Sur Instagram, le féminisme est aussi une affaire d'hommes !

T'as joui, Clit revolution, le cul nu... ces dernières années, des dizaines de comptes Instagram féministes ont déferlés sur nos feeds. Une démocratisation du combat féministe, mais du côté des hommes, où en est le débat ? Twenty a mené son enquête !
18/06/2019

 

Rappelons-le, le féminisme est un mouvement qui vise à l'égalité à tous les niveaux entre les femmes et les hommes. Autrement dit, un mouvement qui n'est pas propre à un genre. « Tapette », « puceau », « sois fort », « ne pleure pas » … Les hommes souffrent aussi du sexisme et des stéréotypes de genre. On a donc décidé de mettre à l'honneur ces comptes instas qui prônent la fin des inégalités, et ce dans les deux sens. Les mecs prennent ici la parole pour nous dire ce qu'ils pensent de ces initiatives. Une fois n'est pas coutume, à vous l'honneur !

 

Tu bandes : derrière ce compte, Guillaume se questionne sur ce qu'être un « homme ». Inspiré par la démarche de Dora Moutot avec @tasjoui, il souhaitait démonter les clichés sexistes et montrer que le #menaretrash n'est pas une généralité.

Les garçons parlent : « Faire parler les hommes sur des sujets considérés comme « sensibles », c'est l'intention de Dina. S'il a commencé par diffuser la parole des hommes connus pour faire comprendre que tout le monde peut être touché par le sexisme, il a vite ressenti le besoin de parler de ses expériences personnelles, mais aussi de partager des témoignages.

Monsieur féministe : Pour David c'est clair, le féminisme n'est pas qu'une affaire de femmes. D'où le nom ! Le principe est simple, laisser la parole aux autres à travers des témoignages envoyés par ses abonnés. S'il considère que les femmes sont plus touchées que les hommes par le sexisme, il trouve important de sensibiliser TOUT LE MONDE. « Le féministe est une personne qui veut l'égalité entre les sexes à tous les niveaux, existe-t-il une différence entre les hommes et les femmes féministes ? ».

Les nouveaux princes : Lou a lancé ce compte après la lecture de « Les sentiments du Prince Charles ». Une BD qui aborde  les relations amoureuses, les inégalités sociales et les stéréotypes masculins (l'interdiction d'exprimer ses sentiments, le refus de s'engager). La créatrice, elle, ne voulait pas rester dans cette idée du « tous connards ». Le but de ce compte, c'est de regrouper des témoignages qui évoquent des hommes sensibles, doux, amoureux, fragiles et bien sûr féministes.« Depuis que j'ai commencé, j'ai lu de si belles choses, que je n'ai plus de doute : les hommes souffrent aussi des préjugés de genre. J'ai la sensation que les progrès à faire en termes d'égalité de genre vont aussi beaucoup passer par là. »

 

Après la rapide présentation de ces comptes instas, voyons ce qu'en pensent les principaux intéressés !
 

1- Tu bandes : un homme « un vrai »
 


 

 

Alain, Artiste, 24 ans 
« J'ai bien connu cette situation. C'est vraiment nul qu'on nous demande de devenir quelqu'un d'autre. J'ai longtemps joué le jeu, la peur de décevoir les femmes ou d'être traité de tapette. J'ai arrêté de faire semblant après avoir eu le sentiment d'être étouffé par toutes ces normes à remplir pour bien avoir une place dans la société en tant que mâle. J'encourage ces initiatives et j'encourage à viser loin (faire de petits films, etc.). Tout ça va prendre du temps, mais les hommes en auront marre tôt ou tard et ne se sentiront plus obligés de jouer à qui à la plus grosse. »

 

2- Tu bandes : l'envie de sexe

 

 

