Katuchat : "Faire de la musique peut être une bonne thérapie"

Twenty s'est entretenu avec Maxime, aka Katuchat, un jeune musicien autodidacte tout droit venu de Tours, à l'occasion de la sortie de son EP chez Roche Musique.
16/06/2018

 

 

Pour commencer, qui tu es ?

Je m’appelle Maxime dans la vraie vie, j’ai 24 ans et j’habite à Tours. J’ai commencé la musique il y a quatre ans alors que je n’étais pas du tout partie pour faire ça, j’allais devenir pompier. J’ai eu des soucis de santé qui ont fait que j’ai dû tout arrêter du jour au lendemain, j’ai donc cherché quelque chose qui pouvait me récupérer, professionnellement, faire quelque chose de ma vie. Quand on mise tout sur un projet, le coup de massue est assez difficile à esquiver. J’ai donc acheté un Mac et je suis resté dans ma chambre pour apprendre comment faire de la musique.

 

 

TWENTY : Pourquoi Katuchat ?

C’est Kat en anglais et Chat en français j’aime bien les chats, je crois.

 

 

 

TWENTY : Comment s’est construit ton dernier EP ‘Anaesthesia’ ?

Le dernier EP est assez compliqué en matière de construction. J’ai commencé il y a très longtemps certains morceaux, que j’ai peaufiné jusqu’à la fin. Par exemple, le morceau Spleen est le morceau le plus complexe de cet EP, avec énormément de changements au cours des mois. Il y a aussi Kremlin, le premier son de l’EP qui est très analogique. J’utilise comme beaucoup de monde le micro de l’iPhone pour des sons “d’ambiance”, que je travaille ensuite sur Ableton.

 

 

TWENTY : Est-ce que cet EP a une particularité par rapport aux deux précédents EP ‘Lonely Cloud’ et ‘Lapis Lazuli’ ?

J’ai un peu tourné ça au niveau de ma cicatrice que j’ai derrière la tête, j’ai voulu m’en servir. Je trouve ça marrant que les gens se demandent ce qu’il s’est passé. Les titres jouent beaucoup avec son histoire, je ne peux vraiment en dire plus, mais elle a un impact direct avec ma vie de tous les jours c’est vrai. Ma vie a pris des directions différentes sans que je ne le veuille, tant mieux peut-être ?

 

 

TWENTY : Ton EP a été plus une thérapie ou un exécutoire ?

Je voulais montrer que faire de la musique peut être une bonne thérapie.

La musique aide énormement de gens sans le savoir, pour n’importe quoi, aussi bien physiquement que mentalement. J’aimerais que mon EP puisse changer un mood, je veux vraiment qu’une ambiance se crée, que les gens puissent ressentir quelque chose. C’est très cliché ce que je dis, mais c’est vraiment ce que je voudrais.

 

 

 

 

TWENTY : Quel est la place de l’image dans ta direction artistique ?

Pour moi, 50/50 avec la musique. Pour l’artwork, j’ai travaillé avec Théo Jollet qui m’a beaucoup aidé pour l’image de cet EP. Il est actuellement en train de réaliser le clip de Spleen en animation 3D.

Nous voulions vraiment créer un impact vis-à-vis de ma cicatrice et être au plus près d’elle, c’est le point central de cet EP, il faut que ça marque.

 

 

TWENTY : Quand on écoute ce que tu fais, on ressent beaucoup d'influences, tu peux nous en dire plus ?

Tous les artistes du monde sont influencés par quelqu’un ou quelque chose, c’est impossible de ne pas être influencé à part une poignée d’artiste peut-être ?

Tout au long de la journée j’écoute de la musique, vraiment le plus possible, décrypter ce que mes artistes préférés peuvent faire et voir ce que moi je suis capable de créer.

Ce sont des gens comme Aphex Twin, Burial, Lapalux, Shlohmo, Arca, Boards of Canada, j’en passe j’en loupe, mais voilà.

 

 

TWENTY : Ton EP sort sous Roche Musique, comment s’est fait  la connexion avec eux ?

Une histoire de famille, Cézaire je l’ai rencontré à Tours dans un petit bar qui s’appelle le Détroit et ce qui génial avec ce bar c’est qu’il est tout petit. C’est là-bas que j’ai commencé à mixer, à rencontrer un tas de gens que je fréquente aujourd’hui. Avec Cez on a beaucoup parlé musique et c’est comme ça qu’il m’a proposé un premier remix sur Roche Musique pour Saje, duo français électronique, avec Freefallin’ Dreams, qui a été relayé ensuite par The Sound You Need, puis on ne s’est jamais quittés.

 

 

 

 

TWENTY : Comment tu présentes ton EP en live ?

DJ Set pour l’instant. Je fais du live avec Lonepsi, jeune rappeur parisien, je suis son musicien sur scène.

Pour Katuchat, je suis très anxieux en ce qui concerne le live car être mit en avant avec un live est très risqué pour un artiste, je préfère prendre le temps de construire quelque chose de réfléchis, aussi bien visuellement que musicalement.

 

 

TWENTY : Tes projets pour l’avenir ?

Je sors encore tout juste de l’EP mais je travaille constamment sur de nouvelles productions. Pourquoi pas un album la prochaine fois, on verra.

 

 

TWENTY : Trois sons à nous faire découvrir ?

C’est super difficile comme choix mais je dirai Avril 14th de Aphex Twin, Archangel de Burial et un mec qui habite en Australie, il n’est pas trop connu du grand public Lux Natura et il faut tout écouter de lui.

 

Propos recueillis par Selena Faider.

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