TWENTY QUARANTAINE #8 : La jeunesse créative en confinement...

En cette période de quarantaine, Twenty vous donne la parole et vous permet de tout partager avec nous : envies, angoisses, rêves, coups de gueule, coups de coeur... On a donné la parole à Lì-Lù June, auteure du livre Starter, sur la jeunesse créative.
10/04/2020

 

Lì-Lù June, 18 ans, est l'auteure de Starter : un livre d’art qui raconte la diversité et la force créative de jeunes talents, ceux qui la touchent et qui l'inspirent. On y retrouve 25 artistes, entrepreneurs ou créateurs de moins de 28 ans comme Alice Kong (réalisatrice) Lord Esperanza (rappeur), Emir Shiro (designer et directeur artistique), Danitsa (chanteuse) ou Mamadou Bathily (danseur)... Nous lui avons posé 10 petites questions, 100% confinement... 

 

TWENTY : Le confinement t'a-t-il permis de découvrir de nouvelles choses sur toi-même ? 
Lì-Lù June : Je crois que le confinement m’a appris que je pouvais être patiente finalement. 

 

TWENTY : Tu es confinée seule, avec des amis ou avec tes parents ? Comment est-ce que tu fais pour trouver tes marques, ton rythme, dans cette nouvelle réalité ? 
Lì-Lù June : Je suis confinée avec ma famille, je ne suis pas seule et heureusement. Se retrouver seule dans climat pareil alors que j’ai l’habitude d’être entourée n’aurait pas été la meilleure des choses.  J’essaye de garder le même rythme que j’ai habituellement. Me lever pas trop tard (« 12h c’est pas trop tard pour toi ? » c’est ce que risque de me dire mon père s’il voit l’article hahah), bosser mes cours, prendre du temps pour moi.

 

TWENTY : Est-ce que tu penses que le confinement aide à développer la créativité ? C'est lorsqu'on est enfermé qu'on se pose vraiment la question de la liberté ? 
Lì-Lù June : Je pense tout d’abord que le confinement nous donne l’opportunité de faire des choses que l’on reporte sans cesse au lendemain. Et en effet il nous laisse le temps de se poser et réfléchir à plein de choses. La question de la liberté revient souvent c’est normal. Habituellement on sort, on fait ce qu’on veut, la liberté ça en devient presque une banalité en France. Dans le sens où très peu de personnes se poseront pour se dire « j’ai de la chance, je peux sortir dans la rue sans problème ». Depuis qu’on nous l’interdit, forcément on se rend compte de la chance qu’on a.  De toute façon c’est souvent lorsqu’on nous enlève ce qu’on a, qu’on se rend compte de son importance. 

 

TWENTY : Tu as crée STARTER, un livre d'art qui follow la jeunesse créative... est-ce que tu es en contact avec les jeunes talents que tu as mis en avant dans ton livre ? Est-ce que vous avez trouvé une manière créative de communiquer entre vous ? Il y en a qui ont déjà pété les plombs ou au contraire, ils en profitent pour créer ? 
Lì-Lù June : En effet, je travaille sur ce projet de livre d’art visant à mettre en avant 25 jeunes artistes francophones depuis 2017, et il a finalement vu le jour le 21 février 2020. J’ai bien évidemment gardé contact avec de nombreux artistes du livre, car certains d’entre eux sont devenus des amis. J’ai eu Ouriel Zeboulon, tatoueur qui lui dessine plein de futurs tatouages mais qui a parfois du mal à créer, alors il en profite pour méditer et se focus sur lui. Katharina Colin, dessine tous les jours. J’aime bien ce qu’elle fait sur Instagram : elle demande à ses abonnés ce qu’ils aimeraient qu’elle dessine. Karim Naar danse dans son salon et Lord Esperanza a crée un concept appelé « fenêtre sur cour », ses abonnés votent parmi 3 prods qu’il met en story et il leur demande de lui donner une vingtaine de mots. À partir de cela, il écrit et enregistre un nouveau son. Je trouve le concept collaboratif intéressant et puis ça permet de divertir les personnes qui l’écoutent. Danitsa elle, a décidé d’inviter un artiste à faire une cover d’une chanson tous les vendredis ! 

 

TWENTY : Tu as 18 ans... quelles sont les questions que posent cette épidémie pour toi ? Est-ce que tu penses qu'il y aura un avant et un après ? Comment tu imagines l'après ? C'est quoi la première chose que tu feras quand le confinement sera levé ? 
Lì-Lù June : Je pense qu’en tant que jeune les questions qu’on se pose sont plutôt sur l’après confinement. C’est flou dans les têtes de tout le monde, difficile de s’imaginer quelque chose de concret quand sait même pas quand nous allons pouvoir mettre un pied dehors sans avoir à justifier nos sorties. Mais j’imagine un après confinement plein de bonheur, de fleurs sur les arbres et une odeur d’été avec plein de gens en terrasses, qui dansent et profitent de la chaleur. La première chose que je vais faire une fois que le confinement sera levé, c’est certainement de retrouver tous mes amis pour aller à la plage, rendre visite à mes grands-parents <3 Et passer faire un bisous à mes copains de Paris. 
 

