Le Twenty Crush de la semaine : Mélodie Lauret

À seulement 20 ans, Mélodie Lauret raconte l’amour charnel, de manière intime et dense, parle sans complexe de sexualité, de son identité queer, mais sans voyeurisme, et avec au cœur de son art l’universalité du sentiment amoureux… Rencontre.
15/01/2020

 

 

Peux tu te présenter pour nos lecteurs ?

Salut !  je m'appelle Mélodie Lauret j'ai 20 et je suis chanteuse, auteure et comédienne.

 

Quelle a été ta première expérience avec le monde de l'art ?

J'ai commencé l'art de manière générale en faisant du théâtre à 5 ans, j'ai continué sur cette voie jusque aujourd'hui. Le théâtre, c'est ce qui m'a permis de comprendre à quel point j'aimais créer et être sur scène.

 

Qu'est ce que tu écris ?

J'ai écris et mis en scène un spectacle qui s'est joué à Paris, comme je le disais, le théâtre a toujours eu une grande place dans ma vie et ce travail d'écriture et de jeu du corps reviens aussi dans mes projets en tant que chanteuse et auteure.

A côté de ça, j'écris de la prose, des poèmes, les idées viennent sur le moment, quand je ressens ou vois quelque chose, j'ai besoin d'écrire.

J'ai souvent des idées pour d'autres supports aussi comme le cinéma, pour être honnête, j'essaie de canaliser tout ça, parce que par moment, j'ai tellement d'idées que dans ma tête ça devient le grand bazar (rires).

 

 

Quand as tu commencé la musique ?

J'ai toujours un peu chantonné sans me prendre au sérieux. J'ai eu un déclic quand j'avais 13 lorsque j'étais au cours Florent, je devait chanter lors d'une représentation. C'est là que j'ai fais le rapprochement et que j'ai compris que la musique peut aussi exister sur scène. Je me suis mise sérieusement à composer à partir de mes 14 ans et à me professionnaliser dans ce métier de musicienne. J'ai eu mon bac à 15 ans, donc plus tôt et du coup j'ai toujours voulu aller à des choses qui étaient destinées à des gens plus vieux que moi, mais mon âge importe peu au final, c'est ma musique qui doit toucher les gens.

 

Quand as tu décidé d'ouvrir une chaîne youtube ?

J'ai ma chaîne youtube depuis que j'ai 11 ans, j'ai fais le tri dessus parce qu’avant cette chaîne était un journal de bord. Tu pouvais y trouver des vidéos de 15 min où je parler de sujets genre « pourquoi c'est pas grave d'être triste » (rires), j'y postais aussi mes premières compositions.

 

Avec tes projets actuels en tant qu'interprète notamment, est-ce que tu es amenée à un peu délaisser ton activité de comédienne ?

Pas du tout ! Je n'arrêterai jamais de faire du théâtre et de vouloir en vivre, j'aime l'idée d'avoir un art hybride et je suis très heureuse d'avoir toutes ces choses en moi.

Quand je joue sur scène, je me sens plus naturelle et sincère dans ma démarche et en tant qu'interprète de chansons, puisque c'est ce qui m'occupe le plus l'esprit et le temps en ce moment, je veux faire quelque chose de juste.

 

Quels ont été les artistes qui t'ont influencés ?

J'écoute pleins de choses mais je suis une grande fan de chanson française, Gainsbourg, Dalida, Barbara ce genre de choses. Ce que j'aime chez ces artistes, c'est la justesse de leurs mots. A l'avenir si j'ai l'occasion de collaborer avec des artistes vivants pourquoi pas Clara Luciani ou Eddy de Pretto.

 

 

Pourquoi avoir choisi de mettre plus la parole en avant que le chant dans tes compositions ?

