Laurie Darmon, la musique dans la peau

Artiste singulière, Laurie Darmon est reconnaissable à la douceur de sa voix, la sensibilité de ses paroles et l’importance des basses sur ses prods. Une jeune femme à suivre, révélation musicale de l’année qui vient de s’écouler.
04/01/2018

 

 

Twenty : Tu peux te présenter ? 

Laurie Darmon : Je m’appelle Laurie Darmon et je suis une auteure-compositrice-interprète de 26 ans. 

 

 

Twenty : Tu nous racontes un peu le lien que tu as avec notre magazine ?   

Laurie Darmon : J’ai entendu parler du projet Twenty par une annonce sur Internet, sur The Red List, et ça m’a tout de suite intéressée, je suis allée à la deuxième réunion. C’était en ébullition totale au début, et je m’y suis mêlée. Mais j’allais avoir 25 ans (âge limite pour contribuer au magazine), donc à mesure que le projet s’est construit, j’ai dû céder ma place, entre guillemets. Je n’ai pas pu rester très longtemps, mais je continue à vous suivre, vous tenez un super projet. 

 

 

 

 

Twenty : Comment en es-tu venue à sortir ton premier album ? 

Laurie Darmon : J’ai sorti 2 EPs avant ça. La musique, c’est d’abord une passion. Je n’avais pas dans l’idée de sortir un album. J’ai toujours envie d’écouter de la musique, de taper le rythme, d’écrire. Tout cela s’est concrétisé très naturellement vers 16 ans, quand j’ai écrit ma première chanson. Ont ensuite suivies une dizaine de morceaux que j’avais composé en 2-3 mois. Beaucoup d’entre eux sont présents dans mon premier projet. A partir de ce moment-là, la musique est venue se greffer à côté des cours. Quand j’ai commencé mes études de droit, la musique a peu à peu pris le pas sur le reste. J’avais fait le choix des études, ce qui est finalement une bonne chose. Car il m’a permis de me rendre compte que lorsque je ne pouvais pas créer autant que je le voulais, j’étais frustrée. Je me suis lancée après avoir obtenu ma Licence de droit. Mon premier EP s’est fait repérer, puis le deuxième. Et enfin, ce premier album. 

 

 

Twenty : Tu fais tes propres prods (instrumentales) ? Parce-que j’ai remarqué, pour mon plus grand plaisir, que les basses étaient très présentes dans tes chansons… 

Laurie Darmon : En studio, je suis très très chiante avec les basses. Les basses, c’est hyper important pour moi. Les étapes comme le mix, le mastering, sont autant de risques de perdre ces basses. Je suis vraiment à cheval sur ça, c’est marrant que tu l’aies remarqué. Leur apport est d’autant plus important lorsque l’on a une voix enfantine, comme moi. Le contraste est alors très intéressant. J’ai co-réalisé cet album, et j’ai réalisé les arrangements avec mon frère. J’ai beaucoup appris au contact des autres. Je ferai le prochain disque toute seule, grâce à tout ce que j’ai pu apprendre. 

 

 

Twenty : Parolière de Christophe, c’est comment ? 

Laurie Darmon : C’était assez surprenant. J’ai reçu un texto de lui en octobre 2015. Il m’a dit qu’il m’avait découverte dans une émission de télé, qu’il aimait beaucoup ce que je faisais et qu’il avait envie que j’écrive pour lui. Je n’y ai pas du tout cru. Je n’ai pas répondu tout de suite, d’ailleurs. Mes équipes m’ont poussé à le faire. J’ai finit par répondre, au cas-où ce serait lui. Il a aussitôt renvoyé un message et j’ai compris que c’était bel et bien Christophe qui s’adressait à moi. Il m’a donné rendez-vous chez lui deux jours plus tard pour me faire écouter toutes les maquettes de son album. Le deal c’était que j’écrive uniquement les couplets d’un titre. J’ai fait ce qui était prévu et j’ai finit par en écrire trois. Cette collaboration a été très naturelle. Christophe dégage énormément de douceur, de bienveillance et d’humanité. Encore aujourd’hui je ne réalise pas que j’ai travaillé avec lui. C’est un artiste que j’écoute depuis que je suis toute petite. C’est l’idole de mon père. Christophe a sûrement dû retrouver quelque chose dans ma musique que j’avais puisé dans la sienne. La probabilité qu’il me voit dans une émission était infiniment faible. Ce qui est encore plus fou, c’est que je ne suis passée qu’une fois à la télé, dans l’émission « Du côté de chez Dave » sur France 3. 