TWENTY : Tu penses que ce sera plus compliqué de faire sa vie dans ce climat ? De tomber amoureux ? De construire sa carrière ? De faire et d'élever des enfants ? 
Lì-Lù June : Je ne pense pas que ce sera plus compliqué après, mais du moins c’est une grosse prise de conscience et une bonne baffe qu’on se sera pris et qui permettra, je l’espère de changer certaines mentalités. Et puis certaines personnes feront peut-être plus attention à leurs proches alors qu’auparavant elles n’en faisaient pas leur priorité par exemple et j’espère qu’après tout ça on se donnera encore plus d’amour. 

 

TWENTY : Est-ce que tu as repéré des initiatives artistiques sympa, depuis le début du confinement ? Tu nous partages tes coups de coeurs créatifs ? 
Lì-Lù June : Yes carrément, ça n’arrête pas de se développer sur les réseaux et ça fait plaisir. Tout d’abord l’Instagram @collabforlove qui lutte contre le Coronavirus grâce à des enchères. C’est deux jeunes femmes qui ont contacté des marques et des artistes français pour participer au projet. Le but étant de mettre en vente des produits et des oeuvres gracieusement offerts par les artistes afin de reverser 100% des enchères aux hôpitaux. Ensuite il y a Fuzi qui fait des podcasts sur https://anchor.fm/fuzi. Ça s’appelle « créatifs en quarantaine », le but est de rencontrer des créatifs de tout horizon et de discuter de leur quotidien durant le confinement. Et puis surtout, j’ai l’impression que de nombreux artistes qui m’entourent consacrent enfin leur temps à leur passion. Je parle notamment de ma copine Katharina Colin (cf question 4), le confinement lui va bien, elle ne s’arrête pas de dessiner, j’ai aussi vu que S-Cap un rappeur du 19e avait commencé à poster quelques freestyles sur Instagram. Ivan Peev un illustrateur super chouette qui envoie ses personnages mythiques « Travis et Mina » en version PDF que tu peux imprimer, colorier et mettre en scène chez toi. On est entourés par plus de personnes talentueuses qu’on ne le croit. <3

 

TWENTY : Toi, comment tu occupes tes journées ? Netflix and Chill, conf-calls et House Party ou lectures et cessions digging sur Soundcloud ? Beaucoup de gens se plaignent de n'arriver à rien faire... C'est ton cas ? Tu es sur un autre projet, en ce moment ? 
Lì-Lù June : En réalité contrairement à beaucoup qui m’entourent, j’ai le même rythme de vie que d’habitude car je suis mes cours en ligne et forcément je dois être présente en permanence et envoyer mes rendus en temps et en heure. J’occupe mes journées avec le boulot, j’écris un peu, et j’écoute énormément de musique. Il est vrai que dans un climat pesant comme celui-ci, réussir à créer et s’occuper n’est pas facile pour tout et surtout si on ne veut pas tomber dans une routine lassante. Pour ma part, je me sers du temps où je ne fais rien pour me reposer. Ces derniers mois ont été intenses avec la sortie de Starter et la soirée de lancement qu’on a fait, mais je vous cache pas que mon cerveau surchauffe car je suis sans cesse en train de réfléchir à d’autres projets et à d’autres idées pour continuer à faire vivre Starter dans les années à venir.

 

TWENTY : D'ailleurs, quel message aimerais-tu faire passer à ceux qui se sentent "empêchés", qui se sentent "enfermés", incapables de ne rien faire ? 
Lì-Lù June : Je pense que le meilleur conseil que je peux donner c’est de ne pas se forcer à créer ou culpabiliser de ne rien faire, mais surtout prendre ce temps qu’on nous accorde comme quelque chose de bénéfique, il faut prendre du temps pour soit et se jeter à l’eau quand on le sent, mais surtout, NE JAMAIS SE FORCER.
 

TWENTY:  Enfin, si tu devais écrire ton journal de confinement, ce serait quoi le titre ? Et la punchline de début ? 
Lì-Lù June : Je suis trop nulle en punchlines hahah, mais du moins la phrase du début ça pourrait être un truc du genre « Empty city, le foi guéri. Tu donnes pas d’nouvelles, aujourd’hui c’est beaucoup de connaissances et très peu d’amis ». Dans ce genre de moment on se retrouve vraiment face à ses pensées ou face à son téléphone, alors dans les deux cas si on ne t’écrit pas ça veut parfois dire beaucoup.

 

Crédit photo : Marielle Rossignol

Et pour acheter le livre, c'est par ici : https://www.lelivrestarter.com/

 

Par Carmen Bramly

 

Rechercher

×