Ça me paraissait évident de parler sur la musique avec ma formation théâtrale. En tant que comédienne, on m'a appris à poser ma voix en parlant, à choisir le bon ton et à faire passer mes émotions par la parole. Puis, quand j'ai commencé à composer, ça s'est fait très naturellement, pour certaines chansons, chanter n'était pas nécessaire je pense, j'ai l'impression que les gens vont écouter plus précisément un texte quand il est parlé que quand il est chanté.

 

Et comment tu composes tes instru ?

Honnêtement, ça dépend du contenu du texte. Pour la musique, je travaille avec des gens qui ne sont pas francophone et du coup on se complète très bien parce qu’il y a une écoute musicale plutôt sensitive et c'est grâce à cette équipe que l'on arrive à trouver la bonne ambiance et le bon rythme de mes chansons. Pour la composition de la mélodie, les accords je travaille soit seule soit avec mon co auteur et pour l'arrangement je bosse en Belgique dans un studio, ce qui me permet d'avoir une distance avec mon travail. Je peux avoir des idées précise mais en même temps il y a tellement de choses a faire que c'est jamais une idée globale.

 

Tes textes parlent souvent d'amour, de chagrins, d'émotions et parfois même, ce sont des histoires, est ce que tu parles de ton vécu ?

Je parle de choses que je vis, que je ressens mais je poétise pour me mettre à distance de ce que je raconte. Après, le choses vont sortir comme elles vont sortir, ça parle bien évidemment de mon présent et de mon vécu. Pour ce qui est de mon identité queer, ma démarche est militante bien sur mais je tend à une banalisation de cette identité.

Il y a des thèmes que je veux aborder mais je n'ai pas encore trouver le bon biais. Je peux avoir une phrase qui me trotte en tête et ça donnera une chanson par la suite. Parfois je n'écrit pas pendant longtemps car rien ne me viens. Et puis parfois c'est complètement l'inverse. Par exemple, il y a trois jour j'étais dans le métro et j'ai vu des gens et d'un coup j'ai écrit 4 chansons en dix minutes.

Si on écoute le texte c'est toujours assez noir et j'aime jouer avec ce contraste de faire du triste sur une chanson dansante, cette idée m'amuse. Quand tu entends mourir sur scène de Dalida, dont j'ai fais une reprise d'ailleurs, tu sens que la musique te donne envie de danser mais quand tu t'attardes sur le texte, c'est très tragique et c'est ce décalage qui m’intéresse.

 

 

Comment tu t'organises pour créer l'univers de tes clips ?

Ça dépends vraiment du clip en question. Pour 23h28 par exemple, j'avais une idée précise de ce que je voulais. Pour elles avaient 15 ans, je voulais quelque chose d'assez simple, pour que les gens suivent le texte plus que les images. Et j'aime aussi intégrer cet univers du théâtre avec des scènes improvisées parfois, donner une impression de mini court métrage. D'ailleurs, dans aucun de mes clip on ne me vois chanter, c'est voulu.

Pour le clip de elles avaient 15 ans, je ne voulais pas brouiller l'auditeur avec des images qui bougent partout, je voulais un moment d'histoire et pas agresser avec pleins d'images et pleins de visu d'un coup. On a choisi de tourner le clip dans le RER, ainsi on transporte les gens avec nous pour un petit moment.

 

Et pour l'avenir, qu'est ce que tu souhaites ?

Moi je rêve de beaucoup de collaborations diverses et variées, j'aimerai beaucoup aussi continuer dans cette démarche hybride entre les différents arts. Organiser des choses sur les scènes de mes concerts et peut être même bosser avec un cinéaste pour les clips à venir !

 

 

Retrouvez Mélodie Lauret en concert le 10 mars 2020 au théâtre les déchargeurs à Paris et également sur ses réseaux :

 

Youtube : https://www.youtube.com/channel/UCtsZKxUAbJt8hkk8A-PJeDA

Instagram : https://www.instagram.com/meslolos/

 

 

Par Khadija Hamdaoui, étudiante en Histoire de l'art.

Instagram : https://www.instagram.com/_kha.h/

Rechercher

×