Twenty Crush : Théo Hendrickx, aka Ichiyo, dessinateur de BD en herbe.

A même pas 20 ans, Théo imagine des univers graphiques autant influencés par le manga que par la bande-dessinée européenne. Pour Twenty, il revient sur l'origine de sa passion et commente quelques unes de ses planches.
08/04/2017

 

 

Je m'appelle Theo Hendrickx, mais j’ai choisi Ichiyo, comme nom d’artiste, sur ma page Facebook (prénom japonais dont la signification me correspondait plutôt bien, selon moi).

 

Depuis mon entrée en CP, j’adore le dessin. Je passais mon temps à reproduire des dessins de différentes BD. Cela pouvait aller des 3 petits de cochons à Spider Man ou Dragon Ball.

 

Ce que j'aimais avant tout c'était dessiner (ou plutôt recopier) pour des amis leurs personnages préférés pour leurs anniversaires. Le plaisir était là.

 

Petit à petit, c’est devenu ma passion.

 

J'ai uniquement recopié des dessins jusqu'à mes 9 ans. C'est bien pour apprendre l'anatomie, toujours bon pour un débutant. Mais quand on a recopié du Akira Toriyama (Dragon Ball) durant 3 ans en pensant que '' recopier" me donnerait un certain renom pour faire ma propre BD la claque que l'on se prend est grande.

 

Eh oui, enfant, j'avais du mal à comprendre la différence entre recopier et inventer de toute pièce son propre personnage.

 

J'ai gardé un style Dragon Ball jusqu'à mes 13 ans, ne sachant dessiner que des hommes aux muscles et cheveux saillants. J’ai eu du mal à me détacher de ce style. Je me suis donc ouvert à d'autres d'auteurs (sans les recopier cette fois) uniquement japonais, comme Masashi Kishimoto (Naruto) ou Takeshi O-Obata (Death Note). Leur style bien plus réaliste a été un modèle plus intéressant à prendre comme exemple surtout en terme de proportion.

 

Mes dessins se sont améliorés au fil des années, avec l'apprentissage de la perspective et donc de mes premiers décors (mes premières visions d’architecture) à l'âge de 14 ans.

 

Les années suivantes, tout en négligeant de plus en plus mes études, je suis convaincu de vouloir faire de mon rêve d'enfant mon métier (sans prendre réellement conscience de la difficulté et du milieu peu sûr de celui-ci).

 

J'ai tout de même passé un bac L sous les conseils de mes parents et de ma sœur, même si, pour moi il ne représentait qu'un plan Z.

 

Depuis, j'ai dessiné une histoire courte, Fierté Maladive ainsi que le chapitre 1 de Last Day. Malheureusement, je suis actuellement en arrêt pour cause de blessures à la main.

 

Je ne souhaite pas abandonner ce métier. Mes dessins ont bien changé et ils s’affranchissent de plus en plus de la BD Japonaise. Fini l'anatomie grossière, coupe de cheveux extravagante rouge bleu verte, ainsi que les gros bras peu réalistes.

 

Je m’intéresse depuis près d'un an à des artistes tel que Marcel Marlier (Martine) ou bien de grands peintres comme Theodore Géricault (Le radeau de la Méduse), Michel-Ange, Botticelli… Et depuis peu Alexandre Mucha et ses affiches magnifiques.

 

L'auteur japonais qui reste mon modèle est Naoki Urasawa (Monster, 20th Century Boys, Pluto) aussi aussi bien pour ses personnages cinématographiques et innovants pour le manga, que pour ses scénarios : thriller, psychologique, suspense, tranche de vie, science fiction. Cet auteur m'a vraiment fait prendre conscience de l'importance d'un scénario face au dessin.

 

A présent ce n'est plus pour montrer mes dessins et être connu que je continue, mais plutôt pour raconter et dire des choses aux gens. Il ne faut jamais abandonner son rêve de gosse sous la pression d’un coup dur ou des critiques.

 

1) C’est la couverture de Sinistre Internat qui sortira prochainement sous sa nouvelle édition. J'ai voulu avec cette coloration montrer le côté inquiétant et peu rassurant du manoir ; effet " Poudlard". J’ai contrasté avec une technique différente de colorisation le personne du premier plan pour un style plus réaliste et ceux en deuxième plan avec un côté plus " Manga". Je pense qu’à l'avenir ce roman pourrait être adapté sous ce format.

 

2) Voici la couverture de ma première histoire courte " Fierté Maladive". J’ai voulu montré un esprit féerique. La galaxie en fond n'est pas là juste pour faire beau. William est un adolescent avec une vie de lycéen classique. J'ai essayé de rendre le personnage identifiable pour chaque personne ayant subit de mauvais moments dans leurs vies scolaires. William est un ado parmi tant d'autres (une étoile parmi tant d’autres) malgré sa maladie.

 

3) Page 1 du prologue de Last Day. Loïc est un homme avec ses défauts, jamais satisfait de sa vie et rempli de regrets. Cette page montre que tout ce qui est dans sa vie est monotone, ennuyeux fade. La case en couleur montre que tout ce qui est ailleurs est beau, rempli de bonheur et d'avenir.

 

4) Cette page est censée montrer les regrets de la vie de Loïc. En voyant son reflet il se rend compte qu'il n'est pas satisfait de ce qu'il est. Les images se devaient d'être vraiment en accord avec le texte. "Pour rien " avec une photo de Loïc et de ses enfants montre l'ampleur des pensées dramatiques du personnage.

 

5) Cet appel téléphonique est censé être un nouveau départ pour le personnage. J'ai voulu insister sur le mouvement de son bras dans différentes cases avant qu’il prenne le téléphone pour montrer que ce fut une décision difficile, longue, pleine de doutes.

 

6) Cette planche montre le Boulevard Lascrosses à Toulouse. Le personnage vit dans les années 1990, il se dirige vers le jardin japonais qui longe le boulevard. J’ai le sentiment que ça donne vraiment un côté réaliste à l’histoire lorsqu’un personnage visite des lieux qui existent vraiment.

 

7) Le lever du soleil est important pour l’histoire "Last Day". Il symbolise le fait qu'aujourd'hui est un autre jour, un nouveau départ s’annonce pour le héros.

 

8) Une architecture inspirée d'une touche de la ville de Strasbourg. La colorisation est censée montrer la fraîcheur de la saison d'automne, une saison très inspirante de par ses couleurs vives et joyeuses.

 

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