Skam, la série coup de poing venue de Norvège

La websérie à succès norvégienne Skam dépeint avec un effort de vraisemblance le quotidien tourmenté de jeunes lycéens.
21/12/2016

Alors que la saison 3 s’apprête à s’achever, la websérie norvégienne Skam rencontre un succès fulgurant dans les pays nordiques. Elle met en scène le quotidien de jeunes lycéens de 16 ans, préoccupés par les problématiques déterminantes rencontrées à cet âge. 

La force de Skam se trouve avant tout dans sa modernité. Les acteurs sont évidement ultra-connectés et la série aborde des thèmes d’actualité comme l’homosexualité qui prend une place centrale à partir de la saison 3. L’ensemble des personnages possède un compte Facebook fictif qu’ils actualisent au fil des épisodes. Sur le site officiel de la série, les fans peuvent même suivre en temps réel les textos échangés par les protagonistes.

Pour Ingrid, jeune norvégienne de 16 ans, la série puise sa force dans son réalisme. « Il y a de la peur, de la dépression, de l’espoir, de la joie, de l’isolement, vraiment tout ce qu’un adolescent de cet âge là peut vivre. Je n’avais jamais vu un tel résultat de vraisemblance jusqu’à présent. C’est comme si on avait braqué des caméras cachées sur notre quotidien. »

Skam signifie « la honte » et l’objectif est de l’éradiquer de la vie des jeunes. La réalisatrice Julie Andem, 34 ans, a mené de longs entretiens avec des jeunes filles pour cerner leurs préoccupations. Elles se rend compte que de nombreuses filles ne s’acceptent pas et développent des complexes d’infériorité. « Nous aimerions apprendre aux jeunes filles à être imparfaites. Si elles apprenaient à se satisfaire de leurs imperfections, cela leur enlèverait du même coup un peu la honte qu’elles en éprouvent. » Le personnage de Sana Bakkoush musulmane pratiquante, a été créé suite à un témoignage d’une d’adolescente qui souhaitait voir apparaître dans une série, une fille capable d’être ambitieuse et indépendante tout en restant fidèle à sa religion. Aujourd’hui encore, Julie Andem est très attentive aux commentaires sur la série et à l’écoute de nouvelles recommandations tirées du vécu des spectateurs. 

Depuis que les sous-titres anglais sont disponibles, Skam intensifie son audience et chaque épisode est aujourd’hui visionné plus de 190 000 fois. Un succès qui se propage également parmi les adultes, bien qu’ils ne soient quasi inexistants dans la série. Pour preuve, la ministre de la culture norvégienne Linda Hofstad Helleland, 39 ans, a affirmé suivre la série dans son intégralité. 

Simon Fuller, le propriétaire de XIX Entertainment a prévu une version américaine pour début 2017, qui sans surprise, se nommera Shame.

 

Par Samuel Oberman, 20 ans, étudiant en journalisme

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