Anonyme 
« J'estime que c'est extrêmement utile qu'il y ait des gens qui parlent et qui montrent que ces situations existent parce que, moi le premier, jusqu'à il y a peu, je ne pensais pas que ce type de situations existait. C'est important parce que ça permet de déculpabiliser les gens et qu'ils se rendent compte qu'ils ne sont pas les seuls et que ce n'est pas grave non plus d'avoir un peu moins envie. C'est aussi important pour les femmes parce qu'elles peuvent se rendre compte que certains hommes en souffrent, en ont souffert ou en souffriront. C'est un problème que je connais puisque j'ai une copine qui a une très forte libido, donc le problème, je le connaissais, mais en lisant ce genre de choses ça me permet d'en apprendre un peu plus. Je pense que c'est important qu'il y ait des endroits où on parle de ça que ça soit par des posts instas, des articles, d'en parler et de montrer que ça peut être un malaise. »

 

3- Tu bandes : la pression de la première fois 


 

François Petrov, BTS design produit, 19 ans
« Je suis entièrement d’accord quand la personne parle de pression sociale, et malheureusement cette pression est applicable dans de nombreux domaines dans cette histoire de première fois. On voit bien que la personne se considère différente de la société sous prétexte qu’elle n’a pas eu de longues relations, que sa première fois a eu lieu à 24 ans... Et je trouve ça assez terrible que juste le fait de ne pas correspondre aux « standards » de la société nous oblige à nous cacher ou mentir. Personnellement, je me suis longtemps caché aux yeux des gens vis-à-vis de ma sexualité sachant très bien que cette différence qui fait de moi ce je suis serait sujet à insultes et moqueries... Je pense que tous ces problèmes sont liés à l’éducation qu’offrent les parents aux enfants ainsi qu’à l’enseignement scolaire. J’ai été dans des établissements catholique privé où l’on prône le couple homme + femme et où les lgbtq+ sont considérés comme des erreurs, des malades. Donc, oui, c’est intéressant dans le sens où on peut se reconnaître dans certaines situations et se sentir moins seuls. Je pense que ça peut également permettre à certaines personnes de se remettre en question quant à leurs agissements négatifs, insultants et dégradants. Je trouve qu’il y a pleins de petits comptes qui commencent à émerger et qui dénoncent et ou parlent de sujets tabous et c’est important d’arrêter de se voiler la face. »

 

4- Les garçons parlent : dire « je t'aime »

Anonyme
« Je suis totalement d'accord avec ce compte, je trouve que c'est des comptes qui peuvent faire bouger les choses, même si là ce n'est qu'un seul petit compte, s'il y en a de plus en plus, peut-être que les mentalités évolueront.Dans la société d'aujourd'hui, une femme, est fragile, pleure tout le temps, etc. Et un homme, est puissant, courageux, il ne pleure pas ! Je peux dire que je suis un homme, je ne suis pas forcément très fort physiquement, je pleure, et je ne suis pas le plus courageux... Mais dis ça à d'autres qui vivent dans les clichés et tu passeras pour un moins-que-rien, "une fillette".Je trouve que ces comptes sont une bonne initiative ! Ca peut aider des personnes qui sont persécutées ou bien des personnes qui n'ont pas confiance en eux. »

 

5- Les garçons parlent : viol et virilité

 

 

Benoit d'eurveilher, école de commerce, 19 ans
« Je ne connaissais pas du tout l’histoire de ce mec, et je dois dire que c’est quand même touchant à lire. Malheureusement, c’est une réalité dont très peu de gens ont conscience... Le viol, c’est dans le sens inverse en général, et les gens pensent toujours qu’un homme ne peut pas se faire violer, ou alors que ça ne lui déplairait pas. C’est triste à dire, mais même moi j’ai plus de mal à croire à une affaire de viol sur une femme que l’inverse. C’est la preuve que les stéréotypes pseudo-virils sont profondément ancrés même chez ceux qui en sont conscients et qui veulent s’en défaire. Mais le fait que ce type, et d'autres luttent pour se faire entendre, pour ne pas que ça ne se répète pas, et qu’ils (les victimes de viol en général) restent fort face à une telle épreuve, et essayent de s’en sortir en aidant les autres, c’est quelque chose d’extrêmement louable. Je trouve utiles ces comptes, parce que les victimes ont souvent besoin de partager leur vécu (si elles y arrivent). Elles peuvent le faire anonymement et recevoir énormément de soutien et leurs témoignages peut aider des victimes à sortir de leur silence, et prévenir certains malheurs.» 
 

