L.E.J : "Pendant les sessions de travail, nous ne faisons qu’une"

Twenty a eu la chance de s'entretenir avec les trois filles de L.EJ à l'occasion de la sortie de leur premier album, "Poupées Russes", le 8 juin !
14/06/2018

 

 

Les L.E.J, c’est trois artistes, Lucie, Elisa et Juliette, qui forment un trio détonnant. C’est l’histoire de trois filles de Saint-Denis qui ont cumulé plus de 100 millions de vues sur leur série de vidéos baptisée « Summer ». Un buzz, okay. Mais elles ne se sont pas arrêtées là. Leur mixtape « En attendant l’album » s’est vu certifiée double disque de platine en France. Rencontre. 

 

 

 

 

Twenty : Pouvez-vous vous présenter ?

L.E.J : On est les L.E.J : Lucie, Elisa et Juliette. Du chant, du violoncelle et des percussions.

 

 

Twenty : En sortant du Conservatoire, pouviez-vous imaginer que le grand public vous remarquerait par le biais d’un cover sur Internet ?

L.E.J : Non.. Mais en même temps, ce qu’on fait au Conservatoire, c’est des reprises, de l’interprétation. Nous ne misions pas sur les vidéos Summer pour nous lancer. C’était instinctif. Dès le début de notre groupe, nous avons voulu composer. Tout s’est enchaîné très très vite après la sortie des vidéos. Nous avons donc choisi de prendre notre temps. Le temps de savoir jusqu’où nous avions envie d’aller. Et surtout, composer, créer, ce n’est pas donné à tout le monde. C’est un vrai travail. Nous ne savions même pas si nous en étions capables.

 

 

Twenty : Si l’on se fie aux services de streaming, vous faites de la variété française. Vous reconnaissez-vous dans ces termes ?

L.E.J : Oui. La variété française, c’est large. Ca désigne des gens qui chantent en français. Désormais, la variété ne veut plus dire grand-chose, tout comme la pop. Ils ont dû galérer pour trouver la case qui nous correspond. C’est pareil pour nous. Nous ne savons toujours par dans quelle case nous ranger. Nous sommes un mélange d’influences, classiques, urbaines, avec de la chanson française….

 

 

 

 

 

Twenty : Dans la chanson « La nuit », vous faites un clin d’oeil à Alain Bashung, il fait bien-sûr partie de vos influences ?

L.E.J : Oui. Que ce soit textuellement, musicalement ou vocalement, nous nous identifions beaucoup à lui. C’est une pointure. Nous avons eu la chance d’assister à un de ses derniers concerts à la Fête de l’Humanité il y a de ça plusieurs années, c’était incroyable. Son auteur (Jean Fauque) écrit monstrueusement bien.

 

 

Twenty : Qu’est-ce que vous écoutez, lorsque vous êtes toutes les trois ?

L.E.J : On partage beaucoup. C’est très varié. Il y a du rap (Damso, Booba…). On écoute beaucoup Vald et Sofiane, aussi. On soutient notre famille ! (Suther Kane) Mais notre endroit préféré pour écouter de la musique, ce sont les concerts. Il arrive que nous allions à trois concerts par semaine. Et même de retourner voir un concert. C’est important de voir la scénographie, comment s’organisent les artistes sur scène. Pour apprendre. C’est hyper stimulant.

 

 

Twenty : Pourquoi avoir fait appel à Mathieu Kassovitz pour le clip de « La nuit » ?

 L.E.J : C’est un acteur et un réalisateur que nous adorons. Il devait réaliser le clip mais il a préféré « simplement » jouer dedans. Il a beaucoup de charisme et d’énergie, il représente bien cette chanson, qui est une chanson un peu sombre, urbaine et avec la niaque. Mathieu Kassovitz, c’est ouf, c’est chanmé. Nous nous étions dit : « Imagine qu’il dise oui ». (rires)

 

 

 

 

Twenty : J’ai analysé le titre de votre album « Poupées Russes ». Je me suis d’abord demandé si une L.E.J pouvait en cacher une autre. J’ai ensuite vu la notion d’unité, entre vous. Et enfin, l’amour soviétique, qui est considéré comme le véritable amour, en opposition à l’amour capitaliste. Qu’en pensez-vous ?

L.E.J : Nous n’avions pas pensé à l’amour soviétique, mais ça colle assez bien. Les poupées russes, c’était pour dire que nous nous ressemblons énormément, tout en étant très différentes. Nous nous complétons en permanence, c’est ce qui nous permet d’évoluer. Pendant les sessions de travail, nous ne faisons qu’une. Notre complémentarité nous permet d’arriver à ne former qu’une seule et unique entité. En ce moment, nous nous définissons comme un monstre à trois têtes. Une sorte de cerbère. Tu ne peux pas en attaquer une, sans que les deux autres rappliquent. Nous sommes complément d’accord avec l’idée qu’une L.E.J peut en cacher une autre. Les poupées russes illustrent le fait que ce n’est pas prêt de se terminer. On ne sait jamais combien il y a de poupées russes…

 

 

Twenty : Trouvez-moi un mot pour définir chacune d’entre vous.

