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Barbara Pravi : "Je me suis fait virer de beaucoup de lycées"

Rencontre avec une jeune femme pleine de vie et de malice. Une grande voix qui refuse de grandir.
23/08/2018

Après avoir été serveuse et avoir joué dans un spectacle musical, elle se lance désormais dans une carrière d’artiste. D’elle, il faut retenir son dynamisme, sa voix et sa définition de la liberté. Depuis les bancs de l’école jusqu’aux studios, elle fait les choses comme elle l’entend et laisse parler sa créativité.

 

 

Twenty : Tu peux te présenter ?

 

Barbara Pravi : Salut ! Je m’appelle Barbara Pravi, je suis auteure, un petit peu compositrice et surtout interprète.

 

 

Twenty : Etais-tu différente à 20 ans ?

 

Barbara Pravi : Je n’étais pas plus petite qu’aujourd’hui, vu que je n’ai pas grandi depuis le CM2. J’étais beaucoup moins affirmée. J’étais moins sûre de moi, car je ne savais pas où j’allais. Je faisais du droit à ce moment-là et j’y étais un peu malheureuse. Je me posais beaucoup de questions sur ce que j’allais pouvoir faire plus tard.

 

 

Twenty : Si je devais faire une synthèse de ta vie jusqu’à maintenant, je dirais : Saint-Raphaël, Céline Dion, Ligne J et insouciance. Et toi ?

 

Barbara Pravi : Pas mal. Je garde Saint-Raphaël, je place la Ligne 13 à la place de la Ligne J, enfin, l’écriture et la sincérité.

 

 

Twenty : Qu’écrivais-tu ?

 

Barbara Pravi : J’écris des journaux intimes depuis que je suis en CP, je les aie tous conservés. Ils sont tous chez moi, sous ma bibliothèque. Personne n’a envie de lire ce qu’il y a écrit dans ces journaux, même pas moi. C’est vraiment la honte. (rires)

 

 

​Twenty : Entre ton ancien job de serveuse, ton rôle dans un spectacle musical et maintenant ta vie d’artiste, on peut dire que tu auras toujours été en représentation..

 

Barbara Pravi : C’est une analyse intéressante. J’avais du mal avec la restauration. J’étais davantage attitrée par le relationnel. J’étais plus proche des clients que de mon plateau. Dès que j’ai arrêté d’être serveuse, j’ai été directement prise dans Un Eté 44. Depuis ce moment-là, je suis beaucoup sur scène, j’ai de la chance.

 

 

Twenty : Dans le titre « Pas grandir », tu évoques le fait que tu n’étais pas fan de l’école. Tu peux m’en dire plus ?

 

Barbara Pravi : J’étais carrément mauvaise à l’école. Je me suis faite virée de beaucoup de collèges et lycées. Sans travailler, j’avais de plutôt bonnes notes. Sauf que j’étais très turbulente. J’étais la meuf qui répondait tout le temps et ne s’entendait pas avec les profs. A part avec une prof de français qui a changé ma vie. Elle est la seule qui a réussi à me dompter. J’étais indomptable. Je me suis auto-domptée grâce à la musique.

 

 

Twenty : Comment faire pour ne pas grandir ?

 

Barbara Pravi : C’est une bonne question. Je me demande surtout comment faire pour grandir. Je n’arrive toujours pas à dépasser le mètre 60. (rires) Plus sérieusement, il faut continuer à regarder des Disney, ne pas se prendre au sérieux et être sympathique. Il ne faut pas se laisser faire, tout en restant sympathique. Il faut rester innocent et insouciant. Pour pas grandir, il faut avoir des rêves.

 

 

Twenty : Dans la seconde partie du titre Pas grandir, tu laisses ton âme féministe s’exprimer et tu durcis le ton, tu rappes presque ; était-ce important pour toi de le faire via un single ?

 

Barbara Pravi : Oui. C’était hyper important. Nous avons choisi en équipe le premier single. Pas grandir a fait l’unanimité. C’est une synthèse de ce que je suis. Tous les autres morceaux, comme Deda et Saint-Raphaël, se focalisent sur des points particuliers de ma vie. Pas grandir, c’est mon code de la vie. Le reste, c’est de l’approfondissement, pour mieux me connaître.

 

 

Twenty : T’intéresses-tu au rap ?

 

Barbara Pravi : Beaucoup. J’aime le mélange entre le chant et le parler. J’aime beaucoup la rappeuse Chilla. Pour une meuf, elle a des grosses couilles. (rires)

 

 

Twenty : Peux-tu me parler de ton processus de création ?

 

Barbara Pravi : Je pars toujours des textes. J’arrive avec mon texte et on fait la mélodie. Pour Deda, la mélodie s’est construite avec un guitare-voix. J’écris comme je l’entends et les auteurs-compositeurs s’adaptent. Quand j’écris, j’entends des flows, pas des mélodies.

 

 

Twenty : Je vois la chanson « Deda » (qui signifie grand-père en bosniaque) comme une manière de dire à ses grands-parents issus de l’immigration que l’on comprend enfin ce qu’ils ont vécu. Et que leurs origines sont une richesse et une force. Qu’en penses-tu ?

 

Barbara Pravi : C’est mon grand-père qui a eu besoin de nous expliquer son vécu, ses origines. Il était beaucoup dans la transmission. Il a même écrit un livre, à destination familiale, sur ce thème. J’ai fait cette chanson pour lui signifier que j’ai compris tout ce qu’il avait pu me dire, tu as raison. Quand j’étais ado, nous ne nous entendions pas. Il ne comprenait pas ma liberté de penser. Et je ne comprenais pas sa fermeté. Avec le temps, je me suis rendue compte que s’il était si ferme avec moi, c’est qu’il venait d’un autre temps, avec une histoire beaucoup plus lourde à porter que la mienne. Il essayait de me transmettre des valeurs que je n’arrivais pas à comprendre à cet âge-là. Je le remercie aujourd’hui.

 

 

Twenty : Entre Calum Scott et toi, ça a été le coup de foudre ?

 

Barbara Pravi : C’est clair. On se ressemble sur beaucoup de points. Il est tellement facile d’accès. Je pense l’être aussi. C’était vraiment comme deux aimants, une évidence. On s’adore, on s’appelle tout le temps. J’adorerais qu’il revienne très bientôt à Paris pour qu’on puisse faire la promo de notre duo, en chantant ensemble.

 

Twenty : Le mot de la fin ?

 

Barbara Pravi : Bisous !

 

 

Propos recueillis par Esteban de Azevedo, 20 ans.

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