 

 

 

 

Twenty : As-tu une autre collaboration rêvée ? 

Laurie Darmon : J’aurais bien aimé avec Diam’s, mais ça me semble impossible. Sinon, Benjamin Biolay, Véronique Sanson, Orelsan, MC Solaar… Avec un rappeur, ce serait cool. 

 

 

Twenty : Si tu partais dans l’espace et que tu n’avais le droit d’emporter que deux sons avec toi, un classique et un récent, quels seraient-ils ? 

Laurie Darmon : Intéressant. Pour le classique, du Michel Bergé. De la chanson française, en tous cas. En récent, du rap, du rap américain, plutôt du Eminem. Avec le combo chanson française-rap américain, je ne risque pas de m’ennuyer. 

 

 

Twenty : Tu me parles beaucoup de rap, qu’est-ce qui te plaît dans les influences urbaines ? 

Laurie Darmon : J’aime beaucoup le phrasé, le débit. On sent une urgence, ce n’est pas discipliné. Et surtout, j’aime cette capacité à évoluer au fil de la mélodie. Ce qui fait du bon rap, ce n’est pas forcément la prod. Ce qui révèle un artiste c’est une combinaison de plusieurs atouts. Il faut que le phrasé, le choix des mots et celui des sonorités soient parfaitement accordés. Notre génération hérite du mélange entre la chanson française et le rap. 

 

 

 

 

Twenty : Penses-tu que jeunesse et médiatisation font bon ménage ? 

Laurie Darmon : Je trouve qu’il y a une façon d’être aujourd’hui qui est trop dans la médiatisation. Ce qui fait parfois perdre de vue l’essentiel. La surmédiatisation devient finalement de la démédiatisation. A la base, les médias sont des supports, des relais. Mais ils finissent trop souvent par être utilisés à mauvais escient. Ce manque de pertinence des brèves me pèse parfois. La plupart des médias restent là à se regarder, plutôt que de prendre des initiatives. Ce n’est malgré tout pas par hasard que la société se soit dirigée dans cette direction. On est amenés à être de plus en plus en contact et ce n’est pas plus mal. Je suis donc assez partagée, il faut rester vigilant pour éviter les dérives. 

 

 

Twenty : Tu pourrais me faire un petit teaser sur ce que tu as prévu pour l’avenir ? 

Laurie Darmon : Je suis en train de préparer mon deuxième album. Je ne sais pas quand il sortira, mais j’avance. J’aimerais faire des musiques de film aussi. J’ai envie de m’ouvrir à l’écriture en général, pas uniquement musicale. Je veux continuer à m’épanouir dans le domaine créatif. Ouvrir le champ des possibles.

 

 

Twenty : Le mot de la fin ? 

Laurie Darmon : Merci Twenty, ça me fait drôle d’être interviewée par un média que j’ai vu naître. Votre magazine donne beaucoup d’espoir en permettant la découverte d’une ligne éditoriale et des idées différentes. Vous profitez de cette capacité que l’on a aujourd’hui, de pouvoir créer sans être forcément dans des formats traditionnels. Mon mot de la fin est donc pour Twenty. Longue vie à Twenty ! 

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis par Esteban De Azevedo, 20 ans. 

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