Comment trouver un appartement à Paris ?

S'installer à Paris, une galère ? Une Twenty nous raconte toutes les étapes de sa longue et dure recherche d'appartement... quels pièges éviter ? Comment s'en sortir, dans son stalking urbain ? Elle vous donne toutes les réponses.
21/11/2019

 

Est-ce que tu viens pour les vacances ?

Non. Cet été, je ne suis pas vraiment partie. J’ai troqué écran solaire, empreinte carbone et MST germanique contre le bitume et son étouffant parfum caniculaire. Une carte postale faite de codes d'entrée, d'étages montés, de mains serrées et de visages oubliés. A la fin des vacances, pas de soirée diapo aux horizons féériques pour moi, mais plutôt un retour sur cette galère qu’est la recherche d’appartement, en plein mois d’août, à Paris. Sinon c’est pas drôle. Attention spoil, j’ai quand même réussi à trouver !

 

 

Palier par palier.

Poser son baluchon à Paris n’a jamais été chose aisée. Far-west de la conquête, Paris est une fête... Paris chéri mais surtout pari risqué de chercher un appartement à la fin de l’été dans une ville aussi demandée. Chaque année, plus de 37.000 jeunes, de 16 à 25 ans, cherchent à s'installer dans la capitale, tandis que 23.000 jeunes parisiens s’en vont à l’étranger ou pire…en Province. (Source Apur), parce qu'il faut bien se l'avouer, ça coûte un bras de se loger dans la ville Lumière. Selon les notaires du Grand Paris, depuis août dernier, nous avons dépassé la barrière des 10.000 euros le mètre carré. Le plus cher étant le 6ème, et le plus abordable, le quartier de la Chapelle.

 

« Mais siii tu vas trouver ! ». Voilà ce que mes potes me disent quand je leur annonce que je suis à la recherche d’un appart. Et puis, quand je leur dis que je n'ai qu'un mois pour en trouver un, ils changent de tête, me jettent des regards compatissant. En moyenne, il faut 19 jours à un propriétaire d’une petite surface (aka -de 20m2) pour trouver un locataire. (Source SeLoger) Mais qu’en est-il du temps qu’il faut pour dénicher un appartement en tant que locataire ? Les avis divergent. Il y en a toujours un qui a visité un appartement et qui a été sélectionné du premier coup, ou ce fameux "pote canap" qui a passé pas mal de temps sur celui des autres avant de trouver le sien... 

 

 

Il n’y a pas de hasard, que des rendez-vous.

« Nous avons trouvé 2431 annonces correspondant à votre recherche ». Encore un push. Encore une annonce. Je passe plus de temps à stalker les apparts qu'à parler à mes amis. À force de chercher, on devient obsédé par le besoin de trouver. Ce besoin d’intimité, de protection et de sécurité est essentiel selon la pyramide de Maslow. Un appartement, c’est un cadre, une tanière, qui nous protège de l’extérieur. Un lieu pour devenir soi-même. Se tester à l’abri du regard des autres. « Une grande chambre à soi », aurait sûrement rajouté Virginia Wolf, queen incontestée de l’espace privé féministe.

 

Des apparts, j’ai dû en visiter une trentaine. Des poussiéreux, des minus, des beaucoup trop grands, des visites à 50 personnes avec un giratoire au centre du salon pour pas que l’on se rentre dedans. Des appartements  pour petite personne, des « avec fenêtres » mais sans toilettes, des rez-de-chaussée grillagés. Des pas chers et magnifiques dans les quartiers les plus reculés. Des jamais visités aussi, car la file d’attente est plus longue que celle d’une soirée privée. Tout ça, sans obtenir beaucoup de résultats.

