Lettre d'un jeune père à son fils

Chez Twenty, nous avons la larme facile. Aujourd'hui, un (très) jeune papa écrit une lettre à son fils, qui vient de naître. Une lettre comme un cri d'amour et une mise en garde...
23/01/2019

 

 

Paris, le 24 octobre 2018

 

Cher H.,

 

Je suis à Paris, où je dois attendre encore deux jours avant de te retrouver en Tunisie. En attendant, je t’écris ces quelques mots, honteusement détournés de l’incontournable « if » de Kipling.

 

Mon fils,

 

Si tu peux tomber amoureux comme moi de ta mère,

Sans insister lorsque l’amour te repoussera,

Si tu sais rire des femmes et de leurs manières,

Mais être protecteur et tendre avec celle que tu choisiras ;

 

Si tu connais le prix de tout,

Et la valeur de ce qui ne s’achète pas ;

Si tu sais apprécier le beau,

Et être juste avec ce qui ne l’est pas :

 

Si tu peux rester digne en étant populaire,

Si tu sais rire de tous, et d’abord de toi ;

Si tu sais te réjouir d’aller à l’opéra avec ton père,

Et t’extasier devant un fondant au chocolat ;

 

Si tu sais tuer une grosse araignée

Et même des insectes bien pires ;

Si tu sais porter les valises sans râler

Et, sans trop d’agressivité, faire sourire ;

 

Si tu sais admirer le soleil qui se couche

Sans t’égarer dans des bêtises métaphysiques ;

Si tu sais apprécier le jazz manouche

Et te préserver des tweets politiques ;

 

Si tu sais lire Le Monde sur papier,

Et nouer une cravate sans regarder ta glace ;

Si tu sais cuisiner un magret,

Et en toute circonstance être classe ;

 

Si tu n’es jamais violent mais toujours fort,

Si tu sais que le courage est de savoir dire non,

Mais avant tout de reconnaître ses torts,

Et aussi de dire aux cons qu’ils le sont ;

 

Tu seras un homme, mon fils.

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