6- Les nouveaux princes : la peur de ne pas rencontrer l'amour

 

Mathias Laffite, école d'ingénieurs, 19 ans 
« Bien que j'assume totalement ma sensibilité, ça me fait plaisir de voir que d'autres l'assument, et ça aide surtout les gens qui ne l'assument pas à voir qu'ils ne sont pas seuls et donc les aider à s'accepter. Ca peut aussi permettre aux gens inflexibles à prendre du recul et mieux tolérer les choses. Au collège, c'était plus compliqué d'exprimer sa sensibilité. Quand on était plus jeune, il y avait des "communautés" (geeks, populaires, intello) et parfois, tu devais faire paraître une autre personnalité que la tienne pour être "accepté" dans certains groupes. C'est bête, mais c'est comme ça qu'on avait l'impression d'exister. Plus on avance, plus on voit que toutes ces choses sont futiles, il y a donc moins le besoin de se cacher. Après, pour la généralité, je pense que notre temps fait qu'on apprend tous à être plus tolérant donc les gens ont moins peur de s'exprimer pleinement.»

 

7- Les nouveaux princes : les bandes de mecs
 

Barnabé Devaux, école de journalisme, 19 ans 
« Je me sens assez différent des deux cas ! Je ne fais pas de compétitions avec mes potes ! Je suis assez discret à ce sujet et je marche en fonction de mes envies ! Par contre quand j’étais plus jeune au collège, c’était la course à celui qui embrasse le premier (5e - 4e) et puis le premier qui couche avec une fille (3e) mais je pense que c’est un peu partout pareil. C’est compliqué parce que je pense que c’est un peu un passage obligé dans l’adolescence ! Mais c’est clair que chacun doit être libre et malheureusement, on connaît sûrement tous quelqu’un qui a gâché sa première fois à cause de cette pression stupide. Je ne sais pas si ces comptes touchent les personnes qui doivent changer leur comportement dans le sens où c'est des gens déjà sensibilisé qui suivent ces comptes ! Par contre les messages partagés dans les stories, ça, je pense que ça peux un peu toucher les gens ! Voir nos amis s’engager dans le féminisme ça peut faire réfléchir les gens sur leurs positions. »

 

8- Monsieur féministe : le prof sexiste

 

Raphaël Gauvin, étudiant en commerce, 20 ans
« Je trouve les témoignages sur ce compte, et celui-ci intéressant dans le sens où ça dénonce l'inconscience qu'ont les professeurs de leur influence sur les élèves ! Je n'ai jamais été confronté à ce problème, mais plusieurs personnes de mon entourage si !J'apprécie ce genre d'initiatives et encore plus le fait qu'elle se fassent sur les réseaux sociaux, car tous les jeunes (collège/lycée) passent par là. Ces témoignages sont donc visibles par tous. S'il y avait plus de pages comme celle-ci je pense qu'il serait possible d'inculquer les bonnes valeurs , les bons principes a travers les réseaux. Utiliser ce que l'on pense être "l'arme du crime" (les réseaux sociaux) comme un bouclier. »

 

Les garçons, sachez-le, si votre état d'esprit est le même ou proche de ces témoignages, vous êtes profondément féministes. Être féministe ne veut pas dire militer toute la journée où ne parler que de ça. Être féministe n'est pas une honte, ni une étiquette. Être féministe, c'est croire en l'égalité hommes-femmes, donc si vous n'êtes pas sexistes, vous êtes forcément féministes. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Arya ! Les choses ne se font pas du jour au lendemain, mais au vu des initiatives qui apparaissent et de la manière dont elles sont reçues, on peut dire qu'il y a une sorte d'éveil dans notre génération. Peut-être une lueur d'espoir pour un monde plus égalitaires et plus juste !

 

Par Lisa Maillot

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