 

Et puis, je repense à mes amis. Ma copine Ana, qui vivait au Sacré coeur, avec une vue de malade mais quelques souris. Ou mon copain Pilou, à Châtelet, dans un clapier hors de prix. Ou Anto et son 6ème dégâts des eaux en un an. Ou encore Rim, qui falsifie ses fiches de paie car elle ne gagne pas 6 fois le montant du loyer. Pas foufou et tous dans la même galère au final. Alors, telle une gargouille qui ravale ses larmes au sommet de Notre-Dame (elle a eu chaud mais vaillante, elle reste debout), je me suis dit que foutu pour foutu, j’allais toquer aux agences immobilières pour provoquer ma (dernière) chance. Et là, je vous jure que c’est vrai, au bout d’une grande avenue, une agence me dit oui. Oui, elle peut me faire visiter deux appartements pas encore sur le marché. Alors, oui, je saute de joie et sur l’occasion. Le rendezvous est pris. En y allant, je tombe sur un bar. « Les boulets », je me dis que ça sent bon. Les visites se font, c’est assez canon, pas trop mal placé et disponible immédiatement. Alors, voilà, c’est comme ça que j’ai trouvé.

 

Comme quoi, chercher un appartement, c’est comme chercher l’amour. C’est toujours un coup de chance mais sur un malentendu culotté, ça peut marcher.

 

 

Parigo tête de veau.

Bon, suite à ces présentations, go la pratique. Voici des petits conseils que j’aurais aimé savoir dès le départ. Lumières.

 

.Être entouré : Ça, c’est la clef de tout. Dans une quête pareille, on peut facilement vriller et se renfermer. Alors plutôt que de devenir une Amy Winehouse accro aux annonces, prenez l’air de temps en temps, sortez, croquez la vie !

 

.En parler à touuuuut le monde : Chercher un appartement, c’est comme quand tu viens d’avoir le permis. Tout le monde doit être au courant. De ta boulangère au copain du copain, le dire à tout le monde, c’est maximiser ses chances. Le bouche-à-oreilles, promis, ça marche du tonnerre.

 

.Choisir son emplacement : Bobo du XVIII ou Marie-Chantal du XVI, à vous de choisir. Ceux qui vous diront « Rive gauche c’est loin ! », ne les écoutez pas. J’ai habité un an dans le XV. Je vous préviens, j’ai aimé fort. Peu importe ce que diront les « de droite » et les « j’ai mon carré d’or, en dehors c’est la province ». En fait, tout dépend des distances entre votre lieu de vie et votre école/travail. En moyenne, les étudiants passent environ 2h par jours dans les transports (Cnews). À méditer.

 

.Avoir un texte tout prêt : « Bonjour Madame, je me permets de vous contacter concernant l’appartement situé au… » Simple, efficace. Avoir un texte à trous prêt et sous main que vous aurez juste à personnaliser. Comme ça, hop, vous envoyez en disant que vous êtes la personne idéale pour ce mignon studio et que vous souhaitez le visiter ASAP, vous aidera à être beaucoup plus efficace.

 

.Se mettre sur les réseaux : Depuis que LeBoncoin, Louer agile ou encore SeLoger sont rentrés dans notre vie, il n’y a pas à dire, c’est quand même beaucoup plus simple de trouver un appart. L’idée, c’est de réfléchir à ses critères. Si vivre au 7ème étage sans ascenseur vous dérange, si vous avez besoin de 15m2 ou plus, si les toilettes dans l’appartement c’est pas le plus important… Cela vous permettra d’économiser du temps pour vos futures recherches. Aller toquer aux portes des agences : Mais pourquoi le faire me direz-vous si on a déjà prévenu la boulangère, mis des alertes sur les applis et tout le tsointsoin ? Mes chers amis, mettre toutes les chances de son côté n’est pas un luxe et ça permet de visiter des appartements pas encore sur le marché. Et puis grâce à la loi Alur, les frais d’honoraires d’agence sont désormais encadrés. Entre 12 et 15€ /m2 dans les zones très demandées, comme Paris.

 

.Passer en mode sous-location : Le temps de se retourner, de trouver un petit nid douillet, la sous-loc c’est un peu le super bon plan en cas de panne de recherche. Ça vous aide et ça aide la personne qui a besoin de partir de Paris quelque temps. Plus Mère Theresa, tu meurs !

 

Alors décidément, il n’y a pas de hasard mais bien que des rendez-vous pour trouver son cocon parisien. Allez bonne chance, je vous laisse, j’ai mon camion Ikéa en double file.

 

Par Liselotte Girard, enfin logée !

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