression.

Sept jours passés sur l’île, j’ai juste fait une fois du stop pour revenir d’une lointaine plage. Autour de nous, des hôtels démesurés, des bars et des boites de nuits à n’en plus finir et qui font la taille de centres commerciaux. Mais le reste de l’île est beaucoup plus calme, familial.

 

Sinon, je ne fume pas, je ne prends pas de drogue, et je ne bois plus d'alcool depuis 1 an, ça ne m’a pas empêché de m’éclater. J’avais un peu le rôle d’un observateur dans ce milieu où les drogues et alcools circulent à flôts, et sans connaître un mot d’espagnol et d’anglais, les seules personnes à qui j’ai pu parler c’étaient les vendeur de drogues qui squattaient notre rue qui eux parlaient français. La moyenne d’âge des fêtards est de 25-30 ans, même si on a trouvé des hommes et femmes de 70 ans en boîte. Avec nos 18-19 ans de moyenne, on s’est bien amusés, mais ce n’est pas une ville que je conseillerais à des Twenty. Après une semaine bien chargé, entre bronzette à la plage et soirée en boîte la nuit, arrive le retour, je prends mon billet de ferry, retour à Barcelone !

 

En conclusion, j’ai su que j’étais capable de volonté, beaucoup plus que ce que je croyais, de puiser en moi une force dont je ne soupçonnais pas l’existence et qui me permettent d’oublier ma fatigue, d’oublier ma douleur et de marcher pendant plusieurs heures malgré mon sac lourd et mes chaussures de ville. Maintenant que j’étais allé dans un autre pays en stop, j’étais revenu vivant, j’avais réussi. Je l’ai fait et je peux le refaire, peux être même plus. Et donc où se trouve ma limite ? Jusqu'où suis-je capable d'aller ? Ce qui ne m'avait pas tué m'avais renforcé. En dix jours j'étais revenu changé, transformé par le voyage en stop, j'avais trouvé mon "truc", je ne m'en rendais pas encore compte, mais la graine du voyageur était planté et je n'avais plus qu'a l'arroser.

 

 

 

Soif d’aventure ? Voici un autre périple de Maoris notre Twenty- autostoppeur

 

 

 

Par Maoris Derousseaux, explorateur des comportements sociaux en terre européenne. Spécialiste du pouce levé.

 

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