Qui est Francky, French Prince of NBA ?

    Choisi en huitième position par les New York Knicks lors de la Draft NBA de juin dernier, Frank Ntlikina est entré dans la ligue de Basket-Ball nord-américaine avec fracas. Rien de mieux que le rouge bordeaux pour se faire remarquer un soir de Draft.
07/03/2018

 

 

Comme toujours lors de cette foire aux jeunes joueurs, lorsqu’un européen est drafté dans le top 10, les américains se posent des questions, le petit frenchie n’a pas échappé à la règle.

 

            Petit Frank s’est fait un nom sur la planète basket lors de l’Euro des moins de 18 ans en 2016. MVP de la compétition, l’ancien meneur de Strasbourg avait ébloui le tournoi par sa maturité et ses qualités physique hors normes (1,96m pour une envergure de 213cm). Oui, l’envergure d’un aigle royal. Le néo-Knick avait mis des contres à la pelle, sa défense intraitable avait dégouté les meneurs adverses qui ne pouvaient répliquer. En plantant aussi des points, il avait mené son équipe vers le titre continental. Les recruteurs NBA ont alors commencé à suivre de près le gamin strasbourgeois. Après deux saisons solides avec son club formateur de Strasbourg, Frank décide de tenter sa chance à la loterie de la NBA. Les observateurs de la Ligue l’annoncent haut dans le classement. Un meneur de 18 ans, capable de défendre aussi bien et de faire jouer ses coéquipiers séduit facilement. Une belle gueule comme celle du petit Prince charme tout autant les franchises. Le sinistre marché qu’est devenu la NBA mise sur les qualités du joueur mais aussi le comportement du jeune homme, et sa capacité à promouvoir l’image de la franchise.

 

 

 

 

            18 ans, et Frank déboule à New York. Depuis une vingtaine d’années et le départ de la légende Pat Ewing, les knicks se prélassent au fond du classement de la conférence Est. Le fond du classement doit être confortable. Pauvre Frank qui débarque dans une des franchises les plus exposées, où les critiques peuvent pleuvoir du jour au lendemain sans grande raison apparente. New York est aussi un formidable terrain de jeu pour le jeune français pour montrer à toute l’Amérique qu’il n’est pas là pour se faire rouler dessus. Un mois après son arrivée, le néo-knick est déjà affiché sur un panneau  publicitaire géant au coeur de la ville qui ne dort jamais. A New York tout va très vite.           Ntilikina commence à se faire un nom grâce à ses bonnes prestations de début de saison. Lorsqu’il arrête James Harden qui essayait de lui casser les reins ou encore quand il plante deux tirs à trois points face à Indiana pour donner la victoire à son équipe en toute fin de match, le jeune meneur montre qu’il a bien sa place au sein de la grand ligue. Le « French Prince » comme l’appelle les américains, a déclenché un petit séisme en novembre dernier. Ayant eu envie de montrer de quel bois il était fait, Frank n’a pas eu peur de mettre un coup d’épaule à sa majesté Lebron James. Comment le petit rookie venu du vieux continent ose-t-il toucher « King James » ? James a aussi bien compris qu’en défense le strasbourgeois était bien là, et volait tous les ballons qu’il pouvait.

 

            Accusant le coup physiquement dû au rythme soutenu des matchs (un match tous les deux jours), le petit prince est moins bon depuis la nouvelle année. Le jeune français se prend de plein fouet le rookie wall, qui est le résultat de l’adaptation physique des jeunes joueurs aux dures lois de la NBA. Toujours aussi inspirés (sic), fin janvier, les dirigeants de New York n’ont rien trouvé de mieux que de mettre Emmanuel Mudiay (jeune meneur venu de Denver) dans les pattes de Ntilikina. Vingt ans quand même que les dirigeants new-yorkais ont égarés leur lucidité et enchainent les erreurs. Mais heureusement, Jeff Hornacek (coach des New York Knicks) veut associer les deux  jeunes meneurs et replacer le jeune prince au poste d’arrière. Une nouvelle marche de franchie pour Frank qui va pouvoir s’aguerrir en gagnant encore des minutes de jeu.

 

 

 

 

            Mi-février, le « French Prince » a connu l’immense honneur de participer au All Star Game en étant sélectionné, en grande partie pour sa bonne défense, pour le Rising star challenge (match opposant les jeunes joueurs de la Ligue). Se frotter aux meilleurs joueurs de la Ligue et profiter de l’ambiance est toujours une chance unique. De quoi donner de la confiance au rookie strasbourgeois qui en manque encore cruellement.

Le grand chantier du jeu de Ntilikina reste l’attaque, secteur dans lequel il reste peureux. Petit Frank est timoré lorsqu’il a le cuir entre les mains et cherche toujours la bonne passe. Créer son propre tir et prendre plus de responsabilités en attaque doivent devenir ses priorités. Oublie tes potes Frank, joue pour toi !

La présence de Mudiay  peut le servir pour le faire progresser et le délester du poids de la mène d’une équipe aussi exposée.

 

Par Martin Zuber

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