L.E.J : Lucie est un papillon. Elle plane tout le temps, elle est éparpillée. Elisa est un petit singe. Elle fait comme si elle ne prenait rien au sérieux. Et elle saute partout aussi. Enfin, Juliette est un lion. Elle est très calme en apparence, mais en fait, pas du tout. Notre manager nous appelle : « Les trois animaux totems ».

 

 

Twenty : Vous êtes restées discrètes pendant la conception de l’album, pourquoi ? Besoin d’un retour à la vie normale ?

L.E.J : Pas forcément pour retrouver une vie normale. Nous sommes toujours les mêmes. L’effet de groupe permet de garder les pieds sur terre. Nous étions en tournée, aussi. Les artistes sont moins présents dans les médias, parfois. Mais c’est généralement signe que l’artiste travaille. Nous avions besoin de prendre du recul sur ce que nous avions vécu, nos émotions.. Il fallait prendre le temps de les digérer pour pouvoir les transformer en chansons.

 

 

 

 

Twenty : Les Victoires de la Musique, ça signifie quoi pour vous ?

L.E.J : Notre catégorie était particulière. Il n’était pas question d’album mais de scène. Nous venions d’enchaîner plus de 150 dates. Ce prix, c’était comme une validation. Cette récompense nous a rendu très fières, pour notre équipe de live, qui est vraiment super. Nous allons continuer à tourner avec eux. Nous sommes une famille.

 

 

Twenty : L’arrivée prochaine des Jeux Olympiques en France, à Saint-Denis, notamment, vous réjouie-t-elle ?

L.E.J : C’est lourd. Tant que ça respecte la ville et la population. Il ne faut pas simplement construire pour émerveiller le monde entier et que ça tombe en ruine le mois d’après. Si ça permet d’aider et de loger des gens, c’est très bien. Mais il faut que ce soit durable. Il faut conserver la conscience sociale et écologique de Saint-Denis. Saint-Denis sera à l’honneur, pour une fois.

 

 

Twenty : Aura-t-on droit à un quatrième volet de vos vidéos « Summer » cette année ?

 L.E.J : HAHA. Nous ne dirons rien. Nous ne savons pas encore. Nous étions très prises par l’album. Sur la composition. Petite exclu pour vous, nous allons certainement concocter un medley.

 

 

 

 

Twenty : Beaucoup d’artistes à trois lettres, comme SCH, MHD, PNL et JUL, pour ne pas les citer, rencontrent le succès. Coïncidence ?

L.E.J : Alors là. Impossible de savoir. C’est vrai que nous sommes arrivées pile à ce moment-là. C’est les Illuminatis ! (rires)

 

 

Twenty : Pourquoi avoir signé chez Suther Kane ? Qui est une structure plutôt orientée rap…

L.E.J : Nous nous sommes très bien entendues avec Tefa, dès le début. Il a toujours été très présent. Humainement et professionnellement, il est top. Ca fait quatre ans qu’il nous suit. C’est le premier à avoir cru en nous. Bien avant le buzz. Il vient du 93, comme nous. C’est le même ADN. Tant mieux qu’il y ait une majorité de rappeurs chez Suther Kane, ça fait partie de notre identité et de nos influences.

 

 

Twenty : Le « feat rap » de votre album a été enregistré avec Fianso, si ça n’avait pas été lui, vers qui vous seriez-vous tournées ?

L.E.J : Vald, Orelsan ou Lino. On adore le rap, donc aussi Nekfeu, Damso….

 

 

 

 

Twenty : Pour reprendre des paroles de votre titre « La nuit » : « Quand on ne danse pas on pense », la musique est-elle un échappatoire pour vous ?

L.E.J : Oui. Pour tout le monde. Même si tu n'en écoutes pas de toi-même, lorsque tu en entends, la musique produit un effet en toi. Consciemment ou inconsciemment. La création n’est pas qu’un échappatoire pour nous. C’est surtout une envie. Une catharsis, également. La musique est nécessaire dans la vie.

 

 

Twenty : Le mot de la fin ?

L.E.J : Ce n’est pas finit ! (rires) Vous pourrez nous retrouver lors de notre tournée, à l’automne. A la salle Pleyel, notamment. Venez nous voir ! 

 

 

 

 

Pour aller voir les L.E.J en concert :https://www.fnacspectacles.com/place-spectacle/ticket-evenement/variete-...

 

Propos recueillis par Esteban de Azevedo, 20 ans.

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