Profession artiste : rencontre avec Johanna Tordjman

Twenty est allé à la rencontre de Johanna Tordjman, une artiste pluraliste à l'oeuvre pour le moins surprenante.
13/11/2019

 

 

 

A l'occasion de son exposition à la Halle Blancs manteaux de paris en octobre dernier, je suis allée à la rencontre de Johanna Tordjman. Si vous ne la connaissez pas encore, vous n'allez pas tarder à entendre parler d'elle... De Kim Kardashian à Booba, son travail a été encensé par de nombreuses personnalités. Enchaînant les expositions et les projets, passant d'un médiums à l'autre, d'un sujet à l'autre, elle a intégré le palmarès des 30 de moins de 30 ans qui vont changer la France, selon le magazine Vanity Fair.

 

 

TWENTY : Bonjour Johanna, peux tu te présenter pour nos lecteurs qui te découvre ?

Hey ! suis Johanna Tordjman, j'ai 29 ans, je vis et je produis à Paris.

 

TWENTY : Que fais tu dans la vie ?

Je suis ce qu'on appelle une artiste, peintre majoritairement, mais je ne me contente pas de rester sur ce medium.Je touche également à la vidéo, la photo, la scénographie. Si j'ai besoin d'un support pour faire passer un message alors je l'apprends. 

 

TWENTY : Revenons un peu sur ton parcours pro, est ce que tu as toujours voulu être une artiste ?

 J'ai fait une formation en communication visuelle il y a une dizaine d'années, donc j'étais destinée à être graphiste, Directrice Artistique, ce que j'étais et je suis encore en parallèle. Cela m'a donné une bonne base de travail, tant la construction de projets que dans les associations de couleurs, de compositions . 

 

« La peinture c'est le prolongement de ce que j'ai toujours fait de moi même, j'ai toujours dessiné »

 

TWENTY : Quand as tu commencé à peindre ?

Ça fait presque 4 ans que je peins. Jai débuté en janvier 2016, et de là j'ai commencé à toucher un peu à tout. J'ai toujours été comme ça. Avec la musique c'était pareil : j'ai commencé la basse à 12 ans, et très vite, dès que j'ai réussi à maîtriser l'instrument, j'ai tenté d'autres choses, comme la guitare, la batterie etc. Je suis ce que l'on peut appeler une insatiable.

 

TWENTY : Et ta success story, tu la dois un peu aux réseaux sociaux, non ? 

Tout est allé très vite, j'ai été repérée par des galeries grâce à mon compte instagram où je publie régulièrement mes œuvres, mes projets à venir et où je documente mon processus créatif. J'ai présenté mes premières oeuvres à Paris en Mars 2016, après j'ai fait mon premier solo show à Los Angeles en Novembre, le Art Basel Miami en Décembre 2016, le Art Basel Hong Kong en Mars 2017, puis Art Paris au Grand Palais en Avril 2017, Art Basel en Suisse en Juin 2017, Arts Elysées en Octobre 2017, deux trois solos show par ci par là en France entre temps, dont un à Lille avec Art to Be gallery en Février 2018, un en Mai 2018 à la Galerie Sebastien Adrien à Paris, un en Octobre 2018 à la Halle des Blancs Manteaux, et la présentation de Pastèques et Paraboles tout début 2019, avec une première présentation avec Converse en Avril, et l'acte 2 à la Halle des Blancs Manteaux du 18 au 28 octobre 2019. 

 

 

TWENTY : Tes peintures ressembles à des photos de mode par moment, mélangés à une sorte de souffle surréaliste,  est-ce qu'avant de peindre tu commences par faire des compositions photos? Quelles sont les étapes de ton processus créatif ?

Oui c'est ça, je commence par rencontrer les modèles, la plupart sont des proches, donc l'approche est plus évidente pour eux de se confier à moi sur leur place dans la société. Pour les autres, on partage une pizza et quelques verres, on apprend mutuellement à se faire confiance et on commence le shooting. J'ai très souvent en tête l'image que j'ai envie de réaliser avant de les rencontrer, mais il m'arrive parfois d'avoir un déclic sur place, et j'adapte alors la direction du shoot. Une fois ma photo choisie je m'en sers de base et je recrée tout un univers autour, plus ou moins onirique, en tout cas ils se veulent apaisants. Selon ce qu'ils m'ont dit je pars à la recherche de leurs racines à travers Google Street View et je sélectionne mes petites captures d'écran. Je fais de la digigraphie avant de commencer à peindre, c'est un procédé de jet de pigments sur toile, et je constitue toute ma peinture autour ensuite. »

 

TWENTY : La scéno, c'est aussi capital, non, pour toi ?

L'idée de la scénographie est pour moi nécessaire pour que le message ait plus de sens et que mes peintures soient perçues dans leur monde, dans mon monde, et qu'on les comprenne davantage, ou du moins que l'on s'interpelle sur le pourquoi du comment.J'ai voulu créer un monde dans lequel tout le monde puisse se sentir libre d'être qui il est, qui il souhaite être, dans sa meilleure version, dans sa version la plus authentique.Et je voulais aussi, je te cache pas, que tout le monde soit représenté ou presque sur les murs de cette expo, j'aimerais que la considération des peuples ne soit pas une question de valeurs de passeport, de classe, de couleur, de n'importe quoi d'ailleurs. Parce que c'est vraiment n'importe quoi. En vidéo j'avais fait l'année dernière à la Halle des Blancs Manteaux, une installation où j'avais mis chez moi des caméras de surveillance pendant 10 jours pour voir à partir de combien de temps on oubliait que l'on était surveillés, et qu'on vivait de nouveau naturellement. C'est en partie ce travail qui m'a amené sur ma démarche avec Google Street View.  Pour mon projet avec Google, j'avais enregistré mon écran au gré de mon épopée digitale, et j'avais ajouté des sous-titres sous chacun des protagonistes floutés, je les faisais communiquer les uns avec les autres, un mec en Russie interagissait notamment avec un mec au Sénégal et ainsi de suite. Cela permettait de montrer la facilité de circulation des populations, et retracer la route du monde, sans frontières ni aucune autre embûche. 

 

TWENTY : Bien que chacune de tes compositions picturales est singulière puisqu'elle raconte l'histoire du modèle que l'on découvre peint, je trouve que l'on ressent une grande musicalité dans tes œuvres, mais aussi, comme tout ce que tu fais, une sorte de pluralité des humeurs qui se dégagent de chacunes de tes toiles. Qu'est ce que tu écoutes quand tu peint et en général ?

Oui, c'est vraiment varié, j'ai vraiment mes moods quand je peins. Un jour je vais écouter du Céline Dion, le lendemain je vais écouter full Booba, je peux écouter du Einaudi ou du Glass, mais aussi les groupes de rock de mon adolescence. 

 

 

. Si vous êtes intéressé par le travail de Johanna Tordjman, sachez que le Tordjmanistan s'invitera dans plusieurs pays et que de nombreux autres projets sont à venir : « L'idée est de faire voyager le Tordjmanistan, de faire vivre les communautés, de les mettre en lumière, donc le projet va se poursuivre sur cette même thématique. »

. Pour suivre de près les expositions de Johanna Tordjman, rendez-vous sur son site www.TheTordjmaniac.com et sur compte instagram : https://www.instagram.com/j.tordjman/

 

Un grand merci à Johanna d'avoir bien voulu répondre à mes questions,

 

Par Khadija Hamdaoui, étudiante en Histoire de L'Art.

Instagram : https://www.instagram.com/_kha.h/

 

 

 

 

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