On a testé : une après-midi au Palais de justice de Paris

Parce qu'il est important de ne pas vivre uniquement à travers les séries télé, Eddy et Lydia sont allés confronter leur vision de la justice à la réalité. Compte rendu.
26/06/2017

 

 

Tout le monde sait et imagine plus ou moins ce qu’est un tribunal et comment se déroule une audience. Mais, soyons honnêtes, pour une bonne partie d’entre nous, nos connaissance du déroulement d’une audience se limite à ce qu’on peut y voir dans les séries américaines type Suits ou encore How To Get Away With Murder. Rien à voir donc avec ce à quoi on pourrait être confronté en France. Pour se préparer au pire avec Lydia, on s’est renseigné sur le Palais de justice de Paris, dans le 1er arrondissement. Après avoir constaté que le lieu était ouvert au public, nous avons décidé de nous y rendre.

 

Première constatation : l'endroit est grand, mais alors vraiment grand. On dirait presque une petite cité dans Paris. Puis, c’est très classe, architecture type Panthéon, plafond très haut et grandes fenêtres. Sinon, pour ce qui est des gens qui s’y ébrouent, à notre grande surprise nous avons noté la présence de pas mal de touristes étrangers. Plutôt étrange parce que franchement, à part l’architecture, je ne vois pas trop en quoi on peut envisager cet endroit comme un lieu touristique… Enfin, bref, on arrive sans trop information, peu aidés par le manque d'indication. En allant se renseigner à l’accueil, on nous informe que les deux premiers étages présentent des audiences libres d’accès.

 

On rentre dans la première « chambre » qu’on voit et nous suivons pendant une vingtaine de minutes une histoire de contrefaçon et d’importation de médicaments. Pas excessivement passionnant. Dans la salle, il n’y a que les avocats des accusés, la partie civile n’ayant elle envoyé que des stagiaires. On remarque vite que le droit, c’est des enchainements de mots compliqués et longs pour expliquer des choses simples. De ce fait, les accusés qu’on a pu voir avaient l’air de ne rien comprendre à ce qui se jouait devant eux.

 

On quitte cette chambre et on se dirige vers le deuxième étage. Après s’être quelque peu perdu, une employée des lieux nous explique où nous sommes. Içi, ce sont les affaires liées aux médias qui sont traitées, type diffamation. On se prend à imaginer croiser une star. Surprise, nous ne tombons pas nez à nez avec une célébrité mais avec Frigide Barjot, ex-égérie de la Manif pour Tous. Cette dernière, pour une raison dont nous ne saurons rien, semble folle de joie, très soulagée et enlace son avocat.

 

On change à nouveau de salle d’audience, pour se retrouver dans une affaire de vol, possession de drogues et usurpation d’identité. L’histoire d’un homme qui est interpellé par les agents de la RATP alors qu’il fraude, il donne d’abord une carte d’identité volé, puis un passeport d’une autre identité, il finit en prison et donne une troisième identité… au final, l’individu jonglait entre une dizaine de noms. C’est l’instant lol de la journée. Nous avons réussi a gardé notre sérieux jusqu’au moment où l’accusé a prétendu n’avoir jamais fumé de sa vie hormis la veille de son interpellation car je cite « ma copine ne voulait pas coucher avec moi si je ne tirais pas sur son joint. » Face au cynisme des juges et aux mensonges de l’accusé alors que toutes les preuves l’accablent, nous n’avons pas été capable de retenir nos rires (c'est mal, oui).

 

Notre journée s’est conclue par une audience autrement plus grave. Nous avons assisté au troisième procès AZF, du nom de cette usine qui avait explosé à Toulouse, engendrant une trentaine de morts et des milliers de blessés.

 

Alors, que retenir de cette journée ?

 

Si un jour vous vous ennuyez (genre, vraiment), allez faire un jour au tribunal le plus près de chez vous (même si ça fait un peu voyeur). Frissons et émotions seront au rendez-vous.

 

Eddy Dabla et Lydia Menez 20 ans, commencez par libérer bison, puis libérez bakhaw

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